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milieu du xixe siècle, l'Afrique méridionale demeura à peu près fermée aux missionnaires catholiques. Les calvinistes hollandais,
maitres du Bonne-Espérance, avaient porté des draconiennes pour interdire au prêtre catholique l'entrée de la colonie, Quand les Anglais s'emparèrent du Cap, à la fir du dernier siècle, ils continuèrent pendant longtemps à appliquer aux missionnaires ces lois odieuses, En 1806, trois prêtres hollandais ayant réussi à pénétrer dans le pays, le gouverneur, sir David
ap de lois
Blair, les fit déporter, sans autre forme de procès, à Maurice, Jusqu'en 1837, la mission du Cap demeura donc sans pasteurs, sous la juridiction nominative du vicaire apostolique de l'ile Maurice.
Même après qu'il eut consenti, d'assez mauvaise grâce, à l'érection du vicariat apostolique, le gouvernement du Cap maintint toute une série de dispositions restrictives contre les catholiques et leurs prêtres : ceux-ci, en particulier, étaient légalement incapables d'hériter où de posséder des biens-fonds dans la colonie. C'est seulement en 1868 que ces derniers restes d'une législation tyrannique et surannée furent abolis, sur la proposition même du gouverneur de la colonie et à l'unanimité des votes du parlement,
De cette situation douloureuse du catholicisme dans l'Afrique du sud, il s'ensuivit que, pendant près d'un siècle, les ministres protestants purent s'installer en maitres dans toute la contrée. Ce fut un malheur irréparable pour l'Afrique méridionale. Si l'apostolat catholique est en retard sur ses rivaux dans cette partie du continent
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noir, cela vient des obstacles sérieux que lui a créés dans tout le pays la propagande protestante,
€ Nos missionnaires sont partout, écrivait le docteur Philip (1), et partout ils répandent les semences de la civilisation, de l'ordre social et du bonheur. »
Qu'ils soient partout, c'est un fait trop facile à Constater ; mais qu'ils répandent les semences de la civilisation et du bonheur, c'est ce qu'il faudrait voir. De nombreux témoignages de voyageurs protestants et sérieux permettent un peu d'en rabattre.
Lichtenstein, qui célèbre avec conviction les exploits apostoliques du R. Van der Kemp, appelé € la pierre fondamentale des missions de l'Afrique du sud, » reconnait néanmoins que ses collègues dans l'apostolat, « les ministres anglais et hollandais, étaient, en général, des vagabonds oisifs ou des fanatiques absurdes. » Voici maintenant comment il s'exprime au sujet de leurs prosélytes : € Ils pouvaient chanter, et prier, et parler de l'Agneau rédempteur ; mais aucun d'eux n'en valait mieux, malgré ces beaux dehors, C'était seulement une manière commode de se procurer de la nourriture ; ce qui attirait les plus méprisables et les plus paresseux, car quiconque se présentait était indistinctement reçu dans les établissements des missionnaires (2). »
Ce témoignage est loin d'être isolé : tous les voyageurs protestants du commencement du siècle parlent de même. D'après Burshell :
€ les soi-disant néophytes écoutent les mis-
1. Rév, John Philip, Aecherches sur l'Afrique du sud. Préface. 2. Lichtenstein, Foyage à travers l'Ajrigne meridionale, 1 vol, Chap. 17.
que lui a nde protes-
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QUE MÉRIDIONALE, 1800-1890, 399 ee et bé ve sionnaires aussi longtemps que leurs :
temporels le demandent (1); » et écrit de son côté : {On n'a fait que peu ou point de conversions (2). »
En 1835, le parlement, tout Protestant, du Cap s'émut de la situation des mission voqua une enquête sérieuse sur elles.
€— Croyez-vous, demandèrent Jes députés au capitaine Aitchison, qui avait longtemps résidé au milieu des noirs, que les missionnaires aient amélioré la condition des Cafres ? »
€— Pas le moins du monde, répondit.il : en réalité, les Cafres des environs de Chumie (la grande station des missionnaires) qui se conduisent tribu (3). »
Cette situation déplorable des missions protestantes dans le sud de l'Afrique ne s'est nul. lement améliorée depuis. En 1848, Sir Bunbury, savant voyageur protestant, écrivait :
€ La réforme et la civilisation des peuples cafres sont une tâche que les missionnaires seuls ne peuvent évidemment accomplir (4), »
De son côté, Ande
S et pro-
sont ceux le plus mal de toute la
rson, l'ami et pendant plusieurs années l'associé des missionnaires du | Ngami, résume en ces termes son sur les néophytes :
ac impression
€ Tant qu'ils reçoivent la nourriture et les vêtements, ils sont assez disposés
à se grouper autour du missionnaire ; mais, dè
S l'instant que les dons sont retirés, leur attachement simulé Pour Sa personne et pour sa doctrine disparait, etils ne se font aucun scrupule de l'accabler d'injures (5). »
Enfin le colonel Napier, dont j'ai déjà cité l'opinion au sujet des missions de l'Afrique occidentale, va nous dire ce qu'il pense de celles du sud : « Les Hottentots du Cap sont plus | débauchés et plus dissolus que sieurs Révérends, il faut bien l'
jamais, et plu- | avouer, leur ont donné l'exemple d'une moralité peu sévère (6). »
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1, William Burshell, esq. Voyage dans l'intérieur de l'Afrique
austrate, 2° vol, chap. 5,
2. Georges Thompson, Voyage dans l'Afrique du sud, 2e chap. 9.