‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 290 sur 478 · L'AFRIQUE MÉRIDIONALE · texte numérisé non relu

L'AFRIQUE MÉRIDIONALE

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| l'État libre d'Orange et le Basutoland ; au sud, | la Cafrerie Proprement dite, qui la sépare de la | colonie du Cap.

| En 1721, les Portugais furent chassés de | Natal par les Hollandais du Cap; mais la férocité des Cafres obligea bientôt ces derniers à quitter le pays,

| En 1823, les Anglais du Cap firent une pre- |

mière tentative Pour s'installer à Natal, C'était un peu prématuré, Le caractère indomp

das Zoulous ne Pérmettant pas aux colons d'y vivre

Vasco de üama ; d’après une ancienne gravure,

en paix, le gouvernement du Cap se désintéressa bientôt d'un Pays si difficile, et abandonna les colons à leur malheureux sort. Ils auraient péri Jusqu'au dernier sous les embüûches des noirs, quand un convoi de Boërs, émigrant du Cap pour fuir la domination détestée des Anglais, vint renforcer leur pétite troupe. Le chef de l'expédition, le commandant Rétif, d'une ancienne famille calviniste, sortie de France lors de la Révocation de l'Édit de Nantes, fut attiré dans une embuscade par le

descendant

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roi des Zoulous, nemmé Dungan, et massacré avec plusieurs de ses officiers, Mais les Européens échappés au massacre résolurent de vendre chèrement leur vie, défir nt les Zoulous, tutrent leur chef Dungan, et s'installérent défi nitivement dans la colonie, où, dès 1839, ils avaient fondé les deux villes de Pictermaritz. burg et d'Urban.

Les Anglais chassèrent à leu tour les Boërs, qui se retirèrent au nord-ouest et à l'ouest de la colonie, où ils fondérent l'État libre d'Orange et la République du Transwaal, Depuis ce temps, Natal forme une colonie anglaise, indépendante de celle du Cap. Plus d'une fois encore, les Anglais ont eu à lutter contre les premiers possesseurs du sol, On n'a pas oublié en France que c'est dans une expédition contre les Zoulous que le jeune prince impérial périt misérablement, au mois de juin 1879. Sa mère, l'impératrice Eugénie, envoya à cette occasion une somme considérable au vicaire apostolique de Natal, pour faire élever près du lieu où le malheureux prince avait succombé un monument commémoratif et une chapelle.

Le vicariat de Natal fut érigé en 1850, et confié à la Congrégation des Oblats de Marie- Immaculée, Outre la colonie de Natal, il com. prenait alors la République du Transwaal, l'État d'Orange, la Cafrerie, le Basutoland et le Zoulouland, Depuis quelques années, ce vaste territoire est restreint à la colonie de Natal, à la Cafrerie et au Zoulouland.

Les limites actuelles du vicariat sont : au nord, les territoires relevant de la colonie portugaise de Mozambique et le Transwaal :

à l'ouest, la chaine du Drakenberg : au sud, le Kaï-River : à l'est, l'Océan indien, La population totale du vicariat est d'un million d'habitants, ainsi répartis : 30.0co Anglais, 4.000 Boërs, quelques familles allemandes, danoises et françaises, ces dernières, venues de Maurice; plus 5.000 Hindous, venus de Madras pour servir de coolies sur les plantations : le reste est composé de noirs. Les catholiques sont au nombre de 4.100,

La population noire du sud'de l'Afrique comprend trois races distinctes : les Cafres, les Hottentots et les Buschmen. I] faut dire un mot de chacune.

Les Cafres (Kafirs, infidèles) méritent parfai-

| tement leur nom. De toutes les races africaines,

| le Cafre est le plis difficile à convertir. Une

| profonde indifférence religieuse, un matérialisme abject le caractérisent, Nos libres-penseurs, toujours à la recherche de populations athées, trouveraient parmi eux l'idéal de leur rêve.

Les tribus cafres se partagent en deux grandes branches : les Basutos et les Zoulous. Les Basutos paraissent plus susceptibles de se laisser gagner à la civilisation européenne ; les Zoulous, traitres, féroces, indomptés, ont repoussé jusqu'ici toutes les tentatives des Anglais.

Mais les uns et les autres sont également ennemis du travail, dissolus, fourbes, menteurs et voleurs, Toute idée de moralité parait éteinte dans la conscience du Cafre effrontément, jusqu'à ce qu'on ait pu le convain-

accusé, il nie

cre ; pris sur le fait, il ne témoigne ni honte, ni repentir, et se contente de dire en souriant : € C'est vrai, maître, j'ai volé, ou bien j'ai tué, » Libre-penseur, il conforme strictement ses actes à ses doctrines religieuses et agit en libreviveur,

Les Hottentots habitaient jadis les plaines du Cap. Refoulés par les Hollandais d'abord, par les Anglais ensuite, ils traînent les débris de leurs tribus dans tout le sud de l'Afrique, de la Cimbébasie au Zambèze, partout étrangers , partout misérables et repoussés, Leurs mœurs sont très dissolues, mais ils sont d'un naturel plus soumis et plus timide que les Cafres, et, sous ce rapport au moins, ils seraient plus accessibles que ceux-ci aux tentatives de la civilisation chrétienne.

Les Buschmen sont les parias de l'Afrique méridionale, [ls vivent refoulés dans les déserts et dans les antres des montagnes, sans demeure fixe, sans vêtements, sans aucun moyen de subsistance que le vol. Les autres noirs leur font la chasse comme à des bêtes fauves, et les massacrent sans pitié partout où ils peuvent les découvrir, Si le christianisme ne vient promptement les relever de leur abjection et les civiliser, dans un siècle, cette race infortunée aura disparu du sol de l'Afrique.

Voilà la matière ingrate sur laquelle travaillent, depuis un demi-siècle, les missionnaires catholiques dans l'Afrique méridionale, On s'explique facilement la lenteur de leurs progrès et l'échec complet des missions protestantes. L'oi-

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