II. — LES MISSIONS DU ZANGUEBAR
L y a trente ans à peine que l'évangélisation
du Zanguebar est commencée. Depuis le jour où les Arabes de Mascate eurent repris aux Portugais l'ile de Zanzibar et les villes du littoral, l'Islam régna en maitre sur tout ce pays, qui ne compte pas moins de sept cents lieues de côte, du cap Guardafui au cap Delgado. Quant aux populations noires de l'intérieur, ignorées alors de l'Europe, victimes de la traite et ne connaissant de la civilisation que celle que leur appor-
taient, au bout de leurs fusils, les négriers arabes, elles croupissaient dans un hideux fétichisme, ou se laissaient gagner peu à peu à l'influens: démoralisante du mahométisme, Telle était la situntion quand Mer Maupoint, évêque de la Réunion, envoya en 1860, à Zanzibar, son vicaire général, l'abbé Fava, aujourd'hui évêque de Grenoble, en compagnie de trois missionnaires.
Du premier coup d'œil, les ouvriers apostoliques aperçurent le bien qu'il y avait à faire dans ces régions jusqu'alors abandonnées, et l'impossibilité pour le clergé séculier de la Réunion de
se charger d'un pareil fardeau. L'évêque fit donc
des et de repos.
paroisse, sidence, catéchu-
€, catéchuménat
s en philosophie pour les Pères des.
150 élèves.
n et Dumbrody, es : 435 élèves.
ma, 78 enfants.
réfecture du rminer, On ais et métis, issionnaires, précis font eut compter de catéchu-
angélisation ‘puis le jour ris aux Pordu littoral, aYys, qui ne les de côte, Quant aux orées alors 16 connaiseur apporers arabes, chisme, ou ne démot la situn- 1 Réunion, re général,
enoble, en
S apostolifaire dans t l'imposéunion de e fit donc
—@ : x LES MISSIONS DE L'A
appel aux Congrégations religieuses, et, dès 1862, le Zanguebar fut érigé en préfecture apostolique, confiée par la Propagande aux Pères du Saint-Esprit, sous la direction de Mgr Maupoint, chargé jusqu'à sa mort de présider au développement de la mission, en qualité de délégué du Saint-Siège, En 1872, la Congrégation du Saint- Esprit prit définitivement la direction de la préfecture, qui fut élevée, en 1883, au rang de vicariat apostolique, Enfin les récentes annexions allemandes ont amené, en 1887, l'érertion de la préfecture du Zanguebar méridional, confiée Bénédictins de la Province de Bavière, Les missions du Zanguebar sont donc actuellement au nombre de deux : le vicariat du Zanguebar septentrional et la préfecture du Zanguebar méridional,
aux
ViCaARIAT APOSTOLIQUE Du ZANGUEBAR
A leur arrivée À Zanzibar, les Pères du Saint. Esprit comprirent bien vite qu'il n'y avait rien à faire avec la population l'ile et du littoral. Quant des tribus de l'intérieur
musulane adulte de à se lancer au milieu * avant de s'être assuré sur la côte une base
solide d'opérations, c'eût été folie, Une
seule chose restait possible
recueillir sur le marché de Zanzibar autant d'enfants qu'on pourrait en racheter, et quand ils seraient en âge de s'établir, fonder, dans l'intérieur du pays, autant de Réductions chrétiennes que le permettraient les ressources des missionnaires, Ce plan, si Pratique et si simple, fut appliqué avec un grand esprit de suite par le KR, P, Horner, premier supérieur de la
mission, et par ses successeurs, C'est
à son exécution que la mission du Zanguebar doit la prospérité dont elle jouit actuellement et le bel avenir qui lui semble réservé, |
Naturellement les missionnaires commencè- | rent par la ville de Zanzibar Les enfants ne | mäanquaient pas sur le marché, En dépit des traités imposés par l'Aagleterre au sult l'abolition de la traite, en 1820, 1822, et 1864, les caravanes arabes de
an pour 1839, 1845 l'intérieur ame.
naient, chaque année, au marché de Zanzibar, une moyenne de 45.000 esclaves, sans parler de
Missions catholiques
dr
FRIQUE ORIENTALE, 1800-1890,
ceux introduits dans l'ile en contrebande, et dont les évaluations les plus modérées portent le chiffre à 20.000, C'était donc une moyenne annuelle de 65.000 têtes de bétail humain, sur lesquelles les Pères avaient à choisir, en regrettant amèrement que leur Pauvret# ne leur permit d'en racheter qu'un petit nombre, Les missionnaires eurent ainsi toute facilité pour ouvrir, à Zanzibar, un orphelinat de Sarçons, sous leur direction, et un orphelinat de filles, qu'ils confiè. rent à la Congrégation des Filles de Marie, venues de la Réunion.
Ces enfants, rachetés des misères et des hontes de l'esclavage domestique, il fallait les former à
Mgr Fava, évêque de Grenoble,
la civilisation et au travail, pour les mettre plus tard en état de Sagner leur vie, C'e les missionnaires fondèrent à Z d'arts et métiers, qui fit bientôt l'admiration du sultan Said-Madgid et de tous les visiteurs euro péens. Au bout de deux OU trois ans, les Pères étaient en état de fournir au prince arabe des charpentiers, des forge
st pourquoi anzibar une école
rons, des mécaniciens même, Sans parler d'un orphéon Pour rehausser ses fêtes, Aussi la bienveillance du sultan fut dé
sormais acquise à Ja mission, et se
traduisit plusieurs fois en généreuses offrandes et en protection efficace
em mm 4 témoignent des mêmes sentiments : € Les mis- Au bout de six ans d'apostolat, voici quelle sionnaires, qui sont les bienfaiteurs du pays, | était, en 1868, la situation religieuse de la misécrit le commandant Cameron (1), ont été tout | sion : 4 Pères du Saint-Esprit, 6 Frères coadju- |
418 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXe SIÈCLE,
pour les missionnaires et leurs œuvres, à mesure | des missionnaires (2). y Comme Cameron il se que celles-ci s'étendaient à l'intérieur. loue de la cordialité avec laquelle les Pères l'ont Tous les voyageurs de passage à Zanzibar | reçu
à fait bons et hospitaliers pour nous, Ils élèvent | teurs, 8 Filles de Marie; — 2 hôpitaux à Zanzibeaucoup d'enfants, qu'ils convertissent au chris | bar, un pour les Européens, l'autre pour les 7 tianisme et auxquels ils apprennent, outre la lec- noirs; 1 petit séminaire : 8 élèves étudiant le | ture et l'écriture, un métier qui leur permet de | latin: 1 école professionnelle, 2 écoles primaires. |
| gagner leur vie. » Stanley déclare de son côté | Au total, 150 enfants rachetés de l'esclavage, que € cette remarquable création témoigne de | dans les établissements de la mission. l'activité intelligente et des méthodiques efforts Le moment était venu d'essaimer hors de la
| — ZANGUEBAR, — Maison d'habitation des Missionnaires, à BABAMOYO, "mms fe
ruche, devenue trop étroite, D'un côté, l'école se peupla, les brousses furent défrichées, de professionnelle de Zanzibar n° ffrait à la petite magnifiques plantations s'épanouirent, à la place famille qu'un débouché restreint; d'autre part, on | des marais infects qui couvraient le sol, En quel és ne pouvait songer à abandonner, au milieu d'une ques années, l'orphelinat agricole de Bagamoy: ); | ville toute musulmane et très Corrompue, les ! qui mesure soixante-quinse hectares de terrain, jeunes pupilles des missionnaires arrivés à l'âge | devint un établissement modèle, avec hôpital, de s'établir, Le travail des champs, le séjour à la | écoles, noviciat de Sœurs indigènes, ouvroir pour Campagne devaient leur être meilleur à tous les | les filles, et un village chrétien formé à l'ombre points de vue, La fondation de Bagamoyo fut | de l'établissement par les jeunes ménages élevés
résolue, | dans la maison, : En 1868, la nouvelle maison s'ouvrit avec | € Quand on songe, écrivait en 1880 un officier # s ; É Sn î à deux enfants. En peu de temps, la petite colonie belge, aux difficultés de toute nature, aux obsta 3 1. Cameron, À sravers /, lfrique. ES Stanley, Comment j'ai retrouvé Livingstone, é ñ nl ÿ !
Fais Mie as TA * rex \ +
: Cameron il se e les Pères l'ont
at, voici quelle ieuse de la mis- Frères coadjupitaux à Zanziautre pour les ‘es étudiant le coles primaires.
de l'esclavage, sion,
ner hors de la
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éfrichées, de nt, à la place sol. En quel.
: Bagamoy: ), , de terrain, vec hôpital, ouvroir pour né à l'ombre nages élevés
So un officier * aux obsta
cles, aux dangers même, opposés p et les indigènes à l'œuvre des hardis missionnaires, on reste Stupéfait devant les prodigieux résultats obtenus Par eux, en moins d'un quart
de siècle, Quelles que fussent les idées que j'avais avant de fouler le sol africain, je suis convaincu aujourd'hui que le dévouement et |’ du prêtre constituent le plus puissant levier du progrès moderne, en Pays sauvage (1), »
Les Anglais, si bons appréciateurs des choses,
abnégation
UEBAR, —
approuvée par sir Bartle Frère, membre du Con-
ar les Arabes
En au M LES MISSIONS DE L'AFR
Vue de Bagamoyo, d'après un dessin du P.
chaque fois que la passion religieuse ne fausse pas leur jugement, naturellement droit, renché.rissent sur ces éloges,
En 1870, le consul anglais de Zanzibar, sir John Kirk, bien que protestant convaincu, confia à la mission catholique, au grand dépit des clergymen, la majeure partie des femmes et des enfants délivrés par les croise
urs anglas qui faisaient alors la chasse
aux négriers dan eaux de’ Zanzibar, Sa conduite fut hautement
Le Roy, +
€ En ce moment il n'y à aucun ét
D El ARS SRE