‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 312 sur 478 · PERTE · texte numérisé non relu

PERTE

Et:

Dr

Gé

et

is one

438 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXe SIÈCLE.

avaient succombé leurs prédécesseurs, était de s'écarter des rives insalubres du Haut-Nil et des villes corrompues par la présence des traitants européens, pour se lancer dans l'intérieur du pays, beaucoup plus sain et raoins exposé aux scandales des trafiquants üe chair humaine.

Arrivé, dans le courant de 1872, à El-Obeïd, capitale du Kordofan, Don Carcereri acheta. à des conditions raisonnables, un vaste emplacement et une maison capable de servir à l'établissement d'une mission. Il écrivit aussitôt à son supérieur, Mgr Comboni, pour lui faire le récit de son voyage et lui demander de venir le rejoindre le plus tôt possible,

Dans les premiers jours de janvier 1873, Mer Comboni partait du Caire pour le Kordofan, à la tête d'une caravane composée de rente missionnaires ou religieuses. C'était certainement la première fois qu'on voyait des religieuses catholiques remonter les cataractes du Nil pour se lancer à travers le désert et s'enfoncer à la recherche des âmes dans les profondeurs de l'Afrique.

Arrivée à Sce: iprès /rente-huit jours de navigation, ls caravane apostolique entreprit courageusement la traversée du désert : le 24 mai, elle arrivait en bonne santé à Khartoum. BE une réception brillante attendait le supérieur de la mission :

« Monseigneur, lui dit le consul d'Autriche, je viens, au nom de S, M. l'empereur François- Joseph, vous complimenter cordialement de votre arrivée, Je vous souhaite une longue vie pour le bien de cette mission d'Afrique centrale, qui attend de vous sa résurrection. Au nom de la colonie européenne, Je vous rcr:rcie d'avoir comblé nos longs désirs, en nous amenant des religieuses pour l'éducation de nos enfants. Que DIEU bénisse vos fatigues et exauce tous +08 vœux ! »

Il y eut ensuite présentation de la colonie européenne, visite des autorités égyptiennes, et remise par les Franciscains de la mission de Khartoum aux prêtres de l'Institut de Vérone, À cette époque le chiffre des catholiques de Khartoum s'élevait à 100, sur une population totale de 60.000 âmes. Myr Comboni ayant pris possession de la mission, y laissa deux prêtres et cinq Sœurs de Saint-Joseph, pour ouvrir les

écoles. De Khartoum, le prélat se rendit à El-Obeïd, où la réception fut aussi pleine d'enthousiasme,

Tout s'annonçait donc sous d'excellents auspices: les missionnaires, installés chacun dans leur poste, avaient supporté parfaitement les fatigues et les privations d’un long voyage à travers le désert. Après avoir pris prssession de sa mission, Mgr Comboni, de retour au Caire, prescrivit que, dans tous les établisements, on fit, le 14 septembre, la consécration solennelle du vicariat au Sacré-Cœur.

L'année suivante, 1874, sept relivieux de Saint-Camille de Lellis, cinq prêtres et deux Frères, furent envoyés dans la partie septentrionale de la mission, et fondèrent le poste de Berber, dans la Haute-Egypte. Là ils établirent successivement une école pour les enfants des Cophtes, assez nombreux dans cette ville, un orphelinat pour les noirs rachetés de l'esclavage, et un dispensaire avec infirmerie pour les malades,

Afin de pouvoir répondre aux besoins de l'apostolat, ces vaillants religieux, qui venaient d'être expulsés d'Italie par le gouvernement, ouvrirent un noviciat à Cuisc ry (diocèse d'Autun). Déjà ils projetaient de s'établir à Souakim, port sur la Mer Rouge, En atterdant, ils ouvrirent une seconde station à Gadaref, sur les frontières de l'Abyssinie, et dans une épidémie de petite vérole, qui désola, à cette époque, le pays, ils eurent la consolation de baptiser un grand nombre d'enfants et même d'adultes.

Cependant, Mer Comboni se préoccupait d'étendre son action en dehors des États musulmans, où l'apostolat ne peut que vévéter, Les nations paiennes étaient beaucoup mieux disposées à recevoir la Bonne Nouveile, Dés 1875, il avait fait faire une tournée d'exploration dans le pays des Noubas, et, l'année suivante, il fonda à Délen une station, avec résidence de missionnaires, établissement de Sœurs, écoles et chapelles, Ce poste, abandonné quelque temps, à cause des fièvres, fut repris, en 1858, par Dom Bonomi, assisté de cinq religieuses de l'Institut véronais des Pieuses Mères de la Nigritie, En 1880, une seconde station fut ouverte, chez les Noubas, à Malbès, Ce peuple, encore simple et pur des erreurs de l'Islam, avait reçu avec sympathie les missionnaires, Au bout de quelque

se rendit à ussi pleine

cellents ausun dans leur les fatigues à travers le : sa mission, , prescrivit n fit, le 14 du vicariat

eligieux de es et deux tie septenle poste de s établirent enfants des e ville, un de l'esclaie pour les

besoins de ai venaient vernement, cèse d'Auà Souakim, t, ils ouvriur les fronidémie de 1e, le pays, un crand

TE )CCUpait des États le vévéter.

Up MIEUX veile, Dès xploration uivante, il idence de rs, écoles que temps, , par Dom e l'Institut writie, En + chez Îles simple et avec syine quelque

LES

temps, la mission des Noubas comptait déjà soixante prosélytes.

Jusqu'alors, à l'exception des peines et des épreuves ordinaires de la vie apostolique, on peut dire que tout avait souri aux missionnaires de la Nigritie : les santés se maintenaient en bon état, les populations étaient bien disposées, les autorités se montraient généralement sympathiques, et, tout récemment, le vice roi d'Égypte venait d'accorder gratuitement à Mer Comboni, pour ses Instituts du Caire, un vaste emplacement de la valeur de quarante-trois mille francs. Avec l'année 1878, allaient commencer les épreuves de la mission.

Une sécheresse extraordinaire amena pour tout le pays la famine, et la disette d'eau fut telle que, dans la plupart des postes de l'intérieur, les Pères et les Sœurs n'eurent souvent pour boire que l'eau qui avait servi aux ablutions matinales. À la suite de la famine, survint une épidémie générale de fièvres, qui ruina toutes les santés, emporta un missionnaire, plusieurs Frères, deux Sœurs et un grand nombre d'enfants de la mission du Soudan ; enfin, en 1882, éclata la révoite du Mahdi, qui devait amener la ruine complète de la mission,

Voici quelle était, en 1880, à la veille de la crise, la situation du vicariat :

Outre les Instituts du Caire, la mission du Soudan comptait alors sept stations à l'intérieur : Scellal et Khartoum, dans la Haute-Égypte, Berber et Gadaref, dans le voisinage de l'Abyssinie, El-Obeïd, capitale du Kordofan, Délen et Malbès, chez les Noubas. Il y avait Soo catholiques, la plupart élevés dans les établissements de la mission, À rl-Obeïd, on venait de terminer une église, qui faisait l'admiration des voya geurs, ét qui était certainement le plus beau monument religieux de la contrée, Des chapelles, ÉCOIES, orphelinats et dispensaires existaient dans tous les postes, Une tempête effroyable allait tout emporter, et renverser en quelques mois | travail de dix années.

Pour bien comprendre les causes de cett explosion de fanatisme et son succès, il faut remonter de quelques années en arriti

À la suite de la révolte d'Ara! P ha, les Anglais, devenus en fait, sinon en © les maitres de l'Égypte, imposèrent au Khédive l'abolition de la traite, Ce n'était pas chose facile

RP PMR AE QT TE

MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXe SIÈCLE.

surtout dans les provinces éloignées de la capitale, où, depuis des siècles, le trafic de l'homme s'exerce publiquement et quelquefois, souvent même, sous l'uniforme brodé des pachas et des beys du vice-roi d'Égypte,

Déjà, en 1874, Gordon Pacha, un des hommes les plus remarquables qu'ait produits l'Angleterre dans ces derniers temps, avait été à Khartoum pot rimer cet infâme commerce, et devant les ir... isibilités d'une abolition radicale et subite de la traite musulmane, il s'était vu forcé, en gémissant, de fermer les yeux,

€ Nulle part, dit Élisée Reclus, la traite des nègres n'a fait plus de ravages que dans les plaines où se pressent les tribus du Soudan.

Devenus les maitres du pays, sous le titre d’officiers égyptiens, les négriers firent ouvertement pendant de longues années le trafic de chair humaine, Chargés de pourvoir de jeunes filles et d'eunuques les marchés de Khartoum et du Caire, les fonctionnaires pouvaient accomplir en paix ce que les rapports officiels appelaient pom peusement leur #ission cévilisatrice. Les villages se dépeuplaient ; de chaque Zériba des marchands arabes, partaient régulièrement des convois de malheureux se dirigeant vers le Nil, liés par paires, au moyen de fourches et d'anneaux, qui passent au cou de l'esclave et se rattachent à la monture du maitre, Encore de nos jours, les routes suivies par les convois se reconnaissent aux ossements humains épars le long des sentiers. }

La répression immédiate de la traite soulevait donc pour le gouvernement égyptien de grosses difficultés, et, malgré la‘bonne volonté du Khé dive, il devint bientôt évident que, dans les régions du Darfour et du Haut-Nil, les fonctionnaires égyptiens, plutôt que de renoncer aux profits considérables qu'ils tiraient de la traite, étaient prêts à s'unir aux populations arabes, pour secouer le joug d'un gouvernement « esclave des chrétiens », ét constituer en plein Soudan un grand empire musulman, indépendant des tions européennes et de leur influence vénante,

Ce fut cette sourde fermentation des esprits au sujet de la traite, et aussi la haine du fis ‘ÿyptien pesant lourdement sur les populations du Soudan, qui firent tout le succès du Muhdi. La preuve qu'il ne fut qu'un instrument, c'est

qu'après sa mort, l'insurrection a continué ses ra

nées de la de l'homme is, souvent chas et des

les hommes ts l'Angleivait été à commerce, olition radire, il s'était yeux, L traite des e dans les lu Soudan.

titre d'offiuvertement ic de chair eunes filles oum et du ccomplir en laient pom es villages 1 des marnt des con le Nil, liés d'anneaux, rattachent »s Jours, les ’Onnaissent

2 des sen-

e soulevait de grosses té du Khé

dans les s fonctiononcer aux e la traite, is arabes, it esclave in Soudan ndant des ce genante, les esprits ne du fist opulations lu Mabdi.

nent, c'est

nu ses ra

vages. — Qu'était-ce

: donc au juste que le Mahdi?

C'était un de ce-

saints comme l'[slam en à toutours produit aux époques de crises, où il s'agit d'exciter le fanatisme des populations et de les lancer en avant contre les chrétiens, Il s'appelait Achmed-Mohammed, et s'était établi, vers 1865, dans les forêts qui bordent les rives du Haut - Nil.

où il exerçait le métier de constructeur de barques :

mais en 1871, poussé par le fanatisme l'ambition, 1!

renonça à son métieret, pour se préparer à Sa mission, se retira dans un grotte, aux bords du fleu ve, et mena pendant dix ans la vie d'un anachorète, Il fut bientôt en possession d'une haute renommée de sainteté, et quand il sortit de sa retraite, en 1881, il fut acclamé par les musulmans en qualité de Mahdi. L'Is + lam comptait un prophète de

plus.

Dès lors il se mit à lat l'in ection contre le Khédive, et marcha rapidem de trio he en triomphe, 1] n di généraux ég Ptiens facilita d lic rement sa tâche, En quelques n il di maitre du Dongola, du D ur, K l

Page 1