‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 315 sur 478 · UE CENTRALE · texte numérisé non relu

UE CENTRALE

Se 1800-1890. 443 | après son avènement le | Dieu venait de donner | 24 février 1878, Je l'Afrique équatoriale et d'Alver les

nouveau Pontife que à son Église signait, le décret qui érigeait dans confiait aux Missionnaires

deux missions du Victoria Nyanza

et du Tanganika, Deux ans plus tard, un nouveau décret leur donnait les missions du Congo

Supérieur et du Congo inférieur.

la Conférence de Berlin, le politique et le missions ont

À la suite de *# Convenances de la développement des nouvelles amené certaines modifications.

les missions des Grands Lacs Sont au nombre de cinq : | du Victoria

Actuellement, e vicariat apostolique Nyanza, le vicariat du Tanganika oriental, le vicariat du Tanganika occidental ou du Congo supérieur, le vicariat de l'Ounyaniembé, et la mission du Nyassa,

VicAkIAT APOSTOLIQUE DU Vicrorra Nvanza.

Les Missionnaires d'AI de temps pour répondre Pontife, Dès le mois de expédition, composée de

ger ne perdirent pas aux désirs du Souverain juin 1878, une double dix missionnaires, cinq pour chaque mission, S'organisait à Zanzibar. Pour se rendre au Victoria Nvyanza et ganika. Le 19 juin 1878, la caravane

au Tanapostolique partait de Bagamovo,

sous Ja direction des PP:

Livinhac

et Pascal, supérieurs des deux nouvelles missions, Voici quels étaient, à cette heure solennelle du départ,

les sentiments de ces jeunes apôtres :

€ Nous voilà done en route pour notre mis-

sion, Une vie nouvelle commence : c'est l'apostolat, tel que l'ont connu les premiers apôtres, Malgré notre insuffisance et notre indignité, les premiers qui, depuis l'origine du christianisme, allons représenter Notre-Seiet son Église dans ce monde barbare

nous sommes

gneur sauvage

RE

et encore inconnu, Devant nous, cent et peut-être deux cents millions

tendent invisiblement les |

d'âmes nous as, Comme ces infidèles de la Macédoine que saint Paul vit en mission sublime mais redoutable !

et combien il faut que nous

songe Quelle

recourions à la grâce de Dai U pour qu'elle supplée a notre faiblesse !

C'est le sujet de nos méditation: et de nos en-

tretiens ; nous offrons à Dev, par avance, pour œuvre qu'il nous confie, nos peines, toutes nos épreuves,

le succès de la grande

toutes notre

vie même, s'il croit bon de nous la demander,

» Une autre pensée se mêle dans nos cœurs aux pensées de la foi. Nous songeons à la France, notre patrie, ét à tous ceux que nous y avons connus et aimés. Combien d'entre nous qui ne la reverront pas ! C'est pour elle aussi que nous

Nous

l'rançais qui, envoyés par notre évéque, Fran-

allons travailler, sommes Îles premiers çais comme nous, allons porter la langue et l'influence de la France dans les profondeurs africaines. D'autres nous suivront un jour, et

cette route pacilique que nous allons tracer, où

MT 4 MOT Fan #?

Joachim Pascal, d

d'Alger, supérieur de

Socié s Missionnaires

la mission du lac Tanganika

d'après une photographie

peut-être nous laissérons nos tombes, sera poursuivie par des explorateurs français (1), »

Les voyageurs apostoliques avaient raison d'entretenir en eux ces nobles sentiments. pour

se préparer aux .atic des €t aux souffrances qui

les attendaient, C'était un voyage de trois cents ieues à entreprendre, au milieu des solitudes à peine explorées de l'Afrique orientale en trainant de: cent cin-

derrière eux une caravane quatre

quante noirs, enrôlés pour porter les bagages et

LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXe

dy

SIÈCLE

les marchandises destinées à servir d'échanges, dans ces régions reculées où la monnaie n'a pas cours, Qu'on se représente ce qu'eurent à souffrir, dans un voyage d'une année, les missionnaires, obligés, à chaque halte, de lutter contre la mauvaise volonté et l'indiscipline de leurs porteurs,de se garder des embûches des tribus Pillardes, qui se cachent dans les forêts pour tomber à l'improviste sur les trainards et leur enlever leur charge ; de disputer, presque chaque soir, en arrivant au coucher, avec les exigences des roitelets indigènes du pays, réclamant lür #ungo ; les lonques étapes faites, chaque jour, à pied, à travers des chemins impossibles ; les fièvres pernicieuses des marais africains, qu'il fallait traverser quelquefois en ayant de l'eau jusqu'à la ceinture : pendant le jour, les ardeurs dévorantes d'un soleil de feu ; l'humidité glaciale des nuits, passées en plein air ou sous la tente: ce fut certainement par une faveur signalée de la Providence que les missionnaires purent atteindre le but de leur voyage, à l'exception du P, Pascal, supérieur de li mission du Tanganika, qui fut emporté par les fièvres, le 19 août 1878, trois mois après son départ de Bagamoyo (1).

Dans les expéditions subséquentes, Mgr Lavigerie, instruit par l'expérience, adjoignit aux missionnaires des auxiliaires laïques, recrutés la plupart parmi les anciens zouaves pontificaux. Habitués à l'obéissance et au commandement militaire, ce sont eux qui sont chargés de diriger les caravanes et de traiter avec les noirs : ils sont comme une résurrection de l'ancienne chevalerie et des Ordres militaires, mis au service de l'apostolat, et peut-être sont-ils destinés à faire un jour leurs preuves contre les négriers arabes, qui sont le fléau de l'Afrique équatoriale. Déjà, dans la mission du Tanganika, l: commandant Joubert a Vaillamment assuré la sécurité de la station de M'pala, menacée, à plusieurs reprises, par les esc lavagistes,

Au moment du départ, Mer Lavigerie remet à chacun des volontaires une épée nue, en lui adressant ces belles paroles du pontifical :

« Servez-Vous de cette épée pour la défense des œuvres de Dieu : n'en usez jamais pour des motifs injustes. »

1. Les Missionnaires d'Alger ont raconté tout au long les épreuves de ce premier voyage, dans l'ouvrage intéresssant qui

a pourtitre: À l'ascaut des pa;s nègres,

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Puis frappant, trois fois, du plat de Fépée, l'épaule du nouveau chevalier agenouillé devant lui, l'évêque ajoute :

€ Soyez un soldat pacifique, courageux, fidèle et pieux (1). »

Les engagés volontaires se lient ensuite par un serment solennel à servir comme auxiliaires dans les missions de l'Afrique équatoriale,

Revenons à la première caravane, Arrivés à la ville de Tabora, située presqu'à égale distance entre le Victoria Nyanza et le Tanganika, les missionnaires firent halte Pour se reposer quelques jours, avant de se séparer. Comme ils avaient été abominablement rançonnés en chemin, leurs ballots de marchandises étaient épuisés, et, pour continuer leur route, ils furent forcés d'avoir recours à la complaisance usuraire des marchands arabes, qui cédèrent toutes les marchandises dont ils avaient besoin, contre de bonnes traites sur la procure de Zanzibar. Les quatre Pères de la mission du Tanganika partirent les premiers pour Oujiji, où ils arrivèrent le 24 janvier 1870.

Le R. P, Livinhacet les quatre missionnaires du Nyanza se mirent en route un mois plus tard. Le 19 juin 1879, un an après leur départ de Bagamoyo, ils arrivèrent chez Mtésa, souverain de l'Ouganda.

L'Ouganda, qui compte, avec les royaumes tributaires, de douze à quinze millions d'habitants, est le plus important des États del’Afrique équatoriale, Le roi Mtésa, dont Stanley avait espéré un moment faire le «le Constantin noir (2) », devait trahir également le zèle des ministres protestants et celui des prêtres catholiques. Prince intelligent, ouvert aux idées de civilisation et de progrès, il accueillait également bien les explorateurs européens et les représentants de toutes les confessions religieuses, Quant à se convertir au dogme et à la morale évangéliques, il n'en eut jamais sérieusement la pensée. Adonné, comme tous les potentats africains, à la polygamie, maitre absolu de la vie et des biens de ses sujets, grand chasseur d'esclaves, dont la vente aux négriers arabes formait une bonne part de son revenu, il

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