‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 316 sur 478 · QUE CENTRALE · texte numérisé non relu

QUE CENTRALE

mme

était séparé par un abime du christianisme et de la vraie civilisation. Dans l'établissement éhez lui des missions chrétiennes, il ne voyait qu'une Question d'influence politique et de profits persoñnels. Avec ces dispositions, il reçut parfaitement les missionnaires catholiques, et il leur | permit de s'installer à Rubaga, sa capitale, et de | prêcher l'Évangile dans ses États,

€ Sous le rapport matériel, écrivait, peu de | semaines après son arrivée, le R, P. Livinhac, | Supérieur de la mission, nous devons rendre à Dieu de très grandes actions de grâces. Mtésa a été très généreux à notre égard. Il nous a donné environ un hectare de bon terrain, planté de bananiers, et une trentaine de bœufs, De temps en temps, il nous fournit les matériaux et les ouvriers nécessaires à la construction d'une habitation assez grande Pour nous loger tous, »

Le roi ne tarda pas à dévoiler ses arrière.

| Pensées politiques: il pria les missionnaires de | lui ménager l'appui de la France, pour se défen.dre, en cas de besoin, contre les esclavagistes du Zanzibar, et contre les Anglais, dont il redoutait, non sans raison, l'influence prépondérante | et les visées ambitieuses, Assez intelligent pour | comprendre qu'il faut compter désormais en Afrique avec les envahissements de Ja civilisation européenne, le prince noir aurait voulu faire au moins la part du feu, et neutraliser, en les contre-balançant les uns par les autres, ces étransers suspects et gênants, tout en cherchant à les exploiter de son mieux.

Les missionnaires commencèrent par ouvrir un orphelinat d'enfants rachetés de l'esclavage: mais bientôt ils s'aperçurent que la population de l'Ouganda était mûre pour la prédication évangélique, Le 27 Mars 1880, veille de Pâques, quatre adultes, prémices de la mission, recevaient le saint baptême. Deux mois plus tard, le 13 mai de la même année, quatre nouveaux catéchumènes, dont trois des fils d'un des chefs les plus influents du pays, venaient doubler la chrétienté naissante,

Deux nouvelles caravanes vinrent grossir le chiffre des missionnaires; en 1882, leur nombre s'élevait déjà à douze, Le roi Mtésa, complètement refroidi à l'égard des Protestants, avait

provoqué une conférence publique entre ces messieurs et les prêtres catholiques, conférence qui tourna naturellement au profit de la vérité, et

446 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXe SIÈCLE.

après laquelle le roi Mtésa avait conclu, sans hésiter, en faveur de l'enseignement catholique ; lui-même avait demandé un catéchisme, pour s'instruire à fond des dogmes du catholicisme. et si ses passions le “etinrent dans le paganisme, il nest pas douteux qu'il ait entrevu la vérité et qu'il fût catholique dans son cœur.

Cependant les succès du Mahdi au Soudan avaient surexcité à l'excès l'orgueil des Arabes esclavagistes, et un complot s'était organisé pour

VICTORIA-NYANZA (Afrique équatoriale), d'après une photographie

Sur ces entrefaites, Mtésa vint à mourir.

et son successeur, Mouanga, ayant témoigné, avant son avènement au trône, des dispositions très favorables à la mission catholique, les PP. Lourdel et Géraud rentrèrent, en 1885, dans l'Ouganda, où le nouveau roi les accucillit par faitement. A leur grande joie, les missionnaires purent constater que, pendant leur exil, les néophytes étaient restés fermes dans la foi, et avaient même fait autour d'eux de nombreux pro.

| se débarrasser des missionnaires, Dans ces con-

| jonctures, Mgr Livinhac, élevé à la dignité de

| vicaire apostolique avec caractère épiscopal , jugea prudent d'évacuer, pour quelque temps, l'Ouganda, et de se réfugier avec les enfants de la mission au sud du lac Victoria, où deux nouvelles stations furent ouvertes chez les Bukumbi,

| Le centre de la nouvelle mission fut fixé à |

Notre-Dame de Kamoga (1883).

Intérieur de la station de Notre-Dame de Kamoga,

sélytes; un seul de ces nouveaux chrétiens avait préparé au baptême cent cinquante catéchumènes, La moisson se présentait donc sous le plus bel aspect, et Îles ouvriers apostoliques n'avaient qu'à jeter la faux pour recueillir les nombreux épis qui levaient de toute part. En quelques mois, ils eurent des catéchumènes et des chrétiens dans plus de Vingt villages autour de Rubaga,

L'homme ennemi ne pouvait voir, sans frémir

ns ces condignité de épiscopal , que temps, les enfants a, où deux chez les

fut fixé à

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catéchusous le stoliques éillir les part. En nènes et :S autour

3 frémir

de rage, de pareils succès : il all la mission naissante de l'Ouganda une violente tempête, dont le résultat final serait de le con vaincre d'impuissance et d'af de nombreux Martyrs, les bases de la nouvelle chrétienté, € Sans effusion de rédemption, » dit l'Ecriture, C'est la loi inéluctable de l'histoire, Née au Calvaire, du sang du Curisr, l'œuvre apostolique fructifier, La mission de l'Ouganda allait recevoir ce baptême du Sang, étonnant l'Église par la générosité et l'héroïsme de ses jeunes martyrs, C'était le gage des bénédictio L'imprudence des missionnaires protestants déchaina la tempête, Les et allemandes du

ait susciter contre

fermir, dans le sance

sang, pas de

veut du sang pour

ns de l'avenir.

annexions anglaises ct Zanguebar, dont gistes grossissaient encore péril, avaient excité

les esclavaaux yeux du roi le les défiances de Mou contre tous les Européens, D tures fâcheuses, rington,

anga ans ces conjoncun évêque anglican, M. Harse présenta et, fort de l'appui de Souvernement, voulut, cor pénétrer dans l'Ouganda, prudente excita les fureurs égard aux représentations des missionnaires et de ses conseillers Catholic malheureux, La charitable tres Catholiques les av

son itre la volonté du roi, Cette démarche imdu prince, qui, sans

lues, fit massacrer ce intervention des préait rendus suspects au roi:

les calomnies des négriers arabes firent le reste Mouanga, affolé de lérreur, et voyant déjà son royaume livré aux Européens, résolut de faire mourir tous les chrétic déjà à plus de sept ce chumènes (1886).

La cour de Mouanga € catholiques, Dans les avait montré

ns. Leur nombre s'élevait nts, Sans compter les caté.

tait pleine de fervents coMmmencements, le roi les meilleures dispositions :

il avait FOMpPU courageusement avec les Superstitions de

posait presque en mène, aimait à réciter le Pater et à ses propres pages,

ses ancêtres, il sc catéchu

à l'apprendre en les engageant à se faire chrétiens. 1] était donc

tout naturel qu'il s'entourât de chrétiens et qu'il

nommât les néophytes aux principales charves du d'ailleurs lui avaient l'avertissant d'un

royaume, Ceux-ci montré leur fidélité . en complot premier ministre, Katikiro, et les Principaux seioneurs du PAYS avaient formé contre lui,

que son

pour le mettre à mort et proclamer son Jeune frère À sa place,

Trois seigneurs catholiques, Joseph Mkasa, con

Lu

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