‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 329 sur 478 · MISSIONS DES ILES DE LA MER DES INDES · texte numérisé non relu

MISSIONS DES ILES DE LA MER DES INDES

ÎLE DE LA RÉUNION, évéché de Saint-Denis.

L'évêché de Saint-Denis de la Réunion, suffragant de Bordeaux, fut érigé en 1851. Auparavant la Réunion, comme toutes nos autres colonies, était dirigée au spirituel par un simple préfet apostolique.

La Réunion, ancienne ile Bourbon, plus heureuse que la plupart de nos colonies, échappa aux orages de la grande Révolution et à la persécution religieuse, grâce à l'énergie du parti conservateur, dirigé par le comte de Villèle, le futur ministre de la Restauration. Dans les desseins de la Providence, il semble que cette île était appelée à devenir un des facteurs principaux de l'apostolat de l'Afrique orientale. On a vu que c'est à Mgr Maupoint, un de ses évêques, qu'est due la création de la mission du Zanguebar. Auparavant, M. Dalmond, un de ses prêtres, avait porté l'Évangiie à Madagaccar et dans les iles Malgaches ; c'est encore à Bourbpn que s'ouvrit, sous la direction des Jésuites, le premier collège catholique pour l'éducation des jeunes Malgaches et la formation de catéchistes indigènes dans la grande île ; enfin, la Congrégation créole des Filles de Marie, établie à Bourbon, en 1850, envoie, chaque année, des centaines de Sœurs dans les missions voisines. Aux derniers recensements, la population totale de la Réunion et de l'ile Sainte-Marie, rattachée en 1887 au diocèse de Saint-Denis, était de | 169.000 habitants, presque tous catholiques.

En 1885, le diocèse de Saint-Denis comptait :

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+ VII. Ile Sainte-Hélène (mission du Cap central), x prêtre, 1 église, 1 école, 600 catholiques,

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à 20 chapelles, plusieurs Congrégations religieuses : les Pères du Saint-Esprit, les Frères des Écoles chrétiennes (14 maisons), les Sœurs de Saint-Vincent de Paul (2 maisons), les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny (28 maisons), les Filles de Marie (10 maisons). Les Jésuites ont été expulsés, en application des décrets de 188r.

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ILE MAURICE, — Ævéché de Port-Louis.

Au nord-est de la Réunion, on trouve, dans l'Océan Indien, l'ile Maurice, ancienne Ile de France, le plus beau fleuron de la Compagnie des Indes orientales, jusqu'au jour où l'Angleterre, profitant habilement de nos discordes civiles et des longues guerres de l'Empire, nous eneva cette colonie, avec l'ile Rodrigue et les Seychelles. Ces iles furentdéfinitivement acquises à la Grande-Bretagne par les traités de 181 5.

Ce changement de gouvernement fut fatal aux intérêts catholiques. L'âpreté des haines protestantes, qui commençaient alors à s'adoucir dans la métropole, semble s'être reportée, à cette époque, dans les colonies britanniques, d'autant que les considérations politiques contribuaient à les rendre plus vives. Il s'agissait pour l’Anpgleterre de décatholiciser à tout prix ses nouvelles colonies, afin de s'assimiler plus facilement ses nouveaux sujets.

Le gouvernement britannique étant dans ces dispositions, on comprend que les sept mille Mauriciens demeurés Français de cœur, mais gangrenés, hélas! par le voltairianisme et les idées du xvine siècle, lui parurent une proie facile à séduire ; mais, en les amenant à renier la vieille foi nationale, l'Angleterre comptait bien leur faire abjurer avec le catholicisme l'amour de la patrie française. Rien ne fut épargné pour obtenir ce double résultat : violente pression administrative, positions brillantes assurées aux apostats, menaces et vexations de toute nature contre les catholiques demeurés fidèles à l'ancienne foi, exclusion de tous les emplois publics, enseignement protestant pendant longtemps obligatoire dans les écoles, expulsion sans

jugement de missionnaires catholiques, entraves continuelles apportées au ministère des autres, installation à Maurice d'un évêque anglican et de nombreux clergymen richement payés : pendant des années, tous ces moyens, les uns vio-

lents, les autres odieux, furent mis #7 œuvre pour amener les catholiques à l'apostasie. Mais ces mesures échouèrent misérablement, et produisirent même, à la longue, une réaction franchement catholique parmi la population. En 1860, le secrétaire des missions de Londres, après une tournée d'inspection à Maurice, écrivait au retour : € Il faut reconnaitre que tous les progrès sont du côté de l'Église catholique romaine (1). »

Avant la Révolution française, l'Ile de France, comme Bourbon, relevait au spirituel d'un vicaire général de l'archevêque d : Paris, qui prenait soin d'y entretenir un nombre suffisant de prêtres, en sorte que toute la population de l'ile, composée d'environ quatre-vingt mille habitants, dont sept à huit mille seulement d'origine européenne, professait le catholicisme, à très peu d'exceptions. Cette organisation religieuse fut entièrement brisée par les bouleversements de la fin du dernier siècle, et quand les Anglais arrivèrent en 1810 à l'ile de France, il n'y avait plus, pour assurer le service du culte, qu'une dizaine de vieux prêtres, sans liens hiérarchiques, En 1819, la Sacrée-Congrégation érigea Maurice en vicariat apostolique, avec juridiction sur l'ile Sainte-Hélène, le Cap, Madagascar, les petites iles Malgaches, les Amirantes, les Seychelles et la Nouvelle-Hollande : cent soixante degrés de longitude, la moitié du globe, et, pour desservir cet immense territoire, huit à dix prétres âgés et infirmes !

Graduellement l'étendue du vicariat fut ramenée à des proportions raisonnables, En 1829, Madagascar et les îles Malgaches furent rattachées à la préfecture apostolique de Bourbon ; en 1834 l'Australie, ou Nouvelle-Hollande, forma un vicariat distinct ; en 1837, fut érigé le vicariai du Cap, auquel on rattacha, un peu plus tard, l'ile Sainte-Hélène ; enfin, en 1852, les Seychelles, et, en 1854, les Amirantes furent détachées à leur tour de Maurice et formèrent d'abord une préfecture, puis un vicariat particulier.

Grâce à ces divers démembrements, le vicariat de Maurice, élevé en 1847 à la dignité d'évêché relevant dire ement du Saint-Siège, demeura

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