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N Suisse, la situation religieus:
est moins florissante, et surtout moins tranquille qu'en Hollande, Si, dans les cantons protestants, les catholiques ont fait des progrès considérables, ces succès ont été achetés au prix de bien des luttes, et ont amené de terribles représailles. Les épreuves de l'Église catholique, dans les cantons suisses, peuvent se rattacher à trois causes principales : les fautes des catholiques, la haine des protestants, la force du radicalisme et des Socitiés secrètes, qui, surtout depuis 1847, dominent entièrement dans ce malheureux pays.
Parlons d'abord des fautes des catholiques, Pour les mêmes raisons qu'en Allemagne, au commencement du xIX siècle, le clergé catholique des cantons suisses laissait généralement à désirer, sous le double rapport de la doctrine et du zèle, Les idées joséphistes dominaient chez lui ; mais c'est surtout dans les maisons religieu ses, au sein des riches abbayes, non encore spoliées par la Révolution et l'hérésie, que le relâchement s'accusait d'une façon déplorable,
On vit, en 1838, les chanoines révuliers de Pfeffers, canton de Saint-Gall, demander, maleré la défense du Souverain Pontife, au vouvernement protestant, Ja sécularisation de leur antique collégiale, qui comptait juste mille ans d'existence, Le pouvoir civil s'empressa d'accéder & une demande s2 convenable, et les religieux célébrèrent leur délivrance par de bruyantes démonstrations de joie, illuminations, festins, bals et pétards, qui scandalistrent jusqu'aux protestants,
Le lecteur peut voir, par ce seul exemple, ce
qu'était devenue en Suisse la vie monastique. Peu de zèle, peu de doctrine, des habitudes bureaucratiques et serviles ; voilà, malgré d'honorables et assez nombreuses exceptions, le jugement général qu'on peut porter sur le clergé suisse, pendant les trente premières années du siècle,
Tels pasteurs, tels troupeaux. Dans les vieux cantons catholiques, les montagnards suisses avaient gardé la simplicité et la ferveur de leur foi; mais dans les villes, particulièrement à Lucerne et à Soleure, la bourgeoisie libérale et joséphiste avait les idées les plus fausses au sujet de la constitution et des droits de la sainte Église. Pendant les quarante premières années du xiIX€ siècle, on la vit s'appliquer, dans les cantons où elle était maitresse, à tracasser les évêques, à surveiller l'enseignement des séminaires, à persécuter les bons prêtres, à favoriser les mauvais, à pousser à la sécularisation des monastères, en un-mot, à se méler, à tort et à travers, de l'administration de l'Église,
Plus tard, il est vrai, éclairés enfin par la tyrannie des cantons protestants, prètres et laïques s'efforcèrent de revenir sur leurs pas, et S'aperçurent, un peu tard, qu'ils avaient fait le
jeu de l'ennemi, en lui jetant en proie la liberté
des catholiques. Aujourd'hui la situation religieuse est bien changée, et c'est une justice à rendre, en particulier au clergé, que de dire qu'il s'est complètement retrempé dans la persécution.
La persécution ne lui a pas manqué d'ailleurs. En effet, il n'a pas eu seulement à lutter contre le faux libéralisme de la bourgeoisie catholique : son principal adversaire, en Suisse, c'est la haine
| protestante, qui nulle part ailleurs ne s'est exer-
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cée avec un pareil cynisme, Ces grands prôneurs de la liberté de conscience, qui avaient bouleversé les deux tiers de l'Europe, et ensanglauté l'autre tiers pour obtenir le droit de servir Dieu à leur manière, ne se virent pas plutôt les maitres en Suisse, qu'ils proscrivirent impitoyablement l'ancien culte. Pendant près de trois cents ans, Genève, Lausanne, Berne, Neuchâtel, Zurich, Bâle, Schaffhouse, presque toutes les grandes villes de la Confédération, restérent rigoureusement interdites aux prêtres catholiques. Un état de choses si violent ne pouvait durer toujours.
Au bout de trois siècles d'oppression, le progrès des idées libérales et les changements politiques imposèrent, bon gré mal gré, aux protestants suisses un peu de tolérance, où au moins de pudeur. Peu à peu il leur fallut s'habituer à supporter chez eux la présence du prêtre catholique. Grâce au dévouement de quelques bons prêtres, de ferventes chrétientés se formèrent dans toutes les citadelles démantelées de l'hérésie,
Ce ne fut pas sans éprouver des frémissements de rage que les vieux protestants assistérent à la résurrection de la vie catholique dans leurs
Genève,
cantons, De là à s'unir contre leurs concitoyens, pour leur disputer tous leurs droits, il n'y avait qu'un pas à faire ; ce pas fut franchi, Exaspérées par les progrès du catholicisme, particulièrement à Genève, les haines protestantes se sont asso ciées aux haines maçonniques pour persécuter l'Église du CHRIST.
On verra plus loin le résumé de cette navrante histoire, Qu'il me suflise de dire ici que le pro téstantisme suisse à donné, une fois pour toutes, la mesure de son prétendu libéralisme, Depuis un demi-siècle, il a exilé, emprisonné nos évé ques et nos prétres : 11 S est « mparé, par la force
de nos colis: , ( levée s «ll prix de mille “AiCFITICCS,
avec l'aide du monde catholique ; il a expulsé nos religieux ét nos Sœurs de Charité, fermé nos écoles et nos hôpitaux, confisqué, au profit d'une poignée de prètres infâmes, qui se sont faits ses valets, toutes les fondations de la piété de nos pères, Voilà ce que le protestantisme à fait en Suisse, au centre de l'Europe civilisée, qui regardait et qui sourit
C'est qu'en satisfaisant ses ha. s sectaires, le protestantisme fait en même temps les affaires de la franc-maçonnerie cosmopolite, On peut dire qu'à partir de 1847, la Suisse est devenue l'asile de tous les conspirateurs : carbonari italiens,
réfugiés hongrois, communards français, nihi
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issements istèrent à lans leurs