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ctaires, le 5 affaires peut dire it: l'asile
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listes russes, socialistes allemands, tous ceux qui se sont mis en révolte contre les gouvernements et contre les sociétés, sont venus s'abattre sur ce malheureux pays, et, en échange de l'hospitalité généreuse que le peuple suisse leur à accordée, ils l'ont empoisonné de leurs doctrines néfastes.
Genève, en particulier, est devenue comme la forteresse du radicalisme européen, C'est aussi, de tous les cantons suisses, celui où la liberté des fidèles a été le plus durement opprimée,
Après Genève, le canton tout catholique du Tessin est un de ceux où l'Église a le plus souffert. I doit ce triste privilège à la présence des nombreux réfugiés italiens qui ont perverti le pays.
C'est surtout À partir de la révolution de 1830 que l'action néfaste du radicalisme à commencé à se faire sentir en Suisse: c'est lui qui, en 1845, souleva les corps francs contre les cantons catholiques, et amena, en 1847, la guerre fratricide du Sonderbund, dans laquelle les cantons catholiques, abandonnés par la France et l'Autriche, garantes des traités de Vienne, se virent écrasés par les cantons protestants,
Depuis ce jour néfaste, c'est le radicalisme qui domine à peu près dans les conseils cantonaux et à la diète fédérale. Les iniquités dont l'Église a été victime en Suisse, particulièrement depuis 1870, nous montrent ce qui attend tous les catholiques le jour où la franc-maçonnerie sera, comme elle l'espère, maitresse en Europe, Quant aux prétendus conservateurs protestants, qui, pour satisfaire les haines sectaires, font, à cette heure, le jeu des radicaux, ils seront punis par où ils ont péché, Ils voulaient se débarrasser de l'influence catholique qui les gène: ils ne s'en débarrasseront pas, mais ils ne tarderont pas à S'apercevoir, qu'en agissant de la sorte, ils ont fait les affaires du socialisme et de la Révolution,
A côté du radicalisme qui triomphe, et de
l'Eglise catholique qui s'épure et grandit sous la
persécution, le protestantisme, en Suisse, comme dans le reste du monde chrétien, va se décomposant lentement, pour arriver au déisme et à l'incrédulité, Si Calvin revenait au monde, il ne reconnaitrait plus Genève, sa Rome protestante, Poussant aux dernières limites le droit d'examen, là respectable compagnie des pasteurs de Genève défendait, en 1817, de parler en chaire du péchi originel et de la divinité de Jrsus( HRIST,
Comme sanction pénale, elle déclarait exclu du corps pastoral quiconque refusait d'adhérer à cette formule d'apostasie,
Ce fut l'occasion d'un schisme entre les pasteurs, Un petit nombre, voulant conserver l'ancienne foi au surnaturel, furent forcés de sortir de l'Église officielle, et leurs adhérents furent flétris du sobriquet de womiers, partisans d'une doctrine fossile, adorateurs d'une momie.
Cette apostasie officielle du calvinisme encvois devait ramener à l'Église catholique beaucoup de protestants de bonne foi, C'est ce qui eut lieu, Parmi les nombreuses conversions qui se sont produites en Suisse, dans le cours de ce siècle, les plus célèbres furent celles de Pere de Joux, ancien pasteur et président du consistoire de Genève (1825), Eslinger, ministre protestant à Zurich (1831), Charles de Haller, patricien ‘le Berne et membre du Conseil d'État (1820) et du docte auteur de l'Æistoire d'Innocent LIL Fré déric Hurter, président du consistoire protestant de Schaffhouse (1845).
Ces grandes conversions furent accompagnées et suivies d'une foule d'autres plus obscures,
Dans tous les vrands centres protestants de la république helvétique, où l'Église catholique ne comptait presque pas d'enfants au début du NIXE siècle, les catholiques forment aujourd'hui des minorités imposantes. Mais, comme je l'ai dit, ces succès mêmes du catholicisme ont soulevé contre lui la persécution ; c'est ce que je
Vais Essayer d'exposer rapidement ici,
Au commencement du xixe siècle, l'organi- Sation politique et religieuse de la Suisse venait d'être bouleversée, Sous la pression des armées françaises, le pacte fédéral avait été rompu, et l'indépendance séculaire des cantons complètement sacrifiée, sous prétexte d'unification. En mème temps, la jeune République helvétique, marchant sur les traces de sa mère, Ja République française, s'était mise avec ardeur à persécuter Îles catholiques, En deux ans. plus de cent couvents furent supprimés, et leurs biens déclarés propriétés nationales : les écoles furent soustraites à la direction du clergé, le nonce du Pape fut forcé de quitter Lucerne, et un orand
nombre de prètres catholiques furent proscrits.
or
Heureusement cette bourrasque dura peu ; dès 1803, la République helvétique avait vécu, et la Suisse redevenait une confédération d'États indépendants. Ce fut la fin de la persécution, En méme temps qu'on rouvrait les couvents et qu'on rendait à l'Église ses biens non encore aliénés, le président de la Confédération, M. Louis d'Affry, s'adressait à Pie VIT, pour le prier respectueusement de renouer avec la Suisse les rapports diplomatiques (octobre 1803).
Mais, dans l'acte de médiation qui rétablissait la Confédération suisse sur ses anciennes bases, une innovation malheureuse fut introduite, Jusqu'alors, dans les assemblées cantonales et à la diète fédérale, les matières confessionnelles étaient traitées exclusivement par les membres de chaque confession religieuse ; il fut décrété qu'elles seraient décidées désormais par voie de majorité absolue, C'était, dans les cantons mixtes et protestants, livrer la liberté des catholiques à des majorités sectaires et trop souvent haineuses, Jusqu'en 1830, grâce à la modération relative des pr testants, CE SY stème put fonctionner sans amener trop de conflits. Mais le principe était posé: un jour où l'autre, il devait porter des
conséquences fatules.
Pour comprendre ce que je vais dire de la situation religieuse des catholiques suisses, il importe de bien se représenter la constitution politique de ce pays. La Suisse nest pas un Étatunifé : elle forme une confédération d'États indépendants. En droit, chaque canton est maitre absolu chez lui, à condition de respecter li cons titution du pays et d'obéir aux décisions de la diète fédérale. Il suit de là que la situation reli vieuse des catholiques varie complètement d'un canton à l'autre, Dans les cantons catholiques, l'Église est maitresse chez elle, à moins que Île pouvoir ne tombe aux mains des francs-maçons, comme à Soleure ou dans le Tessin. Au con traire, dans les cantons mixtes et protestants, du moment que les matières confessionnelles S\ décident Een miorité absolue des voix, les catholiques v sont à la discrétion de leurs pires ennemis. De là, des contrastes qu'on ne pourrait s'expliquer, i lon ne tenait compte de cette
organisation, Ainsi, en 1870, le canton catho
lique d'Unterwald proteste officiellement contre la chute du pouvoir temporel, pendant que Genève fait fête à Garibaldi, Vous avez d'un côté la ferveur et les œuvres de la foi, et, dans le canton voisin, l'Église est persécutée.
Ajoutons que, depuis la défaite du Sonderbund en 1847, la tendance vers la centralisation s'est accentuée de jour en jour, En perdant leur indépendance religieuse, les cantons catholiques ont vu diminuer du même coup leur indépendance politique ; de plus en plus, l'autorité tend à se concentrer aux mains de la diète fédérale et des patriciens de Berne, et ce n'est certes pas à l'avantage des catholiques, qui sont encore en minorité dans le pays.
Cette observation préliminaire une fois faite, je suis heureux d'avoir à constater que la période des trente premières années du siècle fut, pour l'Église catholique, une époque de paix relative, Les préoccupations politiques étaient toutes à l'extérieur, et les questions religieuses ne venaient qu'au second rang. C'est dans cette période de temps que l'Église catholique parvint, à force de zèle et de dévouement, à s'introduire dans les centres protestants, qui, depuis la Réforme, lui étaient restés obstinément fermés, [faut dire quelques mots de ces humbles com-
IMeNCeMEnNts.
Cest seulement en 1799 que le culte catho lique fut rétabli à Berne, sur la demande formelle de l'ambassadeur de France, Le premier curé fut un Père capuein de Fribourg, le Père Girard. Les commencements de cette chrétienté furent pénibles, les saints my stères se célébraient d'abord dans le chœur de l'église protestante de Saint-Vincent: en 1821, vu l'accroissesaent numérique des catholiques, le gouvernement leur accorda, toujours de partage avec les protes tants, la jouissance de l'ancienne église des Dominicains. Quand M. Baud fut nommé, en 1832, curé de Berne, il n'y avait encore qu'une colise mixte, pas de presbytère, pas d'écoles, Mais le nouveau curé était un homme de zèle et d'œuvres + it fut le véritable créateur de la paroisse de Berne, Une magnihique église qui coût 700.000 francs, rec ucillis, on peut le dire,
dans le monde entier, un presbytère, des écoles
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spacieuses, voilà son œuvre matérielle, L'œuvre spirituelle marcha du même pas ; le tableau suivant en fait foi :
En 1800, il y avait à Berne environ 500
catholiques ; en 1840 : 1.200 ; en 1870 : 4.921.
Ce nombre n'a fait qu'augmenter depuis, malgré la défection d'une poignée de catholiques libéraux, qui, appuyés var le gouvernement protestant de Berne, ont volé en 1873 l'église et tous les biens-fonds de la communauté catholique.
M. Baud n'eut pas la douleur d'assister à cette profanation ; il était mort au mois de mai 1867, après avoir été élevé par Pie IX à la dignité de protonotaire apostolique, Ses funérailles furent un dernier triomphe pour le catholicisme : protestants et catholiques s'y pressèrent en foule, et, pour la première fois depuis la Réforme, les céré monies du culte romain purent paraitre au grand jour dans les rues de la vieille cité fédérale.
La paroisse de Bâle comptait, En 1800, 500 catholiques, sans église et sans prêtres. Elle compte aujourd'hui près de 12,000 catholiques ; elle possède une belle église ogivale, devenue malheureusement insuffisante, par suite de l'accroissement continu des catholiques ; des écoles florissantes, dont le gouvernement cantonal a fait publiquement l'éloge, sont tenues par les Frères des Écoles chrétiennes et par les Sœurs de Portieux ; il y a un hôpital, un orphelinat de jeunes filles : la paroisse est desservie par un curé et six vicaires, Le gouvernement cantonal loin d'aider les catholiques, s'est toujours montré hostile à leurs œuvres.
Zurich, la vieille cité de Zwingle, a toujours été, elle aussi, très hostile à l'Église romaine : aussi, en 1800, cette ville n'avait pas un seul catholique, C'est seulement vers 1810 qu'on put commencer à y dire la messe, dans l'arritrechambre d'un cabaret, En 1840, les catholiques de Zurich étaient déjà 1.500 : ils sont 0.000 aujourd'hui, [ls avaient élevé une belle éolise, un presbytère, des écoles, que le gouvernement cantonal leur à volés, en 1873, pour les livrer à une dizaine au plus de catholiques libéraux : mais, sans se laisser décourager, les fidèles ont acheté immédiatement, au prix de 95.000 francs, deux maisons et un grand terrain pour v établir leurs Œuvres,
C'est le jour de Pâques 1SOS, que le saint
sacrifice de la messe recommença à Neuchâtel,
d'où il était proscrit depuis 1530. La principauté de Neuchâtel, ayant été cédée à la France, devint l'apanage de Berthier, un LLs généraux de Napoléon, qui rétablit le culte catholique dans la chapelle du château, Mais, vu le petit nombre des fidèles, l'archevéque de Besançon, de qui relevait alors la principauté de Neuchâtel, n'y mit pas pour lors de prêtres à poste fixe,
En 1811, le comte de Pourtalès ayant établi dans cette ville un hôpital desservi par les Sœurs FHospitalières de Besançon, un prêtre catholique vint se fixer à Neuchâtel, en qualité d'aumônier des Sœurs.
En 1815, la principauté de Neuchâtel fit retour au roi de Prusse, Le prêtre français rentra alors dans son diocèse, et l'évêque de Lausanne Envoya, pour le remplacer, M. Aebischer, qui doit être considéré comme le premier curé de Neuchâtel.
Ce n'est qu'ea 1827 qu'on put obtenir, après beaucoup de tracasseries, de poser la première pierre de la chapelle catholique dans un terrain donné par M. de Pourtalés.
Peu à peu les catholiques se multiplièrent et obtinrent un minimum de liberté : en 1842, on agrandit l'église devenue insuffisante : en 1844, on installe des écoles, qui sont confites aujourd'hui aux Frères des Écoles chrétiennes et à des institutrices laiques, Ces écoles comptaient, en 1870, 188 enfants,
À la mort de M. de Pourtalès (1859), le fanatisme protestant expulsa les Sœurs de l'hôpital, pour leur substituer des diaconesses, au grand regret des protestants et des catholiques. Ceuxci, sans se décourager, fondèrent aussitôt à leurs frais l'hôpital de la Providence, avec un orphelinat annexe pour les jeunes filles.
La paroisse de Neuchâtel comptait, en 1870, 3.679 catholiques, Aujourd'hui ils sont plus de 4.000.
Les catholiques de Lausanne étaient 150 en 1.800, Un prêtre, émivré du diocèse de Lyon, l'abbé Vivian, leur servait de pasteur, Il demanda au Conseil cantonal l'autorisation d'ou rir dans la ville un lieu de réunion pour Îles catholiques, Cette demande avant été rejetée, les fidèles se rassemblèrent, pendant plusieurs années, dans une cave, pour y célébrer les saints mystères, En 1810, le Conseil cantonal accorda enfin la publicité du culte et donna aux catholiques un
local pour leurs réunions. En 1814, ils furent | cure de Lausanne fut un pauvre ouvrier menuiadmis à partager avec les luthériensset les angli- | sier, ordonné prêtre par l'évêque de Fribourg, cans la jouissance d'une salle publique. L'abbé l'abbé Belbès, séminariste de Lyon, qui avait fui Vivian était mort en 1811 : son successeur à la | de France pour échapper à la Terreur, Il mou-
Église Saint-Pierre et Saint-Paul à Berne.
rut en 1810, entouré di ation des pro testants et de ; catholiqui Le nombre des « it} oliqu 0 ir hui port du costume [A à Lausanne à 3.500. IS ont un un sonnerie des clochc
presbytère, des écoles, un curé et deux vicaires. Le gouvernement cantonal leur à interdit le léstastique, ainsi que la
‘ menui- Fribourg, | i avait fui
Il mou-
+ iX vicaires, interdit le
nsi que la
De toutes les villes protestantes de la Suisse, Genève est celle où le catholicisme a fait le plus de progrès, En 1798, Genève comptait à peine 200 catholiques, qui étaient privés de tout ex cice de leur culte, le territoire genevois étant rigoureusement interdit au prêtre catholique. 1] souvrit seulement avec les armées françaises, Devenue le chef-lieu du nouveau département du Léman, la vieille cité de Calvin fut forcée de déposer une partie de son intolérant fanatisme. En 1803, M. Vivian, premier curé de Genève, qui a laissé une mémoire bénie, obtint de la ville la cession de l'église Saint-Germain et organisa la paroisee catholique. En 1811, il fit venir les Sœurs de Charité, pour visiter les pauvres et instruire les jeunes filles : un peu plus tard, les Frères des Écoles chrétiennes arrivèrent à leur tour (1839). Jusqu'en 1846, les œuvres catholiques purent développer à Genève sans rencontrer trop d'hostilité ; mais à cette époque, une révolution politique fit tomber le pouvoir aux mains des radicaux, qui l'ont toujours gardé depuis,
Le premier acte du nouveau Conseil fut d'expulser le successeur de M. Vivian, M. Marillev, qui fut depuis évêque de Lausanne et Genève.
Néanmoins, malgré la coalition des haines calvinistes et radicales, le catholicisme continua à progresser à Genève, et sous l'habile direction de M Mermillod, son nouveau curé, la paroisse de Genève prit de magnifiques développements, En 1857, on consacra solennellement l'église Notre-Dame, élevée avec les souscriptions de tous les pays catholiques. V'oici, du reste, le tableau des accroissements successifs du catholicisme dans la ville de Genève.
En 180oo, il Y avait à Genève environ 200 catholiques : en 1840, 11.800 : en 1870, 26,374 Contre 33.731 protestants : en 1880 (après le schisme des libéraux), 20.502.
On verra plus loin à quelles infamies les protestants se sont abaissés, pour se venger des:
progrès du catholicisme.
En même temps que l'Eglise catholique s'éta
blissait dans les cantons protestants, d'où la Réforme l'avait tenue exilée depuis trois siècles,
plusieurs remaniements de territoire vinrent
augmenter, en Suisse, le nombre de ses fidèles, En 1803, le Tessin, pays tout catholique, fut incorporé à la Suisse, et forma un nouveau canton, composé d'environ 100,000 catholiques.
Plus tard, en 1815, les traités de Vienne enlevérent à la France une partie du Jura, et incorporèrent environ 35.000 catholiques au Canton tout protestant de Berne.
Le département français du Léman, comprenant la ville de Genève et une trentaine de paroisses catholiques appartenant jadis à la Savoie, nous fut enlevé à la même époque, et forma le nouveau canton de Genève, avec un appoint total d'environ 20.000 catholiques.
Enfin la principauté de Neuchâtel, qui appartenait au roi de Prusse, entra à son tour dans la Confédération, avec environ 500 catholiques.
Par suite de ces remaniements de territoire, la Confédération suisse se trouva définitivement composée de vingt-trois cantons, et la population catholique, qui était, en 1800, de 542.000 âmes, se trouva portée en 1820 à 730.000 contre 1.200.000 protestants,
[l'est bon de noter ici que le congrès de Vienne stipula soigneusement la liberté religieuse des catholiques ainsi réunis aux cantons protestants de Berne et de Genève, qu'il garantit l'indépéndance des cantons catholiques, ainsi que la conservation des couvents et des propriétés ecclésiastiques subsistant en 1815 dans les cantons mixtes et protestants. On verra plus loin quel cas fut tenu de ces stipulations diplomatiques,
Jusqu'en 1830, l'Église catholique put donc, en Suisse, développer librement son influence : mais la révolution de 1830 fut le signal de l'attique, Par toute l'Europe, les Sociétés secrètes S'agitaient ; les radicaux suisses saisirent l'occasion pour commencer la lutte, IL est triste d'avoir à constater que, dans cette crise, les bourgeois francs-maçons des cantons catholiques de Lucerne et de Soleure furent les premiers à livrer aux protestants la liberté et les droits de leurs concitoyens,
Dès le mois de septembre 1830, une réunion tenue à Soleure prenait une série de résolutions dont le but évident était d'asservir l'Église, De Soleure, le mouvement schismatique se propagea
aux autres cantons : les bourgeois de Lucerne ÿ adhérérent avec ardeur, et le résultat fut la pro- Baden (1 de Constitution civile du clergé, élaborée par des
clamation des articles de 834), espèce libres-penseurs, avec le concours de quelques malheureux prêtres
Ces fameux articles de Baden peuvent se
apostats,
résumer en trois mots : suppression de l'autorité du Pape et de la juridiction épiscopale, élection et révoci ition des curés par les comités Pi arois siaux, main-mise des laïques sur tous les biens d'église, pour en disposer à leur fantaisie et sans contrôle,
Cependant les patriciens protestants de Berne hésitaient à sanctionner ce nouveau droit canonique, que Grégoire XVT ve nait de condamner. Ce fut le canton catholique de Lucerne qui força la main au gouvernement de Berne, pour faire adopter par la diète fédérale les articles de Baden. Soumisaue/e rendum populaire, ils furent reje tés, à une écrasante majorité, par les cantons ci itholiques ; mais dans les cantons mixtes et protestants, ils furent adoptés comme loi canton: le, grâce au concours des mauvais catholiques unis
dans leur
aux protestants. On peut dire que,
l:s ouvernements
ne se sont jamais Ci tés du pro-
lutte contre la sainte Eglise, persécuteurs gramme de Baden,
De là n: aquire nt des conflits perpétuels entre l'Église et l'État. Dans le Jura bernois, le clergé tout entier protesta Contre ces malheureux arti cles. I n'eut pas de peine à prouver que, rejetés par le Pape, ils étaient schismatiques et contraires aux stipulations du traité de Vienne. Le vouvernement de Berne s'obstina, et l'évêque de Bâle, Mgr Salzman, montra une déplorable faiblesse. Vu la difficulté des circonstances, Grégoire XVI avait clerué de serment
permis au préter le
d'obéissance ExIgÉ par le mas
L'OuvVernement, sauf tout sainte Æylise » Fév que de
avec cette clause restrictivt lèse les droits de la
sa propre autorité, ordonna de prêter le serment
qui
sans conditions. Un certain nombre de bon
prêtres furent persécutés à ce sujet ; enlevé à M. C lettres de grand-vicaire, faiblesse de le
: n CIENnSs dE
apre s avoir Porrentruv, ses
eut la
curé de Mor
à la demande di
uttat, Salziman
destituer, s patri
" ‘ } | Berne, et de nommer à sa place un
administrateur agrée au pouvoir civil (1836)
Le confesseur de i, exilé par le voi
IVEFNE
ment de Berne, mourut saintement à Colmar, où
il s'était retiré, On lui fit des funérailles solennelles, que l'archevêque de Besançon voulut présider, pendant que son successeur à la cure de Porrentruy eut l'indignité de s'opposer à ce qu'un service fût célébré pour lui dans sa paroisse,
En même temps, pour étouffer les protestations du peuple catholique, le gouvernement de Berne faisait occuper le Jura par plusieurs mil
de
sortes de
liers garnisaires, qui y commirent toutes violences. Cette première persécution du Jura bernois dura six ans, de 1834 à 1840, €t se termina,
comme toujours, à la honte des per-
sécuteurs.
us les cantons d'Argovie, de Thurgovie et
e Zurich, où les protestants dominent, on profita des articles de Baden pour mettre la main sur la plus : vrande partie des biens de l'É lise. Le congrès de Vienne avait stipulé formellement le maintien des couvents alors subsistants. On ne tint aucun compte de cette clause, et de 1835 à 1845, on confisqua purement et simplement tous les biens-fonds des communautés religieuses, après avoir ch issé et sécularisé les moines. C'était un vol d'une importance de cinq à six millions. Ilest vrai qu'une part de cette fortune, le quart environ, fut attribué à l É ulise catholique pour Nas ce
comités paroissiaux laiques, en dehors de tout
ses œuvres, riche trésor, contié « à des
fut Las] nllé
contrôle des évèques et du clergé,
presqu'en entier, sans que l'Ég lise eût rien à y voir.
Ce n'était pas assez pour les radicaux suisses d'avoir sécularisé et dépouillé les antiques ab bayes qui avi üent échappé, au XVIf siècle, aux I fallait s'attaquer
idres précheurs, qui s'efforçaient,
dévastations de la Réforme.
aux avec de réveiller en Suisse la vie catholique en ettet, à
[y avait
sucet
un peu engourdie, Hs commençaient,
se multiplier d'une façon inquiétante.
des Dominicains dans le canton des Grisons, des
Capucins un peu partout, des Jésuites à Lucerne, Schwitz, à
\ubus, Évidemment un peuple libr |
à Soleure, à Fribours et dans le
pouvait supporter plus longtemps de pare ils ce
À] He maçonniques
1541, sous la pres 10 des loges
un vaste mouvement s'organisa
s tout le par: , pour réclamer l'e xpulsion de »
mar, où religieux, en particulier des Jésuites, Le Tessin,
Mais les cantons catholiques refusèrent de travaillé par les radicaux, ferma tous les couvent:
‘s solen s | s'associer à cette proscription des religieux, La de son territoire, et chassa même les Capucins
a cure de ii 1 de Thospice du Saint-Gothard, où ils rendaient ce qu'un
1 voulut constitution fédérale était pour eux, puisque, aux
termes de l'acte de médiation de 1803, chaque canton est souverain chez lui, dans les limites de l'acte constitutionnel,
tant de services aux voyageurs. Les Grisons
sde: expulsèrent de chez eux les Dominicains et les protesta- Prémontrés, Argovie proscrivit en masse tous Pour forcer la main aux cantons catholiques, sement de les fils de saint François, comme dangereux pour | des corps francs, soudoyés par la franc-maçoneurs mil- la sécurité de l'État, Thurgovie inséra dans so nerie, se soulevèrent à trois reprises, en 1844 et 1t toutes constitution un article pour interdire à tous les 1845. Il y eut des émeutes et des combats sanglants, principalement à Lucerne et dans le
Valais. Les radicaux furent battus, et pour se
rsécution citoyens du canton la profession religieuse,comme \ 1840, et Er. immorale.
: des per-
ovie et , on promain sur ‘olise. Le lement le s Op ne de 1835 à ment tous eligieuses, es, C'était k millions, , le quart ique pour nfié à des ss de tout it vaspillé t rien à y orel féssliaC®