‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 340 sur 478 · CRIS · texte numérisé non relu

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mais la ville de Malacca était comme ses avantpostes, d'où partaient chaque année de nouvelles expéditions apostoliques. Naturellement les Frères Prêcheurs ne tardèrent pas à franchir le détroit de Malacca pour aller porter l'Évangile dans les îles de la Sonde, les Moluques et les Célèbes. Ni l'insalubrité du climat, ni la barbarie des habitants, ni le martyre de plusieurs de leurs confrères ne parvinrent à décourager le zèle des apôtres de Jésus-Crrisr. En 1560, d'après les mémoires de la province de Sainte-Croix, on comptait déjà dans ces îles 18 résidences et environ 60.000 néophytes. Un vicaire-général de l'évêque de Malacca, établi à Macassar (Célèbes), dirigeait de là le travail des missionnaires, et la foi chrétienne faisait tous les jours de nouveaux progrès parmi ces populations, déjà atteintes mais non encore gangrenées par l'Islam.

Mais cette efflorescence de christianisme allait finir avec la puissance politique du Portugal, En 1602, s'était formée en Hollande la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Les cupidités commerciales s'unirent aux animosités religieuses pour ruiner la puissance du Portugal dans tout l'Extrême-Orient Après s'être emparé de Ceylan, de la côte du Malabar et de Malacca, les Hollandais se répandirent dans les îles de la Sonde, dont ils devinrent les maîtres, à l'exc.»tion d'une portion restreinte de l'ile de Tivr, qui resta seule aux Portugais. Ce fut la ruine de la mission catholique, encore au berceau : une persécution implacable s'organisa contre les catholiques ; prrtout les églises furent livrées aux flammes où :ransformées en comptoirs, les missionnaires exilés ou jetés à la mer. Ce

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478 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXMme SIÈCLE.

sera la honte éternelle du calvinisme d'avoir, pour un vil intérêt mercantile plus encore que par esprit sectaire, étouffé le christianisme dans les colonies néerlandaises, pour faire dominer à la place le paganisme, ou, comme dans les iles de la Sonde, la religion impure et antisociale de Mahomet. Ces marchands, qui, pour obtenir le droit de trafiquer seuls au Japon, acceptérent de fouler aux pieds la croix et de subir toutes les avanies, n'ont pas eu même assez de foi pour initier les peuples subjugués par eux au christianisme qu'ils professaic

à cet égard, ils sont descendus dans l'apostasie au-dessous de toutes les nations chrétiennes. On dit qu'ils ont fait longtemps, et qu'ils font encore de bonnes affaires dans les Indes néerlandaises, C'est très possible, mais un fait bien certain c'est que leur influence morale et civilisatrice est nulle sur les habitants musulmans ou païens de ces iles. S'ils venaient à disparaitre demain, il ne resterait rien d'eux pour apprendre aux générations futures qu'un peuple qui se dit chrétien a régné là pendant près de trois siècles.

C'est seulement en 1808 que deux missionnaires catholiques s'établirent dans les iles de la Sonde, après que le roi Louis, frère de Napoléon Ir, eut proclamé en Hollande la liberté religieuse. Le gouverneur de Baätavia, lui même fervent catholique, reçut avec joie les deux prêtres, dont un portait le titre de préfet apostolique. En 1842, Grégoire XVI éleva la préfecture au rang de vicariat apostolique, et depuis lors le catholicisme n'a cessé de faire des progrès dans la colonie : de zéro, le chiffre des catholiques est monté progressivement à 45.271.

Soit 1 catholique sur 722 habitants. En dehors des métis et des Hollandais fixés dans la colonie, la population catholique se recrute surtout parmi l'élément chinois, qui pullule dans ces iles ; jusqu'ici la race malaise s'est montrée à peu près réfractaire à la prédication.

Depuis longtemps l'intolérance calviniste à fait place à des sentiments de sympathie, Appréciant d'après ses résultats l'œuvre des missionnaires catholiques, le gouvernement colonial ne craint pas de les favoriser et il leur accorde une subvention annuelle, à la condition qu'ils soient tous de nationalité hollandaise, ce qui est très équitable, Il ne parait pas d'ailleurs que les ministres protestants aient jamais fait de ten-

tatives sérieuses auprès des indigènes. Même auprès de leurs compatriotes établis dans la colonie, l'influence morale des pasteurs calvinistes parait être à peu près nulle, Il est vrai, qu'à l'exemple de leurs ouailles, beaucoup ne sont plus guère chrétiens que de nom, puisque la grande majorité des ministres de l'Église établie nient carrément la divinité de Jésus- Curisr. Il en résulte que la plupart des colons hollandais sont plutôt incrédules que calvinistes ; ils reconnaissent sans difficulté que leur Église n'a plus de doctrine et que, s'ils croyaient à la nécessité d'avoir une religion, ils se feraient catholiques. Ces dispositions négatives, qui sont celles de la majorité des calvinistes hollandais, ramènent de temps en temps à l'Église romaine quelques familles, et font qu'à l'heure de la mort, surtout dans les hôpitaux, les missionnaires ont la consolation d'enregistrer chaque année des conversions de protestants.

Les pasteurs eux-mêmes, dans un rapport officiel qui vient d'être publié, ont reconnu, avec une impartialité bien digne d'éloges, cette supériorité du catholicisme dans la colonie.

Voici les passages les plus remarquables de ce rapport (1):

€ On ne peut nier que Rome ne fasse aux > Indes (néerlandaises) des progrès inquiétants. > Unis comme la phalange macédonienne, les » catholiques marchent en avant et remportent » victoire sur victoire, Comme Église, l'Église > romaine fait sur l'esprit des indigènes une » impression plus favorable que l'établissement > connu sous le nom d'Église protestante, En » dépit des circonstances difficiles, l'Église ro- > maine nous offre au moins l'image d'une Église > véritablement we. Elle r'a qu'une confession > de foi, ses prêtres ne se contredisent pas en > public, ce que l'un tient pour vérité révélée, > l'autre ne vient pas le combattre.

» Quant à son organisation, elle est bien pré-

férable à la nôtre. Le président de notre » collège supérieur ecclésiastique nous est assi- > gné par le gouvernement. Cest d'ordinaire un » conseiller d'État, À la tête des missions de > Rome, on trouve un évêque nommé par le > Saint-Siège et reconnu simplement par le > gouvernement, Cet évêque, qui a pour l'ordi-

1. Compte-rendu de la troisième Conférence de la Société des Missions protestantes, tenue 1887.

ènes. Même lis dans la steurs calvi- Il est vrai, peaucoup ne om, puisque de l'Église ‘ de Jésus- + des colons que calviulté que leur ‘ils croyaient ls se feraient ves, qui sont stes hollans à l'Église qu'à l'heure aux, les misgistrer chatestants.

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