‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 348 sur 478 · EUX € IV. — COLONIES ESPAGNOLES · texte numérisé non relu

EUX € IV. — COLONIES ESPAGNOLES

Lus heureuses que les iles de la Sonde, les

Philippines, appelées aussi {es des Larrons, à cause du penchant au vol dont firent preuve, dans les premiers temps, les indigènes, furent découvertes et civilisées pai une nation catholique qui tint à honneur de les arracher à la barbarie et au mahométisme, pour en faire un peuple chrétien et prospère, Aux derniers recensements, on comptait dans les Philippines 5.502.000 catholiques, sur une population totale

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de 5.774.947 habitants,‘ soumis à l'Espagne.

Reste donc moins de 300.000 païens, à la conversion desquels travaillent avec ardeur les grandes familles religirrises de Saint-Augustin, de Saint-Dominique, ae Saint-Fiançois et de Saint-Ignace.

€ Ce qu'il y a de plus remarquable dans cette » statistique, écrit le /Zong-Xong Catholic Re- » gister (1), c'est que, à l'exception de quelques » milliers d'Européens, ces cinq millions d'habi- » tants sont de purs indigènes, et qu'il ne se » rencontre parmi eux que quelques milliers de » métis. Quañd, à ce magnifique épanouissement » de la population des îles Philippines, nous » opposons le contraste de la décadence des » indigènes des autres iles, nous ne pouvons » nous empêcher de voir dans ce fait une dé- » monstration victorieuse de la puissance du » catholicisme pour élever et civiliser les races » les plus dégradées, car personne ne met en » doute l'état abject dans lequel se trouvaient » les habitants des Philippines, avant que les » missionnaires entreprissent de les convertir. » L'histoire nous apprend, en effet, que lorsque les Espagnols abordèrent aux Philippines, ils trouvèrent dans ces îles, comme les Portugais dans les iles de la Sonde et les Célèbes, des indigènes de race malaise, les uns, ceux qui habitaient sur les côtes, déjà corrompus par l'Islam, les autres, vivant dans les forêts de l'intérieur et livrés à tous les vices de la vie sauvage, en particulier à l'anthropophagie, € n'ayant, écrit un » vieil historien, aucune notion de la divinité, ni » temples, ni prêtres, ni culte extérieur. Leur » seule religion consistait dans quelques idées » confuses du Ciel et de l'Enfer (2).» La cruauté de ces peuplades sauvages égalait leur ignorance religieuse : € Des milliers de martyrs, nous ap- » prend Argensola, furent immolés par ces féroces barbares, et l'édifice de la foi naissante fut cimenté dans le sang des premiers fidèles. Les persécuteurs coupaient les membres, brûlaient les bras et les jambes, en laissant, par un raffinement de cruauté, les troncs intacts ; ils empalaient les femmes et leur arrachaient les entrailles ; les enfants étaient déchiquetés sous les yeux de leurs mères (3), »

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