LES ILES MALAISES DE L'OCÉANIE
et civiliser ce ‘arbares, Le résuhat ést aujourd'hui sous nos yeux. En moins de trois siècles, elle a triomphé de leur férocité et conquis, sans effusinn de sang, à l'Espagne, une colonie de plus de cing millions de sujets, qu'une poignée de soldats et un petit nombre d'administrateurs suffisent à maintenir dans le devoir, En face des Hollandais, campés en étrangers dans les iles de la Sonde abandonnées par eux à l'influence démoralisante de l'Islam; à côté des Anglais, cui n'ont su s'établir dans l'Australie et la Nou. velle-Zélande que par la destruction systématique des indigènes, ce contraste a quelque chose de consolant pour l'humanité et de bien glorieux pour le catholicisme.
Depuis longtemps, les Philippines forment une province ecclésiastique : archevêché, Manille (1570), avec quatre évêchés suffragants : Nouvelle Ségovie, Nouvelle-Carceres, Zébu (1595) et Jaro (1867). Mais il reste encore plusieurs centaines de tribus sauvages à convertir, principalement dans les diocèses de Zébu et de Jaro. Grâces à Dirv, l'évangélisation de ces derniers tenants de la barbarie avance tous les jours, et les nouveaux missionnaires sont à la hauteur de leurs devanciers. Voici ce qu'on lisait derniérement à ce sujet dans la Æevue des Deux- Modes (1) :
« Les missionnaires seuls osent s'aventurer au » milieu de ces populations féroces. Ils ont fait » le sacrifice de leur vie et, la tenant pour rien, » ils travaillent pour leur Dieu et pour leur > patrie, en amenant à la foi et à la soumission » à l'Espagne, les plus misérables et les plus > pauvres ; mais ce n'est qu'à la condition de les » dépayser et de les transplanter, Ils les déci- » dent à les suivre, les entraînent à quelques » journées de marche et fondent un Prebloe. Ces » établissements, qui rappellent les plus belles » Réductions du Paraguay, malheureusement » détruites par la haine de Pombal, se multi- » plient depuis quelques années, formant au » milieu de la barbarie qui les entoure, des » oasis de culture et de vie paisible ouvertes à > tous ceux qui viennent y chercher un abri.
» Un de ces hardis missionnaires a converti et » baptisé, en une anné:, 5.coo infdèles. »
En 1881, les Jésuites avaient, dans le diocèse de Jaro, 4 résidences, 11 paroisses et une ving-