‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 375 sur 478 · journal astalique, vol, XXXVI · texte numérisé non relu

journal astalique, vol, XXXVI

3 Cité dans les Annales de la Propagation de la For, t, VIII,

nérations rétienne, ; villages, e, malgré urd'hui à e, et les des per-

de cette faisaient, S navigaen 1820 figurer à de l'anti- | rappro-

par leurs somme ore Mele peu de nsformés trait; } a femme èche par asetle des voir vu animaux, des misécrivait est ni la ne noble Fpocrites ien une les hon- *amassé des indiéduisent

de quel dans le xploiter, mois de nommé ébarqua METÉCAd'Amé:-

res, les

oi, t, VII,

ministres avaient soulevé contre eux l'opinion par les calomnies les plus éhontées, et les avaient dépeints aux hawas comme des scélérats envoyés par le Pape et capables de tous les crimes. Les nouveaux prédicateurs furent donc très mal reçus, et l'on s’appliqua à faire le vide autour d'eux. Mais bientôt le doux et pur rayonnement de leurs vertus ramena aux prêtres catholiques l'opinion des honnêtes gens : € C'étaient des > hommes instruits, dit l'historien protestant » Reynolds(r), de manières et de conversation » agréables. Ils montraient dans toute leur con- »- duite une piété sincère. » Les naturels, attirés par leur douceur et révoltés aussi, il faut bien le dire, par l'arrogance de leurs prédicants, accoururent en foule auprès des nouveaux apôtres pour se faire instruire, Dès la fin de 1827, il y avait eu 3 baptêmes d'adultes ; il y en eut 12 en 1°+8, 118 en 1829 ; en1830, année de persécu- LU, il n'y eut que 16 baptêmes, mais, en dépit des mauvais traitements, tous les néophytes demeurèrent fidèles à leurs pères spirituels. € Ceux-ci, continue Reynolds, étaient exem- » plaires dans toute leur conduite : mais Æwrs » succès élaient trop grands ; ils reçurent l'ordre » de cesser les exercices de leur culte, et des » soldats furent envoyés pour chasser les néo- » phytes de leur église, >» Comme ces moyens violents ne réussissaient pas encore, les mission: naires furent transportés en 1831 sur les côtes de la Californie, à bord d'une petite goélette hors de service, dont le capitaine les déposa sur une plage éloignée de toute habitation, Ainsi finit le premier acte du drame.

Pour pallier un peu l'odieux de leur conduite, les ministres prétendirent que cette expulsion était exclusivement le fait des autorités du pays, et qu'elle était d'ailleurs parfaitement légale, € les prêtres papistes n'ayant jamais ni demandé, ni obtenu du gouvernement havaien l'autorisation de séjourner, » — € Mais, répond le » docteur Büschemberger, après en avoir conféré » avec Bingham, gui est ici le vrai £ouverne-

écrit de son côté : & Quelques-uns des mission- >» naires sont certainement responsable , La » bigoterie ne parait pas être le seul motif qui » les ait inspire. j'ai pour ma part de fortes >» raisons de soupçonner chez eux des vues tout » à fait temporelles. »

De 1831 à 1835, les catholiques demeurérent sans prêtres et supportèrent la persécution avec un courage invincible plutôt que de renier leur foi. Une vingtaine moururent à la suite des mauvais traitements et des travaux excessifs auxquels on les appliqua. € Nos chrétiens, écri- » vait en 1836 le P. Bachelot, sont toujours » persécutés ; mais sous les chaines, ils redou- » blent d'attachement à la foi. Après des années » de séduction et de violences de toute espèce, > on ne peut encore citer parmi eux un seul » exemple d'apostasie, Le châtiment adopté » aujourd'hui est de conduire les catholiques » enchainés aux égouts publics et de les forcer » à les nettoyer avec leurs mains (1). » C'est à cette occasion qu'Ozanam laissait échapper dans les Annales de la Propagation de la Foi ce cri éloquent d'indignation : € L'histoire mentionnera > qu'au milieu du xiX€ siècle, des hommes se » parant du titre de ministres d'une religion » civilisatrice, condamnèrent, à la face du ciel » et de la terre, des femmes chrétiennes à » ramasser chaque jour avec leurs mains les » immondices d'une garnison ! » (2)

Nous verrons pire encore; mais, en attendant, revenons aux missionnaires, justement désireux de partager les épreuves de leur troupeau. Au mois de septembre 1835, arriva, à Honolulu, le P. Walsh, Irlandais de nation, qui se mit sous la protection du consul d'Angleterre, de sorte qu'on n'osa pas l'expulser. De son côté, le P, Bachelot, préfet apostolique, qui depuis six ans travaillait à côté des Franciscains dans les missions de la Californie, résolut de faire une tentative pour rentrer dans sa mission,

Accompagné d'un relgieux irlandais, le Père Patrice Short, il débarqua aux iles Sandwich, le 17 avril

37: il fut expulsé de nouveau, le 20 mai suivant, avec le P. Short, et comme le capitaine français qui l'avait amené refusait de le reprendre à son bord, à moins que lui-même n'en fit la demande, il fut retenu, jusqu'au 2 no-

1.2, Annales d: la Propagation de la For, tom, XII, année 1840,

vembre, prisonnier dans le port, sans qu'il lui fût permis de communiquer avec la terre. À cette époque arriva, à Honolulu, le P. Maigret, qui ne put descendre à terre, et dut repartir avec le P, Bachelot. Le préfet apostolique, épuisé par les souffrances et les mauvais traitements endurés, mourut en pleine mer, le 4 décembre, entre les bras de son confrère, en pardonnant généreusement à ses inplacables ennemis.

Le P. Walsh resta seul à Honolulu, et malgré les difficultés du moment, il y eut encore de nouvelles conversions en 1838. C'était plus que ne pouvait en supporter la patience des prédicants, et la persécution redoubla de violences, sans pouvoir arracher aux victimes un acte d'apostasie. Voici ce qu'on lisait, le 29 juin 1839, dans la Gazette protestante des {les Sandwich.

€ Lundi matin, deux femmes, l'une âgée de

cinquante ans, l'autre de trente, furent trainées

devant les chefs, au palais de la régente, accusées du crime de catholicisme. Elles demeurèrent tout le jour dans la cour de la maison, où elles furent interrogées sur la foi par un petit nombre de subalternes, et, le soir venu, ordre fut donné de les mettre à la torture, jusqu'à ce qu'elles eussent renié leur croyance. Alors commença une scène de cruauté que nulle description ne saurait reproduire, et dont nous garantissons toutefois l'effroyable réalité, défiant qui que ce soit de démentir nos paroles. Conduites au fort, à cinq heures après-midi, les pauvres prisonnières furent itérativement sommées de renoncer à la religion catholique et d'embrasser la religion de

Bingham. Elles répondirent par un refus,

préférant les tourments et la mort à l'apostasie.

Alors la plus âgée des deux fut trainée sous

un arbre mort, ses bras furent attachés à l'une

des branches avec des menottes de fer, en sorte que la malheureuse était suspendue par

les poignets, l'extrémité des pieds pouvant à

peine effleurer la terre. L'autre femme fut

conduite vers la maison, dont le toit descend assez bas vers le sol ; ses bras, froissés autour d'une poutre en saillie, y furent assujettis par des menottes de fer, à une hauteur de six pieds ; dans cette position, on lui attacha les pieds avec une chaine, et la face, tournée du côté de la toiture, s'en trouvait tellement raples épines, mélées parmi Île

prochée que

chaume, la mettaient tout en sang. Pendant la nuit, une pluie violente tomba sur les deux femmes, et le lendemain, quand le soleil se leva dans tout son éclat, quand il versa du ciel ses lus vives ardeurs, ses rayons frappèrent d'aplomb sur la tête nue des patientes, dont les forces s'épuisaient au milieu des horreurs prolongées de tant de tortures. Elles furent trouvées dans cette effroyable situation par une société nombreuse de résidents étrangers qui visitèrent le fort, et qui prirent sur eux de les détacher des bois du supplice. Les mains déchirées, la tête brûlante, elles tombèrent évanouies. Leur tourment avait duré dix-huit heures, et probablement, sans l'opportune intervention des étrangers, peu d'heures après elles auraient expiré sur place. Un de ces hommes charitables, entré au fort avant les autres, et touché du triste spectacle qui s'offrait à ses yeux, avait couru en prévenir M. Bingham, dans la pensée qu'il serait assez puissant pour secourir les deux prisonnières. M. le ministre montait en voiture ; prié, au nom de l'humanité, de se rendre sur les lieux, il répliqua que sans doute ces femmes étaient punies pour quelque àutre motif, et que d'ailleurs il ne pouvait, ni ne voulait intervenir dans l'exécution des lois du pays. En disant ces paroles, il lança son cheval au trot et partit. »

C'en était trop. Ces misérables avaient fini par lasser la patience de Dieu et même celle des hommes. Dix jours après cette scène hideuse, 9 juillet 1839, le commandant Laplace, monté sur la frégate l'Artémise, se présentait, au nom de la France, pour demander raison de l'expulsion de ses nationaux et des droits violés de la conscience catholique. Bingham et ses dignes acolytes se cachèrent, n'osant défendre leur œuvre, Laissé à lui-même, le jeune roi, Kaméhaméha IV, signa un traité qui stipulait :

19 Le culte catholique est déclaré libre dans toute l'étendue du royaume, et les membres de cette religion jouiront de tou; les privilèges accordés aux protestants.

20 Un terrain sera donné à Honolulu pour la construction d'une église catholique.

39 Tous les catholiques détenus en prison pour cause de religion seront immédiatement mis en liberté,

Pendant la ir les deux le soleil se 1 versa du 1yons fraps patientes, u des horures. Elles le situation lents étranprirent sur pplice. Les elles tomavait duré uns l'oppor- 2u d'heures ice, Un de fort avant ectacle qui n prévenir serait assez risonnières,.

e;prié, au ir les lieux, nes étaient que d'ailintervenir . En disant au trot et

avaient fini ne celle des ie hideuse, lace, monté ait, au nom de l'expulviolés de la ses dignes fendre leur roi, Kamélait :

: libre dans 1embres de s privilèges

ulu pour la

prison pour nent mis en

ee DUC

4° Le roi consignera aux mains du gouvernement français une somme de 20.000 piastres (100.000 francs), comme garantie de son intention de tenir loyalement à l'avenir ses promesses.

A l'excep'"1 des prédicants américains, tous les résidents étrangers applaudirent hautement à ces mesures de réparation et de justice ; ils envoyèrent au commandant Laplace une adresse de félicitations, dans laquelle on lit : « Nous » espérons que, grâce à votre fermeté et à votre » justice, ces horribles tortures et cette révol- » tante persécution contre les droits de la » conscience disparaîtront pour toujours de ces > contrées. }

Les catholiques étaient émancipés d'un long esclavage de treize années ; le tour des protestants n'allait pas tarder à venir. En 1843, lord Georges Paulet, au nom du gouvernement britannique, exigeait l'abrogation des lois qui tyrannisaient les malheureux Hawas. Ce fut dans toutes ces îles une explosion indescriptible de joie. ( Quiconque s'est trouvé à Honolulu pendant » ces dix jours mémorables, dit un témoin ocu- » laire, n'oubliera jamais le spectacle dont il fut > témoin. Délivrés de la contrainte et débarras- » sés des lois pénales, les naturels, presque sans » exception, se sont plongés dans toutes sortes » d'excès et de crimes pour célébrer leur affran- » chissement. Ils ont montré, par leur complet » mépris de toute décence, que, s'ils ‘étaient > soumis en apparence aux idées nouvelles, ils » étaient au fond aussi dépravés et aussi vicieux » que jamais (1). » Voilà tout le fruit qu'avaient produit, en vingt-deux ans, les prédications des méthodistes !

Le catholicisme ne tarda pas à user de la liberté religieuse, conquise au prix de tant de souffrances. Du mois de juillet 1839 à la fin de l'année, il y eut 230 conversions. Le 13 mai 1840, on vit arriver aux iles Sandwich Mgr Rouchouze, vicaire apostolique de l'Océanie orientale, en compagnie du P. Maigret, l'expulsé de 1837, et de deux autres missionnaires. Conformément au traité conclu avec la France, l'évêque Lénit solennellement la première pierre d'une cathédrale catholique à Honolulu, et l'on baptisa cette année 1.097 adultes.

Après le départ de Myr Rouchouze, le P, Mai-

Page 1