‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 389 sur 478 · LE CATH · texte numérisé non relu

LE CATH

Malietoa, protestant fanatique, Les missionnaires, résolus de se tenir à l'écart des questions politiques, et comptant d'ailleurs des catholiques dans les deux partis, se tinrent toujours sur la réserve, se contentant de prêcher à tous la paix et la conciliation, attitude qui leur valut le respect et la sympathie des belligérants,

Cette guerre civile, qui dura deux ans, de 1871 à 1873, fit beaucoup de ruines dans l'archipel et compromit l'indépendance de Samoa.

Pour soutenir la lutte, les deux partis vendirent à vil prix leurs meilleures terres aux Américains et aux Allemands, afin d'acheter des fusils à aiguille et des canons perfectionnés, Pendant deux ans, les villages furent détruits, les cases incendices, les plantations dévastées, la terre demeura sans culture, Enfin la paix fut conclue, le 1€ mai 1873, sur les instances de Mgr Elloy qui fut invité par les chefs à apposer sa signa ture au traité, Mais les indigènes s'apercurent bien vite qu'en cédant aux incitations des ministres, ils avaient compromis l'indépendance de leur pays et fait le jeu des étrangers, qui sont désormais établis à demeure dans ces iles, dont ils possèdent les meilleures terres.

Les malheurs de la guerre et l'attitude conci liatrice des missionnaires catholiques ont beau coup fait à Samoa pour dissiper les préventions et ramener les esprits à la vraie Eglise, Derniè rement, quand les députés, (car Samoa jouit des splendeurs du régime représentatif) ont fait une constitution, les chefs, protestants aussi bien que catholiqi es, en remirent une copie à l'évêque, le priant de faire ses observations. Ce nouveau code, rédigé par des sauvages, pourrait servir de modèle à plus d'une de nos constitutions modernes il pre clame la liberté des consciences, sanctionne l'indissolubilité du mariage, interdit les danses obscènes, l'ivrognerie, et prescrit le repos du dimanche.

On peut donc dire qu'à Samoa le catholicisme. bien que numériquement très inférieur au protestantisme, a triomphé finalement des calomnies qui l'assaillirent au début, Mais si | esprit public, d'hostile qu'il était d'abord, lui est devenu favorable, il n'en à pas moins toujours à lutter contre la propagande des nombreux catéchistes protestants, richement payés et répandus dans les moindres villas

C'est pour contrebalancer leur influence et

répondre à un vrai besoin, qu'en 1875, Mgr Elloy ouvrit, à Vaea, près d'Apia, qu'on peut considérer comme la capitale de tout l'archipel, une école de catéchistes, qui commença avec 6 jeunes gens non mariés ét 11 ménages, et qui, après avoir fourni une centaine de catéchistes à la mission, dont 67 actuellement en exercice, compte encore 45 élèves, Après quelques années de préparation séricuse, la plupart de ces jeunes gens se marient, et la mission envoie les jeunes ménages ouvrir de nouveaux postes et préparer la voie

Mgr Elloy, de la Société de Marie, vicaire apostolique de l'Océanie centrale,

au missionnaire. Jusqu'ici la mission n'a eu qu'à se louer du dévouement et de la docilité de ces catéchistes, qui s'exilent volontairement loin de leurs familles et de leurs villages, pour aller vivre, au prix de bien des privations, au milieu de païens grossiers et de sectaires hostiles à leur foi.

On compte à Samoa environ 5,000 catholiques contre 30.000 protestants, appartenant à toutes les dénominations religieuses,

On vient d'élever à Apia une belle église

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530 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXe SIÈCLE,

cathédrale, et, malgré leur petit nombre, les catholiques, étroitement unis dans la profession d'une même foi, semblent bien désormais avoir l'avenir pour eux,

Les Tokelau. Le groupe des îles Tokelau, à 150 lieues nord-ouest de Samoa, est composé d'une centaine d'ilots, de formation madréporique, comme les Paumotous. Plusieurs de ces iles sont encore inhabitées ; les autres renferment 60, 80, 100, et les plus peuplées 150 habitants, population misérable, qui vit uniquement de la pêche et des fruits du cocotier.

En 1863, on arriver à Samoa quelques indigènes de Nukunonu, qui avaient été évangélisés en passant par un catéchiste de Wallis. Confiants en la protection de Dieu, ils s'étaient lancés en pleine mer sans boussole, et avaient fait, sur de méchants troncs d'arbres, un voyage de 350 milles pour venir chercher des prêtres et demander le baptême. La foi héroïque de ces braves gens ne fut pas trompée, Contre toute espérance, ils débarquèrent à Samoa, demeurérent quelque temps à la mission, reçurent le baptéme et furent rapatriés sur une embarcation moins primitive, avec quelques catéchistes qu'on leur envoya, faute de missionnaires, Leurs pauvres pirogues furent conservées à la mission comme un w#emento de ja foi qui leur avait fait braver tous les périls.

En 1875, les habitants d'une autre ile, qui, depuis sept ans, avaient un catéchiste, mais pas de prêtres, imitèrent cet exemple, [ls firent deux cents lieues à travers des flots inconnus, sur une méchante barque qu'une vague aurait

submeriée, pour venir à Samoa recevoir les sacrements, Grandexemple pour nos catholiques d Europe, qui ont l'église et le prêtre à leur porte, et qui, souvent, n'en usent pas !

Il était impossible de résister plus longtemps à ces pieux désirs. En 1877, un missionnaire fut envoyé aux iles Tokelau pour faire faire la première Communion aux néophytes ; depuis, la mission les fait visiter de temps en temps. Au jourd hui l'archipel est presque enticrement catholique. Lors de la visite pastorale, l'évêque constata qu'à Nukunonu, ile qui compte seulement Ko habitants, tous les enfants, sans exception, savent lire, ce qu'on n'oserait affirmer de la ville la plus civilisée d'Europe,

Situation religieuse du vicariat apostolique au 1% Janvier 1991,

Le vicariat apostolique des Navigateurs comprend l'archipel de Samoa et les iles Tokelau, - 5.250 catholiques, sur 35.000 habitants,

Personnel : x administrateur apostolique, 27 missionnaires,

1 prêtre indigène, 67 catéchistes,

12 Sœurs de ND, de l'Océanie, dont 10 indigènes ; 2 maisons,

Œuvres : 18 résidences, 52 missions, 11 églises, 22 cha pelles, 43 oratoires.

1 collège de catéchistes, Saint-Joseph de Vaéa, 47 clèves,

Le séminaire de Lano (Wallis) sert pour les deux vica. riats,

A Apia : école d'anglais, blancs et indigènes ; pensionnat de filles, 193 élèves ; 47 écoles élémentaires, 758 élèves.

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