‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 429 sur 478 · L] LE · texte numérisé non relu

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Du reste, à côté de l'Œuvre Apostolique, je pourrais citer encore un certain nombre d'œuvres accessoires et locales qui s'occupent des missions, Ïl est bien grand le nombre des bienfaiteurs des missions, qui attendent leur unique salaire de Celui qui a dit dans les Saints Livres : ( Quiconque assiste l'apôtre en qualité d'apôtre, celui-là aura un jour la récompense de l'apôtre. }

C'est ainsi que le Séminaire des Missions Etrangères de Paris a une œuvre dite des Partants, œuvre érigée canoniquement dans la chapelle du Séminaire, par ordonnance de Mgr le cardinal-archevêque de Paris, en date du 16 janvier 1886. L'Œuvre des Partants a pour fin de fournir, par des cotisations annuelles de 5 fr., ou des souscriptions perpétuelles de 100 fr. la chapelle, le vestiaire, le linge de corps, etc, et de payer le voyage des jeunes missiornaires qui sont envoyés, chaque année, dans les missions de la Société, ce qui, pour une moyenne annuelle de 50 départs,représente une dépense d'au moins 150.000 fr.,en comptant seulement 3.000 fr. pour ces trois objets : chapelle, vestiaire et voyage,

Puis il y a, dans les ports où s'embarquent, jusqu'au bateau, les apôtres du CHRIST, des hôtelleries bénies, où, comme autrefois JÉSUS à Béthanie, l'homme apostolique est accueilli avec les délicatesses de la charité chrétienne. À Marseille, en particulier, devenue, depuis l'ouverture du canal de Suez, le grand port d'embarquement des missionnaires, plusieurs familles chrétiennes se font un honneur de recevoir, avec la plus respectueuse sympathie, les missionnaires de passage. Qu'il me soit permis ici d'envoyer un souvenir attendri aux quatre frères Germain, qui, tant qu'ils vécurent, nous ont accueillis, logés et fêtés, avec une si cordiale charité. A leur entrée dans l'éternité, je m'assure que le bon Maître n'aura pas manqué de payer notre dette, et de réserver, dans ses Tabernacles éternels, une place d'honneur à ceux qui l'avaient si souvent reçu sur la terre, dans la personne de ses apôtres,

Telles sont, dans leur ensemble, les œuvres que DIEU, dans sa paternelle providence, a suscitées, au cours du xIxe siècle, pour le soutien des missions, Cela fait un total annuel d'environ dix millions de francs, le sixième seulement du budget de l'apostolat protestant. Cette somme représente bien des sacrifices, bien des dévouements héroïques, et pourtant elle est isuffisante, car, partagée entre 300 missions, cela donne en moyenne 30.000 fr, par mission, et, répartie entre plus de 4.000 ouvriers apostoliques, cela fait moins de 750 fr. pour chaque missionnaire et ses œuvres. Pour être adéquat aux besoins, le budget de l'Apostolat devrait être doublé, et s'élever à ringt millions chaque année,

Heureusement, si l'homme apostolique est pauvre et dénué de tout, à l'exemple de son divin Maitre, il a pour lui, ce‘que n'ont pas les ministres de l'erreur, la bénédiction de DIEU et la grâce du dévouement. C'est ce qui lui permet, non seulement de lutter, à armes inégales, mais encote de l'emporter incontestablement sur tous ses rivaux,

Ce mystère de la fécondité merveilleuse des œuvres catholiques, rapproché de la stérilité des riches budgets de l’hérésie, me rappelle une des pages les plus touchantes de l'Evangile.

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LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXmw SIÈCLE.

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C'était au soir d'une de ces chauds journées d'Orient, pendant lesquelles les foules, accourues de toutes parts, s'étaient pressées sur les pas du Sauveur pour entendre la Bonne Nouvelle, On était en plein désert, loin de toute habitation; et le peuple, oublieux de ses intérêts matériels, n'avait rien pour se sustenter, Mais le bon Maitre y pensait pour eux. Après avoir nourri leur âme du pain de la vérité, il s'apprétait à pourvoir aux besoins de leur corps. Il'appela ses disciples, et, pour éprouver leur foi, il leur demanda : { Où achèteronsnous de quoi nourrir cette multitude ? » — € Ah! Seigneur, répondirent les apôtres, il y faudrait au moins deux cents deniers, pour que chacun puisse recevoir seulement un petit morceau de pain. » Mais JÉSUS, satisfait d'avoir constaté leur impuissance absolue, leur demanda en souriant : € Quot panes habetis ? Combien avez-vous de pains ? » — € Seigneur, répondit un des apôtres, il y a ici cinq pains d'orge et deux petits poissons; mais qu'est-ce que cela pour une pareille multitude? Quid hec inter tantos ? »ÿ—« Faites-les asseoir, } dit le Maître, Or, il se trouva là six mille hommes qui s'assirent sur l'herbe, pour prendre part au festin, Et JÉSUS, bénissant les pains, les rompit et les partagea entre tous; et, dans ses mains bénies, le pain se multipliait, et ily en eut assez pour rassasier la faim de chacun. Quand tous eurent mangé, le Maître commanda de ramasser les restes, et on en rempiit sept corbeilles, Et le peuple, voyant le miracle que JÉSUS avait fait, se mit à l'acclamer, et il voulait le faire roi,

Cette grande scène évangélique se renouvelle tous les jours dans les missions, À l'exemple de leur Maître, les apôtres de la Loi nouvelle ont groupé autour d'eux des multitudes, qui se pressent pour écouter la prédication évangélique, Mais il y a, dans cette œuvre des missions, bien des besoins matériels À satisfaire : il faut

ourvoir à la nourriture des ouvriers apostoliques; il aut élever des temples à la célébration du culte, ouvrir des écoles à l'instruction des enfants: il faut fonder et entretenir des milliers d'œuvres d’apostolat et de charité, Bien des fois, les missionnaires se demandent avec anxiété, comme les apôtres : Où trouverons-nous les missionnaires qui seraient nécessaires à tant de fondations? Mais le Maître sait bien ce qu'il fait, serebat enim quid factebat, W\ veut triomphet par la pauvreté, et laisse à l'erreur ses millions. Il veut que les hommes apostoliques s'habituent à attendre tout de lui et à se confier en sa providence, Il prend en main les faibles ressources de l'Apostolat catholique, les bénit, les multiplie par sa grâce, et finalement chacun se trouve avoir assez; et s’il n'y a pas de restes, c'est que le miracle de la veille se renouvellera demain, et jusqu’à la fin des temps. En quittant tout pour DIEU, l'homme apostoique est assuré de ne jamais manquer du nécessaire, { Quand je vous ai envoyés par le monde sans argent, sans provisions, vous a-t-il manqué quelque chose ? » —. € Non, Seigneur, rien ne nous a jamais manqué, »

Telle fut la réponse des apôtres, et telle est encore aujourd’hui la réponse de tous les vrais missionnaires.

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