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pouvoir tyrannique, le fidèle, à l'exemple des premiers chrétiens, n'a qu'un droit, il doit mourir, s'il le faut, plutôt que de trahir sa conscience, Cette résistance passive du martyre a toujours fini par triompher, même en ce monde, C'est par là, non par l'insurrection et la guerre civile, que la Pologne méritera, si elle est fidèle, de ressusciter un jour, et de redevenir, comme elle le fut dans le passé, une grande nation catholique.
Mais en même temps qu'il s'efforçait de calmer les esprits et de rappeler à tous les principes invariables de l'Éylise Catholique, le Père commun des fidèles s'adressait au Czar, pour lui suggérer des sentiments d'équité et de modération en faveur de la malheureuse nation polonaise, Dans une lettre confidentielle, qui ne fut publiée que dix ans plus tard, il remontait franchement à la cause du mal, et signalait toutes les iniquités dont les catholiques étaient victimes en Pologne. É'1 voici le résumé :
1° La défense faite aux évêques, aux prêtres et aux simples fidèles de communiquer avec le Saint-Siège, ce qui met le Pape dans l'impossibilité de remplir les devoirs de son divin magistère, et d'exercer sur les fidèles de ce pays l'influence pacificatrice qui préviendrait les crises révolutionnaires.
2° La trop grande étendue des diocèses, ce qui rend illusoire la surveillance des évêques, et paralyse tous les efforts de leur zèle,
3° L'immixtion du pouvoir civil dans l'administration épiscopals, ce qui réduit les évèques au rôle de simples fonctionnaires du gouvernement.
4° La spoliation des biens des églises, la suppression de nombreux bénéfices et monastères, sans s'être entendu avec le Pape, qui seul peut autoriser l’aliénation des biens ecclésiastiques.
5° L'enseignement des séminaires soustrait aux ordinaires, pour être confié à des professeurs mauvais catholiques, quelquefois même à des schismatiques et à des protestants,
6° Le peu de zèle de plusieurs évêques, ce qui vient des mauvais choix faits par l’empereur, choix que Rome se voit trop souvent forcée d'accepter, pour éviter de plus grands maux à l'Église,
7° Le bouleversement des ordres religieux, par suite des règlements civils, qui soustraient les moines à leurs légitimes supérieurs.
8° La facilité avec laquelle depuis longtemps, en Russie et en Pologne, on prononce, dans les causes matrimoniales, la nullité du précédent mariage, ce qui n’est le plus souvent qu'un divorce déguisé.
Pour remédier efficacement à tant d'abus et obtenir l'apaisement des esprits, soulevés par des injustices si criantes, le Vicaire de Jésus- Curisr demandait l'abandon des mesures de
persécution prises contre les catholiques et l'établissement, à Saint-Pétersbourg, d'une nonciature apostolique.
Voici comment le Czar répondit aux généreux efforts de Grégoire XVT pour calmer les esprits, et aux légitimes revendications du Souverain Pontife :
Un ukase de 1832 ordonne d'élever dans le schisme, même contre la volonté des parents, tous les enfants nés ou à naitre des mariages mixtes,
La même année, un autre ukase défend aux catholiques des deux rites d'assister au service divin et d'y recevoir les sacrements dans les églises les uns des autres,
En 1833, le gouvernement fait fermer tous les collèges et séminaires du Rit Uni, supprime l'université Ruthène de Polosck, et force les jeunes clercs à aller faire leurs études au séminaire schismatique de Saint-Pétersbourg.
En 1834, le consistoire de l'Église Ruthène- Unie est supprimé, et remplacé par une commission ecclésiastique, incorporée au Saint-Synode, dont elle farme seulement une section, Un misérable, Joseph Siémasko, suffragant de Wilna, est placé à la tête de cette commission : on lui donne pour assesseur un ancien provincial des Basiliens, déjà passé au schisme depuis plusieurs années. Dès lors tout se prépare pour amener à bref délai ladéfection entièrede l'Église Rathène- Unie.
Des émissaires de Siémasko s'en vont de presbytère en presbytère, colportant des actes d'adhésion au schisme, Les signataires sont sûrs d'avoir les faveurs de l'évêque, les récalcitrants sont enfermés dans des monastères ou déportés au Join. Cinquante-quatre prêtres adressent à Siémasko une protestation contre les agissements schismatiques ; ils sont immédiatement exilés au fond de la Sibérie, Dans leur nombre, était le propre père de l'évêque, vieillard de quatre-vingts ans, Par grâce spéciale, son fils le fit enfermer jusqu'à la mort dans un monastère.
[ne faut pas oublier que la plupart des prêtres du rite Ruthène-Uni sont mariés. C'est ce qui rendait plus atroce la situation de ces malheureux, ét qui montre bien la nécessité du célibat ecclésiastique, S'exposer à l'exil ou à la mort, c'est facile quand il ne s'agit que de soi; mais songer, en partant pour la Sibérie, qu'on laisse
derrière soi une femme, des enfants dans la misère, voilà qui demande un Courage surhumain, Beaucoup de ces malheureux prêtres Ruthènes, placés entre l'apostasie et le malheur de leur famille, souscrivirent au schisme en gémissant. L'évêque de Polosck, Lasinski, employa des procédés plus doux : il invita ses prêtres à diner, les enivra, et, dans cet ét
at, leur fit signer l'acte d'adhésion au schisme
: le lendemain, tous ceux qui réclamérent furent jetés en prison ou déportés au loin. Le tour était joué.
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Par ces procédés, en trois ans, de 1834 à 1837, 886 églises furent enlevées aux Caholiques et
qui ne s'accorde guère qu'aux princes de Sang ; en même temps, l'évêque Siémasko lui offrait, de la part de Nicolas, la première place dans l'Église Russe, le siège métropolitain de Moscou. Jusque-là, Mgr Bulack avait laissé faire ses suffragants, soit qu'il crût impossible d'empêcher la propagande schismatique, soit qu'affaibli par l'âge, il eût manqué de courage et de zèle : mais à ce dernier outrage, à la proposition de trafiquer de son honneur épiscopal, le vieillard se redressa indigné, et répondit : & Sortez : vous outragez Dieu et votre conscience, »
La nuit suivante, à minuit, le ministre de l'In-
térieur forçait la porte de l'archevêque et le som-
Wilna.
| Souscrit par ses trois suffragants. Le |
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| livrées au schisme, malgré les protestations des | paroissiens, Aussi l'empereur daigna écrire de sa main aux deux prélats, pour les remercier de leur zèle et les féliciter de leurs succès,
Afin de mériter de plus en plus les éloges du Czar, les deux Judas s'associèrent un troisième complice, l'évêque de Brest-Litowski, Ils s'assemblèrent à Polosck, au mois de septembre 1838, pour signer l'acte d'adhésion au schisme. Mais pour entrainer toute l'Eglise Ruthène, il fallait le consentement du métropolitain, Mgr Bulack. Dans l'intention de le séduire, l'empe-
reur lui envoya la décoration de Saint-André,
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mait de signer l'acte d'adhésion au schisme, déjà vénérable vieillard lui sépondit : « Excellence, aucune force humaine ne m'amènera à signer cet acte, et si d'autres évêques le signent et que le gouvernement le publie, je publierai aussitôt ma protestation, »
À sa grande surprise, le gouvernement moscovite rencontrait enfin un évêque, sur un de ces sièges épiscopaux qu'il croyait faits uniquement à la taille des valets ; devant cette courageuse opposition, il s'arrêta, Siémasko voulait qu'on déportt le métropolitain rebelle en Sibérie; l'empereur Nicolas trouva plus habile et