‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 5 sur 478 · DE PARIS · texte numérisé non relu

DE PARIS

leris, le 26 novembre 1894.

CHER MonsIEUR L'ABBÉ,

Je vous remercie des fascicules du grand ouvrage que vous avez bien voulu m'adresser. Fe suis heureux d'encourager un travail aussi important dans lequel vous avez exposé avec exactitude les résultats ae l'Apostolat au XIX® siècle. Je ne purs donc que bénir votre œuvre et en souhaîter La diffusion.

l'euillez agréer, cher Monsieur l'A bbé, l'assurance we mon affectueux dévouement.

Ÿ Fr., Card, RICHARD, Ârchevêque de Paris.

ÉVÊÈCHÉ DE RODEZ ET DE VABRES

Rodez, le 19 décembre 1894.

Cier Monsteur L'ABRÉ,

C'est vraiment un bien beau livre que vient d'écrire M. l'abbé Louvet sur l'état des Missions catholiques, depuis le commencement du NX IXme siècle jusqu'à nos jours. Au point de vue ecclésinsligue, c'est l'histoire complète des conquêtes de l'Eglise, de ses travaux, de ses luttes, et de ses incomparables dévouements.

Au point de vue social, c'est le récit de tout ce qu'a fait la même Église catholique, pour répandre la civilisation parmi les innombrables Peuples que sa charité a pu atteindre, et le tableau de toutes les épreuves qu'elle à dû subir, pour résister aux passions de l'hérésie, aux persécutions des sectes ennemies de Dieu et de son Christ, et enfin à la barbarie des Peuplades sauvages, qui, à peu près partout où ces missionnaires ont mis Les Pieds, ont violemment contrarié son action.

Ce grand ouvrage n'est donc pas seulement écrit pour l'édification des âmes Pieuses et dévouées à la sainte cause de l'Église, mais aussi pour l'instruction de tous ceux qui désireraient connaître l'histoire universelle de notre Lemps,

les diverses religions qui se partagent le globe, les mœurs el les coutumes des peuples actuels qui l'habitent, l'ethnographie générale de ce sidcle, et la géographie civile et physique des divers continents qui composent nolre mappemonde.

Je suis donc persuadé que ce vaste travail, qui est le résumé de connaissances variées et d'études faites sur place, aura le plus grand succès : d'autant plus qu'en sus de ce qu'a d'attachant par sa variété même cette série de tableaux et de récits, l'exécution typographique lui donne un attrait nouveau. Les illustrations, les gravures, la reproduction des sites naturels les plus curieux on des monuments les plus renommés des divers pays, dont l'auteur à orné ces pages déjà si intéressantes par elles-mêmes, relèvent encore l'intérêt et donnent à sox œuvre un charme particulier qui s'ajoute à toutes les autres attractions.

Ce sexa un excellent livre de prix à offrir aux enfants el aux jeunes gens désireix de S'instruire tout en s'intéressant, el un volume à mettre sur la table des salons, où il figurera beaucoup plus avantageusement que ne peuvent le faire les frivolités, hélas ! et Les dangereuses inconvenances que l'on y voit trop souvent.

Veillez agréer, cher Monsieur l'Abbé, tous mes sentiments dévoué en Notre-Seigneur.

ARCHEVÊCHÉ d'AIX, d'ARLES £Tr d'EMBRUN,

Aix, le 10 décembre 1894.

MON BIEN CHER AMi,

Je suis très heureux de vous reme.cier de votre magnifique envoi : les Missions catholiques au xIXe siècle,

Avant de vous répondre, j'ai voulu parcourir cé superbe volume, qui nous fait admirer les con. quêtes de l'Eglise catholique et le courage de nos incomparaëbles missionnaires dans le monde entier.

Rien de plus édifiant,rien de plus encourageant, rien de plus fortifiant pour notre foi. Nous seuls nous possédons la vérité totale, nous seuls nous savons évangéliser et civiliser, parce que touts civilisation vrate repose sur l'Evangile, qui est le sel et la lumière de la terre.

Ce oeau livre démontre, entre mille, que c'est bien à nous, à nos prêtres, à nos apôtres qu'il a été dit : Ite, docete omnes gentes. Vos mission. naires n'ont jamais cessé el ne cesseront jamais d'aller e{ d'enseigner, ef i/en sera ainsi jusqu'à la fin des temps.

Wes plus vives félicitations à l'auteur de cette grande œuvre, M. Louvet, œuvre si utile, si bien ordonnée, el si ren. -’quable par son exécution lypographique avec ses nombreuses illustrations, qué nous font ainsi connaître et quelquefois recu »naître les personnages, les monuments ét les lieux.

Zout votre in Christo. +. XAVIER, Archevêque d'Aix,

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SEP BATIONS,

Lettre de Mgr PERRAUD, die d’ ho membre de l'Académie française,

Autun, le 12 décembre 1894.

Comment ne point applaudir à l'idée d'avoir groupé dans un seul volume les progrès accomplis depuis le commencement du siècle par les Missions catholiques ?

Rien n'est plus propre à donner une juste idée de la féconde activité de l'Église. On la voit à l'œuvre dans toutes les parties du monde, réalisant à la lettre le mandat qu'elle a reçu de son divin Fondateur : € Prêchez l'Évangile à toutes » Les créatures humaines, baptisez-les au nom » du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; enser- » gnez-leur à observer tout ce que je vous ai révélé » el commandé. }

Oui, sous toutes les latitudes ; et dans les états de société les plus différents; depuis l'Océanie sauvage et la très libre Amérique, jusqu'aux immenses contrées qui subissent encore le lourd et morne despolisme des souverains de la Chine et de la Corée ; en dépit des révolutions et des guerres qui, trop souvent, au sein de notre vieille Europe, ont agité, divisé, affaibli les peuples chrétiens, l'É ‘olise a poursuivi sans relâche l'évangélisation des nations tnfidèles. Elle y travaille sous Les glaces du pôle arctique comme dans ces vastes régions de &' Afrique équatoriale, où les ardeurs du soleil n'empéchent pas les messagers d'aller porter la bonne nouvelle.

Pour suffire à ce labeur, qui va grandissant chaque jour, elle forme partout, mais particulièrement dans notre France bien-atmée, des apôtres au cœur ardent, au dévouement infatigable. Comme ces (anges rapides » dont parle Isaïe, elle les envoie à ces races infortunées,quine connaissent pas encore Jésus-Christ, et n'ont trop souvent sur Dieu que les idées Les plus grossières et les plus erronées.

Dire adieu à la famille, quitter la patrie, faire bon marché de sa santé et de son repos, se tenir loujours prêt à couronner toutes ces immolations par d'effusion de son sang, st l'honneur de la Foi réclame ce témoignage : tel de magnifi que spectacle que ne cesse nt de nous donner ces jeunes hommes qu? s'enrélent chaque année, avec un st généreux empressement, dans l'apostolat mili. tant des Missions étrangères.

Déjà, bon nombre d'entre eux ont vu se réaliser de vœu sublime qu'ils avaient porté au pied des saints autels, le jour où ils avaient pris congé de leurs parents, de leurs maîtres, de leurs condisciples, de leurs amis. 115 ont cueilli la palme du martyre.

Les autres, dans des conditions moins éclalantes, mais peut-£lre aussi méritoires, pratiquent cette € mort quotidienne » de la patience et du renoncement que saint Paul s'estimait heureux de souffrer, el qui rend leur prédication st efficace

en faisant des continuels sacrifices de l'apôtre le commentaire le pius persuasif de sa parole.

Sur ceux qui meurent prématurément dans la violence des tourments, ou dans les consomplions de la fatigue, comme sur ceux qui conbinuent à travailler et à se dévouer, Dieu à répandu des grâces les plus abondantes.

L'Évangile aura fait en ce siècle d'immenses conquêtes. Ce beau livre les expose et les rend, pour ainsi dire, sensibles, à l'aide des statistiques sommaires qui meltent en regard, pour chaque Mission, les chiffres comparatifs de ses évêques, de ses prêtres et de ses fidèles en 1800 et en 1890.

Si ces résultats sont de nature à encourager tous ceux qui, de leurs prières ou de leurs auménes, s'efforcent d'avoir part aux travaux et aux mériles des missionnaires, tls sont également bien propres à fortifier notre foi et à nous rassurér contre les menaces des ennemis du christianisme. Ils voudraient faire croire que l'heure de leur triomphe est prochaine et que leur positivisme athée sera bientôt devenu le maître du monde.

Pendant ce temps, les phalanges apostoliques deviennent plus nombreuses ; de nouveaux espaces s'ouvrent devant les pas de ces hommes pacifiques et intre ‘pides qua, fidèles à la tactique des premiers apôtres de L Evangile, donnent ce qu'ils ont et se donnent eux-mêmes pour la rédemption des âmes. Ils sèment aans la sueur et dans le sang ; les moissons grandissent et mrissent. Ces jours derniers encore, les fils spirituels du Cardinal Lavigerie, les héroïques Pères Blancs, nous criaient de là-bas, des bords des grands lacs africains, qu'ils ne suffisent pas à instruire et à bapliser ces catéchumènes de la race nègre, chez desquels nous voyons s'épanoutr et Jructifier des vertus comparables à celles de la primitive Église. Chaque année le Vicaire de ÿésus-Christ fonde de nouveaux centres de missions, el sa parole ardente porte à ces chrélientés, nées d'hier, ses encouragements el ses bénédictions.

Tout donc, dans ce beau livre, nous rappelle que nous devons étre & Les fils de la bonne espérance, » cl que st nous, des aînés de la famille, nous le voulons énergiquement et persévéramment, et st nous avons le courage de pratiquer les sacrifices nécessaires, nous avancerons l'heure tant désirée où tl n'y aura sur notre globe & qu'un seul trou- » peau el un seul pasteur. »

Je remercie pour ma part l'humble et zélé serviteur de l'Evangile qui, de la Cochinchin ci dl se dépense depuis vingt el un ans, nous envote cet important travail, et je demande à Notre- Seigneur de lui en donner la récompense.

ADOLPHE-LOUIS, Evêque d'Autun, Chälon et Mâcon

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(CE livre, écrivait Montaigne, à propos de ses Essais, est un livre de bonne foy.» <> J'ai bien envie de prendre pour moi cette devise, et de imposer comme épigraphie à ce travail. Bien que j'écrive sur un sujet qui me tient au cœur, et que je traite d'une œuvre à laquelle j'ai consacré le meilleur de ma vie, j'ai la certitude de ne Das m'étre dcarté de la plus rigoureuse impartialité. L'Église et les œuvres de! ‘Église sont comme les Papes, au sujet desquels l'illustre de Maistre a dit gu'ils n'ont besoin que de la vérité.

Malheureusement, entre l'Église et la vérité, vient s'interposer trop souvent le nuage des passions humaines. On à, à ce sujet, dans le monde, d ‘étranges idées et des prétenlions légèrement exorbitantes. Qu'un catholique expose, avec convenance et modération, ce qui se fait de bien dans son Église, aussitôt il verra s'élever contre lui les défiances < de l'incrédulité. C'est bien pis encore si ce catholique est un prêtre, et si, comme j'ai l'intention de le faire ici, il cherche à faire connaître aux indifférents l'œuvre à laquelle il s'est dévoué; on n'a pas assez d'anathèmes Pour le renvoyer au fond de sa sacristie. Un vieux missionnaire qui prétend nous Parler des missions ! comprenezvous cette audace ? Sans doute, il aura quelque chance de connaître le suget dont il traite; mais l'impartialité, Messieurs, L ‘impartialité! Est-ce qu'un missionnaire, un clérical, Peut avoir un jugement désintéressé ? Est-ce que ce Prêtre n'est pas nécessairement un avocat qui plaide dans sa propre cause ? Oh! parlez-moi d'un libre-penseur qui a fait, en quelques semaines, son tour de Chine, du Fapon et d'Amérique, qui a tout vu, tout jugé, tout compris, du Dont de son navire, on de la véranda de son hôtel. l’oilà le guide sûr, grave, éclairé, impartial surtout, quand il s'agit de juger les œuvres de l'Église. M. Renan a découvert, il y a quelque vingt ans, que, pour écrire avec compé- Lence l'histoire d'une religion, il est nécessaire : primo, d'y avoir cru, secundo, de n'y Plus croire. À qui veut juger avec équité les œuvres catholiques, il est donc de la der- Hière importance de porter au front le signe de ! apostasie ; et c'est aux libres-penseurs seuls, renégats de leur baptéme et de leur Première communion, qu'il convient de se fier, quand on veut étre impartialement renseigné sur tout ce qui concerne les cléricaux ef À leurs œuvres !

inst raisonne le monde; ainsi du moins il agit dans la pratique. Pour moi, je le déclare bien haut, je proteste, avec toute l'indignation de ma conscience d'honnéte homme, contre de pareilles conclusions. Str ces questions d'honneur et d'impartialité,

J'ai la prétention de ne recevoir de leçon de Personne, encore moins de nos libres-penseurs

que des autres. Quoique prêtre, je pense avoir le droit d'étre cru aussi bien qu'un voyageur laïque, surtout quand j'ai pris soin de apporter que des chiffres sérieux. Je

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