‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 6 sur 478 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

n'accepte pas, pour ma part, de me renfermer dans ma sacrislie; je suis citoyen français, et j'en réclame tous les droits, au méme titre que saint Paul se réclamait de son privilège de citoyen romain. J'aime mon Pays comme les autres, plus que beaucoup d'autres peut-être; j'ai donc le droit, comme Français et comme prêtre, de parler d'une œuvre qui sera, dans ce siècle, la gloire de l'Éylise, et Plus particulièrement l'honneur de la France catholique.

Je ne prétends pas d'ailleurs étre cru sur Parole : je n'avancerai rien que je n'aie trouvé dans les recueils officiels, les Annales de la Propagation de la Foi et celles de la Sainte-Enfance, le Bulletin des Écoles d ‘Orient, les Missions Catholiques, /es /ettres et rapports des missionnaires, tous ces vénérables documents qui nous apprennent, jour Par jour, les travaux, les souffrances et les victoires de ‘apostolat. On aurait mauvaise grâce vraiment à rejeter dédaignensement de Pareils témoignages, dont plusieurs nous sont parvenus scellés du sang des martyrs. Selon le mot de Pascal, « on doit croire des lémoins qui se font égorger. »

Du reste, chaque fois que je l'ai pu, j'ai corroboré ce témoignage des vénérables con- Jfesseurs du Christ par d'autres témoignages strictement laïques, empruntés le Plus souvent à des écrivains protestants.

Quant à la partie statistique de mon travail, J'ai eu recours, chaque fois que cela na été possible, aux statistiques officielles ; là où les chiffres officiels m'ont fait défaut, ia bien fallu m'en tenir à ceux qui sont fournis par les missionnaires ; enfin, quand je n'ai pu trouver de chiffres précis, j'ai en soin d indiquer par un à peu près, suivi d'un Doint d'interrogation, celui qui m'a Paru approcher le plus de La vérité.

Dans un travail comme celui-ci, qui embrasse la totaiité des missions du globe, il est bien difficile qu'il ne se soit glissé aucune erreur, surtout pour les chiffres. À trois mille lieues de toute bibliothèque, il n'est Las toujours commode de se renseigner exaclement. Je serais très sincèrement reconnaissant aux Personnes qui voudraient bien Prendre la peine de me les signaler.

Je me Suis proposé, en écrivant ce livre, un triple but :

2° Répondre à certains préjugés qui, grâce aux jugements précipités de voyageurs malveillants, se sont répandus dans le monde, méme dans le monde religieux, au sujet des missions catholiques ; préjugés qu'on a vus se manifester de temps en Lemps dans les Journaux, el méme à la tribune des représentants du pays ;

2 Montrer par des chiffres. aux nombreux catholiques qui s'imposent tant de sacri- Jices pour soutenir l'œuvre des missions, que leur dévouement a été béni de Dien ct à porté des fruits au centuple ;

3° Prouver par des faits authentiques, à ceux qui prophétisent chaque jour la mort du catholicisme, que jamaïs peut-être, depuis les temps apostoliques, l'Église du Christ N'a te plus féconde que de nos jours.

Puisse Notre-Seigneur bénir ce travail, et me J'aire la grâce d'éclairer les esprits droits el les cœurs de bonne volonté!

E. LOUVET, Missionnaire apostolique.

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A terre, avec tous les peuples qui la couvrent, est l'héritage imprescriptible du Fils de Drev.

C'est à lui qu'il a été dit : Je te donnerai les nations pour héritage, Zi dabo gentes hereditatem tuam (Ps. IT, 8). Les oracles des prophètes à ce sujet sont innombrables, et la tradition des juifs s'unit à celle des chrétiens pour attester que le Roi Messie doit régner un jour sur tout l'univers.

C'est pourquoi, quand le Fils de Dirt parut en ce monde, il fit une chose nouvelle, et que personne, avant lui, n'avait osé tenter. Jusque-là, chaque peuple, chaque ville avait ses dieux locaux, indigènes, particuliers : la religion était affaire de municipe, si l'on peut parler ainsi, Jésus, le premier, voulut fonder une religion qui s'étendit à tous les lieux et à tous les temps ; le

premier, il osa dire à ses apôtres, en les envoyant à la conquête religieuse du monde : « Allez, enseignez toutes les nations » (Matth, xxvrrt, 10). Et l'œuvre des Missions Catholiques naquit dans le Cénacle, au lendemain du Calvaire, pour de là se répandre par tout le monde et le convertir à la foi du Crrisr,

Aussi, dès le premier siècle, nous voyons se dessiner les linéaments de l'œuvre apostolique, Les apôtres sont tous missionnaires, puisqu'ils sont chargés d'aller porter jusqu'aux extrémités du monde la bonne nouvelle du salut. Néanmoins, la plupart d'entre eux représentent surtout l'élément hiérarchique : Pierre, leur chef. a son siège à Antioche, puis à Rome : Jacques est le premier évêque de Jérusalem : Jean est comme le patriarche des sept Églises de l'Asie-Mineure,.

Missions Catholiques,

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