‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 99 sur 478 · UNI · texte numérisé non relu

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RIT MARONITE, be ne

VE toutes les communautés catholiques de l'Orient, les Maronites forment la plus nombreuse agglomération, et aussi la plus fervente, celle où l'esprit catholique est le plus vivant, où le particularisme et le laicisme, qui sont le fléau des Églises orientales, ont le moins | de force, Seule de toutes les populations levantines, la nation maronite ne s'est jamais laissé entrainer au schisme ni à l'hérésie.

Lorsqu'on songe à la situation de ce petit peuple entouré de mahométans, d'idolâtres fanatiques (les Druses), de schismatiques, d'hérétiques de | toutes nuances, l'esprit est frappé d'admiration et le cœur se dilate à la vue de cette population tout entière catholique, dont jamais le schisme n'a troublé l'unité, dont l'hérésie n'a jamais corrompu la foi, et dont la simplicité rappelle les chrétiens de la primitive Église, C'est pourquoi je m'arrêterai un instant à résumer son histoire, | trop peu connue en Occident,

| Les Maronites tirent leur nom de deux célèbres

religieux, morts tous deux en odeur de sainteté, le premier en l'an 433, et le second en 707. Le culte des deux saints Maron a été reconnu et autorisé par l'Église romaine, et le second, Jean Maron, successivement moine antonin, évêque de Batroun, patriarche d'Antioche et légat du pape Sergius, peut être considéré, à bon droit, comme le créateur de la nation maronite.

Toujours dociles et soumis aux différents maitres de leur pays, Empereurs grecs de Byzance, Califes de Syrie, Sultans des Tures, les Marorites ne prirent jamais les «rmes que pour la défense de leur nationalité et de leur foi, Mais, sur ces deux points, ils furent intraitables. À plusieurs reprises ils eurent à lutter contre les Empereurs de Constantinople, qui voulaient leur imposer l'hérésie et le schisme ; mais ils déjouèrent toutes leurs ruses et leur infligèrent plus d'une fois de sanglantes défaites,

À l'époque des Croisades, 40.000 Maronites combattirent dans les rangs des Francs pour la délivrance des Saints Lieux, Ce fut l'âge héroïque de la nation maronite. Sous la protection des Croisés, ils s'établirent dans toute la Syrie, à Chypre et jusqu'en Égypte. Le nombre

des Maronites s'élevait dès lors à plus de 200.000,

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C'est pourtant à cette époque que leur foi se trouva exposée au plus grand danger qu'elle ait jamais couru, Circonvenus de tout côté par leurs voisins hérétiques, Jacobites, Euts Monophysites, quelques membres d

et le patriarche lui-même se laiss 1 dui'e et professèrent le Monothélisme, Ce °° ‘un moment d'oubli dans l'histoire relie de ce peuple, car l'erreur ne dura que de 1175. 32, et encore elle fut rejetée avec horreur par la grande majorité de la nation, Le patcreche

prévaricateur fut déposé, et l'on élut à sa place un catholique, qui fut massacré à son tour par les hérétiques. Les circonstances étaient graves : le roi de Jérusalem envoya Aimeri, patriarche latin d'Antioche, au secours de ce petit peuple qui voulait rester catholique. Aimeri se rendit en 1182 dans la ville de Tripoli, procéda à une enquête solennelle sur le meurtre du patriarche, et fit rentrer les dissidents dans le devoir,

Ce fait, mal interprété, donna lieu à l'erreur de Guillaume de Tyr, qui raconte que, par les soins d'Aimeri, la nation entière des Maronites était revenue de l'erreur des monothélites à la foi catholique ; mais il est certain que la masse de la nation n'a jamais défailli dans la foi, et que sa fidélité à l'Eglise romaise ne s'est jamais démentie, C'est le témoignage que le pape Benoit XIV lui rend en ces termes : € I ny a > pas à douter que les Maronites ont toujours » été et qu'ils sont aujourd'hui entièrement » catholiques, unis avec le Saint-Siège et pleins » de respect et d'obéissance, soit pour leur » patriarche, soit pour le Pontife romain, »

Cette intégrité dans la foi catholique et cette soumission filiale au Vicaire de JÉsus-Crrrist ont persévéré jusqu'à nos jours. Un ministre protestant, le R. Williams, après un essai infruc tueux d'apostolat dans le Liban, écrivait avec dépit :

€ Les Maronites sont les plus intrépides » romanistes du monde, et la nation tout entière » est si infatuée de bigoterie (lisez de catholi » cisme), qu'il n'y a rien à faire avecelle, »

Les Maronites ont chèrement payé leur fidélité à l'Église romaine, Retombés après les ( ‘roisades sous le joug des Turcs, ils se sent vus aban donnés aux rancunes et aux haines implacables des schismatiques qui les entouraient, C'est ainsi

qu'à Chypre, où, du temps de Lusignan, ils pos

sédaient jusqu'à soixante-deux 4 illagespr. ‘oères, les exactions de l'arc hevêèque grec de Nicosie et les persécutions de leurs voisins, encouragées pur l'insouciance du gouvernement ottoman, les ont à peu près andantis, À l'heure actuelle, ils ne possèdent plus que cinq villages très pauvres, situés à l'extrémité de l'ile, autrefois toute catholique, Dans le Liban, groupés en corps de nation, il leur a été plus facile de se défendre contre les schismatiques ; mais ils ont à compter avec la tyrannie des Métualis et le fanatisme des Druses, leurs voisins, Plus d'une fois, des combats de villages à villages ont ensanglanté les tranquilles montagnes du Liban, et l'Europe chrétienne n'a pas encore oublié les effroyables massacres de 1860, accomplis par les Druses avec la complicité des Tures, et, disons-le en rougissant, avec l'appui moral de l'Angleterre protestante, qui ne saurait pardonner aux Maronites d'avoir repoussé ses prédicants et d'être les clients de la France,

Les Druses, ces intéressants protégés de l'Angleterre contre ceux qu'un journal anglais conservateur, le Saturday Æeview, appelait au lendemain des massacres € les sauvages Maronites », sont, au dire de tous les voyageurs, d'abominables fanatiques, des hypocrites sans honneur, toujours prêts à trafiquer de leur conscience €t à embrasser la religion du plus fort, Is se disent musulmans, pour la forme ; mais ilest certain qu'ils ont horreur de Mahomet, etque, dans les impurs mystères de leur culte, il: adorent une tête de veau,

C'est à ces misérables sans foi ni loi que s'adressèrent les prédicants protestants.repoussés par les Maronites, Comme ils apportaient de l'or, ils furent parfaitement reçus, et firent d'abord un certain nombre de prosélytes, TH fallut bientôt en rabattre :

« Beaucoup se disent convertis, écrivait, en 1862, un ministre protestant ; ‘ais, dés qu'on rejette quelqu'une de leurs demandes, ils vous tournent le dos en disant : € Nous vous écou terons aussi longtemps que vous nous paierez, »

Voilà les hommes à qui, en haine du catho licisme et de la France, l'Angleterre sacritia les Maronites. Le mieux informé des journaux anglais, le Zmes, le 1 septembre 1860 en convient: € Le grand chef druse, Mohammed,

l'instigateur des boucheries, comptait sur le

L'ÉGLISE ROMAINE

secours des Anglais, et, nous n'avons pas besoin de le dire, sur une récompense anglaise,

De son côté, Mor Mislin, dans sur la Terre Sainte, rapporte

anglais,

son ouvrage qu'un voyageur causant avec un cheik maronite quelque temps après les massacres, lui disait

L'Angleterre à pris parti pour les Druses uniquement pour contrecarrer

l'influence poli tique de la France sur les catholiques du Liban, »

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