DE RIT-UNI
auxiliaires, qui Partagent avec le patriarche l'administration du diocèse patriarcal, C'était enlever, de ce chef, aux mécontents tout prétexte raisonnable de plaintes,
Pour l'élection des évêques, la bulle statuait que, selon l'ancienne discipline, le clergé et le peuple présenteraient au synode des évêques un certain nombre de candidats, parmi lesquels le patriarche et les évêques offriraient trois noms au choix du Souverain-Pontife, Mais, Pour couper court à certaines intrisues, le Pape ajoutait qu'il espérait que le choix des trois candidats serait fait de telle sorte qu'il ne fût pas forcé, en vertu de son autorité suprême, de choisir en dehors des trois élus du synode, En d'autres termes, le Saint-Siège se réservait le droit,en cas d'incapacité ou d'indignité des trois candidats proposés, d'instituer directement l'élu de son choix, /nde ire, Ce qui était proposé comme une mesure de salut extrême et fort rare, allait devenir, au dire des opposants, la règle générale, Le Pape allait se rendre maitre des élections épi-copales, et peut-être imposer aux Orientaux des évêques latins et les latiniser de force. C'était méconnaitre absolument les intentions, bien des fois manifestées, du Souverain Pontife ; c'était poser, en même temps, un principe schismatique, et nier implicitement le magistère suprême du Vicaire de Jésus-Crrisr dans l'Église universelle, Mais les esprits étaient montés, on n'écoutait plus que la passion, et malheureusement, dans l'ardeur des luttes, certains évêques de | Jccident, bien connus pourtant pour leur dévouement au sièvce de Pierre, s'étaient oubliés jusqu'à dire aux Arméniens rebelles : € Tenez bon contre Rome, on vous soutiendra, » Paroles fatales, d'où un schisme allait sortir,
Enfin la bulle Reversurus contenait une disposition pour défendre d'aliéner les biens ecclésiastiques sans l'autorisation du Saint-Siéve, C'est la règle générale du droit, ct cette mesure très sage permettait aux évêques arméniens de défendre les propriétés de leurs Églises contre les prétentions des administrateurs laïques. Mais les loges maçonniques calomniaient indignement les intentions du Souverain Pontife, comme si le Vicaire de Jésue Cnrisr eût voulu mettre la main sur les biens de la communauté arménienne,
au lieu qu'il s'agissait simplement d'empêcher
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les gaspillages des laïques et la dissipation du patrimoine ecclésiastique,
Dans la surexcitation générale des esprits, il fut facile de persuader à la Porte que la bulle Reversurus attentait aux droits de souveraineté du Sultan, et bouleversait toute l'économie de
l'Église arménienne, Ce qui contribua surtout à évarer les ministres du Sultan, ce fut l'attitude de l'ambassadeur français, qui, subissant l'action de nos catholiques libéraux, prit parti pour les schismatiques contre Mgr Hassoun, à qui l'on ne pardonnait pas de s'être rangé, au moment
mm SO Éiminence le Cardinal Hassoun,
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ancien patriarche arménien.
du concile, dans la majorité infaillibiliste. On vit donc se renouveler, à Constantinople, les scènes de Berne et de Genève. Les dissi dents étaient à peine 2,000, contre plus de 100,000 Arméniens fidèles, Hs avaient avec eux seulement quatre évêques, avec une « inquantaine
de moinesmékhitaristes défroqués. Dans plusieurs diocèses arméniens, on ne trouvait pas un seul dissident.
C'est à cette poignée de libres-penseurs et de francs-macons que la Porte livra tous les biens fonds de la communauté arméno-catholique
it à ude tion
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églises, presbytères, maisons Épiscopales, sémi- | naires, hôpitaux, écoles, plus de Æurt millions de
biens-fonds, On enleva aux catholiques jusqi leur nom, qu'on remplaça par celui de Lassou nistes. Dès le début de la crise, Mer Hassor avait été exilé et forcé de partir pour Rome, 1 Porte, après avoir enlevé au patriarche légitin son bérat impérial, fit procéder à l'élection di nouveau patriarche, Comme les catholiques s'abstinrent en masse de pren dre part à ce’.e élection sacrilèce, les schismatiques, au nombre de 1,130, élurent sans opposition un prêtre interdit et nommé ment excommunié, l'intrus Kupélian, qui fut reconnu par la Porte en qualité de patriarche des Arméniens catholiques.
Comme à Genève et comme à Ber ne, ces violen ces aboutirent à la honte des pérsécuteurs.
La lutte dura dix ans, de 1970 à 188 ), et pendant dix
E ——————— Myr Étienne-
ans la constance des catholiques lassa la rage de leurs ennemis, À la fin, il fallut bien reconnaître qu'on s'était trompé et revenir sur ses pas. La Porte commençait à comprendre de quel ridicule elle se couvrait devant l'Europe, en émettant la prétention de décider soux crainement dans une question de dogme et de distinguer, sans le Pape et maloré le Pape, les vrais catho
liques des faux. Le schisme, déshonoré par ses | propres violences, s'effondrait dans l'impuissance ra | etdansle mépris public ; chaque jour des prêtres, #- | des laïques, l'abandonnaient pour revenir à l'unité in | catholique, L'intrus Kupélian sentit que la posi- 4 | tion n'était plus tenable et fitenfin sa soumission 1€ | (1878). La Porte, heureuse de sortir de la situain | tion fausse dans laquelle elle s'était jetée, rendit à Mer Hassoun + son bérat, et l'Église arménicnne recouvra la paix, Cette paix n'a pas été troublée depuis, bien qu'il ÿ ait toujours dans les chefs laïques de la communauté un mauvais levain d'indépendance, Mor Hassounayant été élevé par Léon XIII au Cardinalat (1880), son successeur, Mgr Azarian, a été élu patriarche selon les Prescriptions de la bulle Xe.
VErsUrus.
Parmi les Arméniens
grégoriens, le
Pierre X Azarian, Patriarche arménien.
+ mouvement de
conversions, arrêté par Ja persécution de 1870, à repris avec beaucoup d'entrain, À cette heure, l'Église arméno-crégorienne se meurt : c'est un fait attesté par tous CEUX qui connaissent la situation. Cette Église est divisée aujourd'hui entre plusieurs chefs : il y à à Edchmiazin, Arménie russe, un patriarche grégorien, qui est entièrement sous la main du Czar, et qui se plaint amèrement de sa dépen
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dance ; il y en a un autre à Cis, dans la Cilicie, un troisième à Constantinople, Tous ces patriarches hérétiques s'anathématisent réciproquement ; ils ont perdu toute considération, toute autorité sérieuse sur les membres de leur communauté, De l'avru de tous, c'est une Église de cinq à six mil! ons d'âmes qui s'effondre,
A qui ira cette riche succession? L'Angleterre protestante, dans un but plus politique que religieux, inonde l'Arménie d'une armée de prédicants; partout ils ouvrent des collèges, des écoles, des orphelinats, des dispensaires et des hôpitaux ; ils sèment l'or à pleines mains, et promettent l'appui politique de leur gouvernement aux Arméniens qui viennent à eux, Jamais ils n'en feront de bons protestants, ils le savent, mais ils en feront des libres-penseurs et des ennemis du catholicisme ; ce résultat leur suffit, En présence de cette propagande effrénée du protestantisme, l'Église arméno-grégorienne voit son impuissance et s'y résigne,
« Dans vingt ans, disait-on un jour à l'un de ses évêques, votre diocèse aura passé au pratestantisme, »
€ — Qu'est-ce que cela me fait? répondit en souriant le prélat ; dans vingt ans, je n'y serai plus. Après moi le déluge ! »
Tel est l'esprit de foi et le zèle de ce clergé.
Pour lutter contre la propagande protestante, le catholicisme est seul, privé de toute influence politique, avec des ressources bien restreintes, Et pourtant, telle est la force de la vérité qu'il fait chaque jour des progrès ; des populations entières lui tendent les bras et l'appellent, Trop souvent, hélas ! les évêques arméniens catholiques ne peuvent répondre à ces appels ; les ressources matérielles, les hommes surtout, font défaut pour recueillir la moisson déjà mûre.
Il est triste de voir la France, indifférente à ses traditions séculaires, laisser en Orient l'influence de la Russie et de l'Angleterre éclipser la nôtre. Livrés à eux-mêmes, les Arméniens n'hésiteraient pas à se faire nos clients : tous ceux qui connaissent le pays l'affirment, Pourquoi faut-il qu'à l'heure d'une crise décisive pour les nations orientales, la France catholique soit aux mains d'une poignée de francs-maçons, que l'esprit sectaire aveugle sur les vrais intérêts du pays, et qui abandonnent à nos rivaux des popu
lations si bien disposées à venir à nous !
Mais Dieu a ses desseins de miséricorde sur les nations orientales ; il ne permettra pas que l'hérésie arrache ces peuples à leurs erreurs séculaires, pour les plonger dans un état pire que Île précédent, Léon XIIT à les yeux fixés sur l'Orient, et pour remédier à la pénurie d'hommes apostoliques, il a ouvert à Rome un séminaire spécial pour les Arméniens (1883). À mesure que les conversions se multiplient, il érige en
Arménie de nouveaux sièges épiscopaux ; on à vu plus haut qu'il a profité de l'expulsion des Jésuites français pour leur confier une mission dans ce pays. Tout fait espérer que, d'ici la fin du siècle, l'Église arméno-catholique aura triom-
phé des difficultés qui arrêtent encore aujourd'hui
son plein développement, :
On estime à 150.000 le chiffre total actuel des catholiques arméniens, qui sont répandus dans les quatre parties du monde, car on en trouve aux Indes et jusqu'en Amérique, En défalquant ceux de la Turquie d'Europe (diocèse patriarcal), de l'Autriche-Hongrie (diocèse de Lemberg), et de l'Égypte (diocèse d'Alexandrie), il reste environ 100.000 Arméniens catholiques dans la Turquie d'Asie,
Voici quelle est, au 1° janvier 1890, la hiérarchie du patriarcat arménien de Cilicie,
1 diocèse patriarcal :
Constantinople, 1 patriarche, 2 évêques auxiliaires, 70 prêtres, 16 églises ou chapelles, 10 écoles, 10.000 catholiques.
3 archevéchés :
Lemberg (Autriche), 1 archevêque, 17 prêtres, 22 églises ou chapelles, ? écoles, 4.500 catholiques.
Alep (Syrie), r archevêque, 15 prêtres, 7 églises ou chapelles, 4 écoles, 7.500 catholiques.
Mardin (Mésopotamie), 1 archevêque, 12 prêtres, 8 églises ou chapelles, 7 écoles, 8.000 catholiques.
16 évéchés :
Adana (Anatolie), r évêque, 8 prêtres, 7 églises ou chapelles, 7 écoles, 2 500 catholiques.
Alexandrie (Egypte), 1 évêque, 4 prêtres, 5 églises ou chapelles, 1.200 catholiques.
Diarbékir (Mésopotamie), 1 évêque, 18 prêtres, 10 églises ou chapelles, 10 écoles, 4.000 catholiques.
Ancyre (Anatolie), 1 évêque, 32 prêtres, 4 églises où chapelles, 18 écoles, 8.900 catholiques.
Artwin (Russie), 23 prêtres, ? églises ou chapelles, 22 écoles, 12,000 catholiques
Brousse (Anatolie), 1 évêque, 8 prêtres, 8 églises ou chapelles, 7 écoles, 11 000 catholiques.
Césarée du Pont (Cappadoce), r évêque, 3 prêtres, 4 églises ou chapelles, 2 écoles, 1,500 catholiques,
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Iles, haoù chales, cha-
lises
Erzeroum (Arménie), 1 évêque, S4 prêtres, 76 églises où chapelles, 14 écoles, 10,000 catholiques.
Ispahan (Perse), 1 prêtre, ? églises ou chapelles, ? écoles, 500 catholiques
Karpouth (Mésopotamie), 1 évêque, 7 prêtres, 4 églises ou chapelles, 10 écoles, 1,700 catholiques,
Marasch (Cilicie), 1 évêque, 10 prêtres, ? églises ou chapelles, 4 écoles, 6,000 catholiques,
Mélytène (Arménie), 1 évêque, 7 prêtres, 10 églises ou cha. pelles, 8 écoles, 4.000 catholiques,
Mouche (Arménie), 1 évêque, 6 prêtres, 5 églises ou chapelles, 2 écoles, 4,000 catholiques.
Sébaste (Arménie), 1 évêque, ? prêtres, ? églises ou chapelles, ? écoles, 2.000 catholiques,
Tokat (Cappadoce), 1 administrateur apostolique, ? prêtres,
Trébizonde (Arménie), x évêque, 10 prêtres, 3 églises ou chapelles, 4 écoles, 5.000 catholiques,
Total pour le rite arménien, 1 patriarche, 3 archevêques, 15
évêques, 305 prêtres, 189 églises ou chapelles, 134 école” 104.900 catholiques,
Ne sont pas compris dans le chiffre des prétres, les missionnaires latins qui travaillent en grand nombre dans les diocèses, sous la juridiction des évêques arméniens : ne sont pas compris non plus les religieux Mekhitaristes et Antonins, qui vivent en communauté, soit dans la Turquie d'Asie, soit en Europe, Outre ces religieux, qui sont environ 200, le patriarcat vient d'établir à Constantinople la maison mère des Sœurs arméniennes de l'Immaculée-Conception, qui rendent déjà d'immenses services dans les diocèses, par la tenue des écoles et les œuvres de charité.
En tenant compte des Arméniens assez nombreux qui vivent en dehors des diocèses de leur rit, dans l'Asie Mineure, l'Afrique septentrionale, l'Italie, la France et jusqu'aux Indes, il faut porter le chiffre total des Arméniens catholiques au moins à 120.000 âmes. Plusieurs auteurs sérieux le font même monter jusqu'à 159.000 : mais, en l'absence de documents précis, je me tiens provisoirement à 1 20,000. Espérons que ce chiffre sera promptement dépassé, si rien ne vient contrarier le mouvement de retour qui se manifeste depuis plusieurs années,
Stalistique comparée des catholiques arméniens.