MON BIEN CHER AMI
de votre “ les Missions Catholiques au
Je suis très heureux de vous remercier magnifique envoi XIX® siècle,
Avant de vous répondre, j'ai voulu Parcourir ce superbe volume, qui nous fait admirer les conquêtes de l'Église catholique et le courage de nos tncomparables missionnaires dans le monde entier.
Rien d° plus édifiant, rien de Plus encourageant, rien de plus fortifiant Pour notre foi, Nous seuls nous possédons la vérité totale, nous seuls nous savons évangéliser et civiliser, parce que toute civilisation vraie repose sur l’ vangile, qui est le sel et la lumière de la terre.
Ce beau livre démontre, entre mille, que c'est à nos apôtres qu'il a été dit : Ite, docete omnes gentes, Vos missionnaires n'ont jamais cessé et ne cesseront Jamais d'aller et d'enseigner, ef i/ en sera ainsi jusqu’à la fin des temps.
Mes plus vives félicitations à l'auteur de cette grande œuvre, W. Louvet, œuvre si utile, si bien
| ordonnée, et si remarquable par son exécution typo
graphique avec ses nombreuses tlustrations, qui nous font ainsi connaître et quelquefois reconnaître les personnages, les monuments et les lieux.
Tout vôtre in Christo,
f XAVIER, Archevêque d'Aix,
S 7neS
Q CE livre, écrivait Montaigne, à propos de ses Essais, est un livre de bonne foy. » J'ai bien envie de prendre pour moi cette devise, et de l'imposer comme épigraphe à ce travail. Bien que j'écrive sur un sujet qui me tient au cœur, et que je traite d'une œuvre à laquelle j'ai consacré le meilleur de ma vie, j'ai là certitude de ne pas m'être écarté de la plus rigoureuse impartialité. L'Folise et les œuvres de l'Église sont comme les Pabes, au sujet desquels l'illustre de Maistre a dit qu'ils n'ont besoin que de la vérité.
Malheureusement, entre l'Église et la vérité, vient s'énterposer trop souvent le nuage des passions humaines. On a à ce sujet, dans le monde, d'étranges idées et des prétentions légèrement exorbilantes. Qu'un catholique expose, avec convenance et modération, ce qui se Sait de bien dans son Église, aussitôt il verra s'élever contre lui les défiances de l'incrédulité. C'est bien pis encore si ce catholique est un prêtre, et si, comme j'ai l'intention de le faire ici, àl cherche à faire connaître aux tndifférents l'œuvre à laguelle il s'est dévoué ; on n'a Das assez d'anathèmes pour le renvoyer au fond de sa sacristie. Un vieux missionnaire qui Dpré‘end nous parler des missions ! comprenez-vous cette audace ? Sans doute, il aura quelque chance de connaître le sujet dont il traite ; mais l impartialité, Messieurs, l'impartialité ! Est-ce qu'un missionnaire, un clérical, peut avoir un jugement désintéressé ? Est-ce qu'un prêtre n'est pas nécessairement un avocat qui plaide dans sa propre cause ? Parlez-moi d'un libre-penseur qui a fait, en quelques semaines, son tour de Chine, du Japon et d'Amérique, qui à tout vu, tout jugé, tout compris, du pont de son navire ou de la véranda de son hôtel. Voilà le guide sûr, grave, éclairé, impartial surtout, quand il s'agit de juger les œuvres de l'Eglise. M. Renan a découvert, il y a quelque vingt ans, que, pour écrire avec compétence l'histoire d'une religion, il est nécessaire : primo, d'y avoir cru, secundo, de n'y plus croire, À qui veut juger avec équité les œuvres catholiques, est donc de la dernière importance de porter au front le signe de l'apostasie ; et c'est aux libres-penseurs seuls, renégats de leur baptême et de leur Première communion, qu'il convient de se fier, quand on veut être inpartialement renseigné sur tout ce qui concerne les cléricaux et leurs œuvres !
Ainsi raisonne le monde; ainsi du moins il agit dans la pratique. Por moi, je le déclare bien haut, je proteste, avec toute ! ‘indignation de ma conscience d'honnête homme, contre de pareilles exclusions. Sur ces questions d'honneur et d'impartialité, j'ai la Drélention de ne recevoir de leçon de personne, encore moins de nos libres-penseurs que des autres. Quoique prêtre, je pense avoir le droit d'être cru aussi bien qu'un voyageur laïque, surtout quand j'ai pris soin de n'apporter.que des chiffres sérieux. Je n'accepte pas, pour ma part, de me renfermer dans ma sacristie ; je suis citoyen français, et j'en réclame tous les droits, au même titre que saint Paul se réclamait de son privilège de citoyen romain. J'aime mon pays comme les autres, plus que beaucoup d'autres peut-être ; j'ai donc le droit, comme Français et comme Drêlre, de parler d'une œuvre qui seva, dans ce siècle, la gloire de l'Église, et plus particulièrement l'honneur de la France catholique.
Fe ne prélends pas d'ailleurs étre cru sur parole : je n'avancerai rien que je n'ate