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Lettre de M, Supriès, missionn tome IV, p

l'Inde méridionale, par le R. Joseph

aire à Pondichéry, âthiäles,

L'ÉGLISE CATHOLIQUE DANS LES INDES, ——— tt mm.

vicaires apostoliques, une vingtaine de mission. brutalité ; c'est

naires, pas de clergé indigève, sauf au Malabar, | début de leurs co voilà toutes les forces de l'Eglise romaine en face du clergé de Goa et de l'invasion menaçante des ministres de l'hérésie, appuyés sur l'influence, désormais prépondérante aux Indes, de l’'Angle-

une justice à leur rendre. Au nquêtes dans l'Inde, ils tracas.

sèrent d'abord les missionnaires français, dont ils redoutaient l'influence politique ; puis, quand ils se virent solidement établ.s dans le pays, ils se renfermèrent dans une neutralité presque toujours bienveillante, qu'ils ont conservée depuis, Mais la prépondérance d'une nation protestante n'en fut pas moins désastreuse pour les missions de l'Inde. Des centaines de ministres et de prédicants inondèrent bientôt le pays, Ils avaient les mains pleines d'or pour acheter les cons. ciences faciles ; ils avaient, ce qui est très naturel, les sympathies et l'influence Souvernementales de leurs coreligionnaires. Le mal eût été moins grand s'ils eussent rencontré partout, en face d'eux, le missionnaire catholique ; comme aujourd'hui, leur succès se fût borné à l'achat de quel. ques brebis galeuses, Mais que pouvaient cinq ou six missionnaires, éparpillés dans le sud de l’Inde, contre la Propagande protestante ? Quant au clergé de Goa, ses défauts ne pouvaient que pousser les catholiques à l'apostasie, 11 nt donc des défections déplorables et trop nombreuses, Des chrétientés abandonnées depuis vingt ans et Plus, sans prêtres, sans instruction, sans culte et sans sacrements, passèrent au pro: testantisme, C’est ainsi que la grande c!:-‘1'-nt6 de Tinnevely, Composée de plus de 30.00) ânes, devint en grande Partie protestante, Pour séduire plus facilement nos malheureux néophytes, plusieurs ministres, entre autres le célèbre Buchanan, ne rougirent pas de se donner publiquement pour es successeurs de saint François Xavier et des anciens missionnaires. Par ce système, trente. deux Sociétés anglaises, allemandes et américaines, avec des subsides annuels qui, pour l'Inde seule, dépassent douse millions de francs, ont

ng, de la Société s missionnaires de Londres,

chiffre que je . nullement l'intention de dis. cuter ; mais, en le prenant tel qu'on le donne et en teriant compte des immenses ressources dont

dispose l’hérésie, on est amené à bénir DIEU de ce qu'il n'est pas plus considérable, mesure que le nombre des missionnaires

| de reconnaitre qu'il n'en avai

apostoliques augmenta et que les aumônes de Ja Propagation de la Foi permirent de reprendre les œuvres du passé, le catholicisme commença à se relever aux Indes, Mais alors il trouva devant lui les prétentions de la couronne de Portugal, prétentions qui aboutirent à un schisme désolant, et, pendant plus d’un demi-siècle, jetèrent le désordre au milieu de nos chrétientés renaissan. tes, Il faut dire quelques mots sur ce déplorable incident, On à vu ce qu'était devenu, au commencement du xIxe siècle, le clergé &Oanais : mais il est juste t pas toujours été ainsi, Pendant deux siècles, le Portugal avait mis

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132 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXm SIÈCLE.

son influence politique et religieuse au service du catholicisme, afin de promouvoir au milieu des infidèles le règne de JÉSUS-CHRIST. L'Eglise catholique, qui n’est pas ingrate, l'en récompensa magnifiquement.

Les bulles de Léon X (1514), de Paul III (1539), de Paul IV (1553), de Grégoire XIII (1575) et de Paul V (1616), accordèrent à Sa Majesté Très Fidèle le droit de patronage sur toutes les Eglises déjà fondées, ou à fonder, aux Indes et en Chine. En échange de ce droit, les rois de Portugal s’obligeaient, à pourvoir ces nouvelles Eglises de prêtres et d'évêques, à les doter convenablement, et à défendre, au besoin, le clergé et les chrétiens contre les infidèles et les hérétiques.

On ne s’en tint pas là : sur les instances du gouvernement portugais, Clément VIII (1600) défendit à tous les missionnaires de se rendre aux Indes par une autre voie que celle de Lisbonne et de Goa. C'était donner au roi de Portugal le mcnopole des missions orientales. On ne tarda pas à s’en repentir. Les envoyés du Saint- Siège furent accablés de vexations; quelques-uns jetés sans motifs dans les prisons de l’Inquisition, d’autres forcés de repasser en Europe ; un légat du Pape, le cardinal de Tournon, mourut de misère dans les prisons de Macao. Le clergé de Goa, déchu de sa première ferveur, incapable de faire face au travail immense des missions orientales, et d'ailleurs s'en souciant assez peu, ne voulait, à aucun prix, per'nettre à d’autres ouvriers de mettre la faux dans la moisson. Il regardait les missions de l’Inde et de la Chine comme son patrimoine, et, plutôt que de voir ces peuples évangélisés par des missionnaires étrangers, il préférait qu'ils ne fussent pas évangélisés du tout. Périssent les âmes plutôt qu'un principe !

Paul V, averti de ce qui se passait aux Indes, crut devoir déroger à la bulle de Clément VIII, en accordant aux missionnaires de se rendre à leur poste sans attendre la permission du roi de Portugal et de l'archevêque de Goa. Mais alors on se heurta à une difficulté qu'on n'avait pas prévue. Dans sa bulle de 1575, Grégoire XIII, toujours à la sollicitation des Portugais, avait été jusqu’à lier les mains à ses successeurs, en déclarant que personne, JAt-ce le Siège apostolique, ne pourrait déroger à l'avenir au droit de patronage sans le consentement formel du roi de Portugal.

À mon avis, cette clause malheureuse allait au-delà des droits du souverain pontificat. Aucun pape ne peut lier irrévocablement ses successeurs, par la raison très simple que les vicaires de JÉSUS-CHRIST tiennent leur pouvoir de DIEU seul, Chaque pape a donc la plénitude de l’autorité suprême dans l'Eglise ; il est juge des circonstances, et il ne peut jamais se présenter uncas où le vicaire de JÉSUS-CHRIST soit empêché de pourvoir aux besoins nouveaux qui se révèlent,

et de faire prêcher l'Evangile par toute la terre.

Tous les canonistes sérieux sont d'accord làdessus. ‘

Mais en supposant, ce que je ne crois pas, que la bulle de Grégoire XIII liât à perpétuité ses successeurs, le gouvernement portugais ayant perdu toute autorité aux Indes en dehors de Goa, sôn droit de patronage devenait caduc par là

ième. En effet, ce droit n'est jamais concédé qu’à la condition de protéger les Eglises sur lesquelles il s'exerce. Mais quelle protection pouvait accorder le gouvernement portugais aux Eglises situées sur le territoire anglais? La prétention du roi de Portugal de pourvoir exclusivement à ces Eglises était aussi ridicule que si la France prétendait aujourd’hui nommer aux sièges de Metz et de Strasbourg, et disposer à son gré de tous les bénéfices ecclésiastiques situés dans les pays cédés à l'Allemagne par le traité de Francfort,

Les rois de Portugal semblaient avoir reconnu eux-mêmes la caducité de leurs privilèges. Depuis cinquante ans, on l'a vu, ils laissaient sans titulaires les sièges épiscopaux de l'Inde, et, depuis 1827, le gouvernement avait forinellement défendu aux administrateurs de Goa d'envoyer désormais le moindre subside aux Eglises situées en dehors des possessions portugaises. N'observant plus les clauses essentielles du patronat, il était déchu par là même de son privilège. D'un autre côté, à mesure qre la foi se propageait aux Indes, il devenait urgent de subvenir aux besoins spirituels de ces nouvelles chrétientés. Grégoire XVI, qui, avant son élévation au souverain pontificat, avait été préfet de la Propagande, connaissait parfaitement la situation et résolut

d'y pourvoir. Mais, avant de faire usage de son droit incontestable, il voulut mettre le gouvernement portugais en demeure de se prononcer luimême sur son prétendu droit de patronage. Par son ordre, le cardinal Pédicini, préfet de la Propagande, adressa à la Cour de Portugal une note diplomatique, pour lui demander de pourvoir aux évêchés vacants de l'Inde ou de renoncer formellement à un privilège qui rendait impossible le gouvernement ecclésiastique en ce pays (1832).

La Cour de Lisbonne n'ayant rien répondu à cette ouverture, le Pape attendit deux ans encore. A la fin il se décida à user de son droit de Pasteur suprême, en créant deux vicariats apostoliques à Madras et à Calcutta (1834) ; deux ans plus tard, la mission de Pondichéry et celle de Ceylan furent érigées, à leur tour, en vicariats, et une préfecture apostolique fut établie au Maduré (1836).

Ces actes, si nécessaires et si modérés, irritèrent au plus haut degré !: gouvernement portugais et le clergé de Goa ; le Chapitre métropolitain osa interdire, sous peine d’excommunication, d’avoir aucun rapport avec les vicaires apostoliques et les

| missionnaires de la Propagande ; leur juridiction oo

| fut déclarée nulle et schismatique, ant qu’elle ne

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qu'elle ne

serait pas reconnue par Sa Majesté Très Fidèle,

que les anciennes constitutions apostoliques

avaient investie de la suprématie sur toutes les missions d'Orient, sans qu'il fût permis à aucun

Pape d'y déroger.

Grégoire XVI fit justice de ces prétentions dans son bref Multa praeclare (24 avril 1838), Il rappelle d'abord les privilèges accordés, par ses prédécesseurs, à la couronne de Portugal ; mais il insiste, en même temps, sur le but de ces concessions, qui était uniquement de promouvoir efficacement le règne de DIEU dans ces régions éloignées. Ce motif ayant cessé d'exister, par suite des circonstances politiques, le patronage portugais ne peut plus s'exercer utilement dans les pays soumis à l'Angleterre, et par conséquent le privilège est devenu caduc. Quant à la clause qu'il ne pourra jamais être dérogé à ces concessions que du consentement des parties, elle doit s'entendre évidemment, sauf les droits du Suprême Magistère, 11 est certain que jamais le Saint-Siège n’a voulu s'empêcher de pourvoir aux besoins de la religion, ni de statuer sur ce qu'exige, suivant le temps et les circonstances, le salut du peuple chrétien.

Le Pape ajoute que, pendant qu'il exerçait la charge de préfet de la Propagande, il a pu se convaincre que le droit de patronage, qui avait été concédé uniquement en vue du salut des âmes, est devenu aux Indes une cause de ruine spirituelle. En conséquence, et en vertu de son autorité suprême, le vicaire de JÉSUS-CHRisr déclare déroger aux bulles de ses prédécesseurs, et supprimer purement et simplement le droit de patronage en dehors de l’archidiocèse de Goa.

Ce bref eut un immense retentissement aux Indes et en Portugal. Le clergé de Goa se mit en révolte ouverte avec le Saint-Siège, Il intrigua auprès du gouvernement anglais pour se maintenir, malgré le Pape, en possession des églises et des biens-fonds des chrétientés, et trop souvent les prétentions schismatiques furent accueillies Par Un gouvernement protestant, heureux d'entretenir la discorde au sein de la communauté catholique.

On vit donc, en beaucoup d'endroits, s'élever église contre église. Les schismatiques, se sentant soutenus, eurent recours aux calomnies, aux injures, aux traitements les plus indignes, pour forcer les envoyés de Rome à se retirer et à leur céder la place. Ils intentèrent aux vicaires apostoliques et à leurs missionnaires procès sur procès, pour s'emparer des églises et des presbytères. Il est bon de remarquer ici que presque tous ces édifices avaient été élevés par les missionnaires ou restaurés par eux, à l'aide des | aumones venues d'Europe, N ‘importe, à force de faux témoignages, payés comptant, les Goanais

réussirent Presque partout à se rendre maîtres des biens-fonds de Ja communauté catholique.

Les conséquences de ce fait furent désastreuses, En beaucoup de localités, les mission-

L'ÉGLISE CATHOLIQUE DANS LES INDES

qe mn

naires de la Propagande furent forcés de célébrer

les saints mystères au pied des arbres ou dans de

misérables cabanes. Les Indiens, très attachés à

leurs églises, À leurs pèlerinages, à leurs fêtes,

voyant d'ailleurs le clergé de Goa en communion extérieure avec le Saint-Siège, abandonnèrént les missionnaires et firent acte d'adhésion au schisme. En dix ans, près de deux cent cinquante mille chrétiens se réunirent aux prêtres de Goa.

Le mal s’étendit même aux chréiientés demeurées fidèles. Sans améliorer leurs mœurs, les

Goanais sentirent le besoin de se faïre des

créatures, Par leur facilité à accorder des dis-

penses, à fouler aux pieds toutes les règles de la discipline ecclésiastique, à tolérer tous les abus, ils ont développé parmi les Indiens l'esprit de parti, l'insubordination, l'indifférence religieuse,

€ Le schisme, écrivait en 1884 un mission.

naire, a dépravé le cœur et perverti l'intelligence de nos Indiens, au point qu'on ne les reconnaît plus. Lorsqu'un missionnaire veut arrêter le désordre ou le prévenir, lorsqu'il se montre

sévère, parce que sa conscience l'exige, quand il

refuse de se rendre à d’injustes exigences, on le menace aussitôt d'aller à l’église et au prêtre de

Goa. »

Néanmoins on pouvait espérer que le schisme ne se soutiendrait pas longtemps et tomberait peu à peu de lui-même, faute de pasteurs ; car, puisqu'il n’y avait plus d'évêques portugais résidant aux Indes, il n'y avait plus d'ordinations Pour recruter le clergé rebelle, Le gouvernement Portugais allait y pourvoir.

En 1842, la cour de Lisbonne feignit d'entrer enfin dans les vues du Souverain Pontife et P'oposa pour l'archevêché de Goa Joseph de Sylva y Torrès. Après quelques hésitations, Grégoire XVI l'agréa dans le consistoire du 13 juin 1843. Lorsqu'il fut question de rédiger les bulles de l'élu, plusieurs cardinaux furent d'avis que l'ancienne formule devait être changée et qu'il fallait faire mention des vicariats apostoliques, soustraits désormais À la juridiction du primat des Indes : d'autres Opinèrent pour que l'on gardât les formules traditionnelles, mais en ayant soin de faire savoir au prélat qu'il n'avait aucune juridiction en dehors du territoire portu-

gais, et en exigeant qu'il promit par serment d'obéir aux dernières constitutions pontificales. Cet avis ayant malheureusement prévalu, Mgr de Sylva promit entre les mains du nonce d’observer toutesles dispositions du bref Multa pracclare, et s'embarqua pour Goa (1844).

L'arrivée d’un archevêque, reconnu par ses bulles d'institution en qualité de primat des Indes, réveilla les prétentions des schismatiques, et Mgr de Sylva, trahissant la foi jurée, prétendit exercer sa juridiction sur l'Inde entière, à limitation de ses prédécesseurs, Aussitôt après

| Son arrivée, il fit une ordination de huit cents | prêtres, qu'il lança dans les vicariats apostoliques

de l'Inde.

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À ces nouveaux lévites, recrutés en partie parmi les coolies du port de Goa, on n'avait demandé ni science, ni morale, ni théologie ; mais on leur avait soigneusement inculqué les droits inamissibles de la couronne de Portugal au patronage des Indes, droits qu'aucun bref, bulle ou décision du Pape ne pouvait annuler sans le consentement du roi.

On comprend le trouble profond que jeta, dans toutes les chrétientés, l’arrivée de ces intrus, qui se présentaient, avec des pouvoirs en règle, comme envoyés par le primat des Indes, reconnu en cette qualité par le Pape lui-même. Comment dès lors ne pas croire à la légitimité de leur mission ? Comment savoir si, comme le préterdaient les prêtres de Goa, ce ne sont pas les envoyés de la Propagande qui sont des intrus et des imposteurs ? [.e schisme fit donc de nouveaux progrès aux Indes, et la position des missionnaires y devint intolérable,

Grégoire XVI, mis au courant de ce qui se passait, envoya un monitoire sévère à l’archevêque de Goa, pour lui rappeler les engagements qu'il avait pris et lui reprocher sa conduite, Ce monitoire resta sans effets. Le malheureux prélat, se sentant soutenu par son gouvernement, était bien résolu à fouler aux pieds les ordres du Pape et à mépriser ses censures, i ie IX obtint enfin son rappel en 1848; mais, en 1853, l'évêque de Macao, Mgr Jérôme-Joseph de Matta, vint, sans juridiction aucune, faire aux Indes une prétendue tournée pastorale, donnant la confirmation, et conférant des ordinations sacrilèges à Ceylan, à Bombay, au Malabar, contre toutes les prescriptions du droit canonique, et au mépris des c:nsures pontificales,

Pie IX, voyant l'obstination des Portugais et l'impossibilité d'éteindre le schisme, entra alors en négociations avec la Cour de Lisbonne, et conclut, en 1857, un nouveau concordat qui reconnaissait en principe le droit de patronage dans les diocèses de Goa, de Cranganore, de Cochin, de Méliapour, de Malacca et de Macao. Une commission devait être nommée, par la Cour de Rome et celle de Lisbonne, pour délimiter les circonscriptions respectives de chacun de ces diocèses. Le Saint-Siège s'engageait, cette délimitation une fois faite, à retirer ses vicaires apostoliques des territoires susdits, se réservant de prendre, à l'égard des territoires restés en dehors, les mesures qu'il jugerait nécessaires dans l'intérêt des fidèles.

Ce conco:dat, si favorable au Portugal, puisqu'il reconnaissait en droit toutes ses prétentions sur l'Inde et la Chine, ne put être mis à exécution, par les arguties du gouvernement portugais, qui se refusa à subir les clauses onéreuses du contrat. Les choses demeurèrent donc dans cet état d’indécision jusqu'en 1886,

Cependant, malgré ces tristes divisions, le catholicisme avait fait de grands progrès aux T

ndec

ndes, Le nombre des vicariats apostoliques | du diocèse,

s'était élevé successivement à dix-sept avec 1.200.000 fidèles, Pour mettre fin À toutes les difficultés, Léon XIII résolut d'établir aux Indes la hiérarchie catholique.

Voici les clauses du dernier concordat (août 1886) :

1° Le droit de patronage est reconnu au roi de Portugal dans l’archidiocèse de Goa et les trois diocèses suffragants de Cranganore, Cochin et Saint-Thomas de Méliapour. Une disposition annexe déterminera les limites précises de chacun de ces diocèses,

29 Quelques-uns des groupes principaux des chrétientés goanaises, bien que situés en dehors des susdits diocèses, y seront rattachés,

3° Le gouvernement portugais s'engage à doter convenablement lesdits diocèses, à les pourvoir d’un chapitre, de prêtres en nombre suffisant et de séminaires.

4° Les chrétientés portugaises de Malacca et de Singapour, qui actuellement relèvent, en fait, de l’archevêché de Goa, seront désormais sous la juridiction de l'évêque portugais de Macao.

5° En dehors du droit de présentation aux sièges de Goa, Cranganore, Cochin et Méliapour, le roi de Portugal jouira d'un droit indirect de présentation aux quatre sièges à ériger de Bombay, de Mangalore, de Quilon et de Trichinopoly. Chaque fois qu'un de ces quatre sièges sera vacant, les évêques de la province proposeront une liste de trois noms, laquelle sera transmise, par l'archevêque de Goa, au gouverneur de cette ville qui, à son tour, choisira, pour le présenter à Sa Sainteté, un des trois noms, Cette présentation devra avoir ‘ieu dans le délai de six mois ; après quoi le choix est dévolu au Souverain Pontife,

6° Par concession spéciale du Saint-Siège, l’archevêque de Goa est maintenu dans la dignité de patrarche ad honorem des Indes Orientales : en cette qualité,il jouit du droit de présider les conciles nationaux de l'Inde, lesquels devront se tenir à Goa, à moins d'une disposition particulière.

7° Le droit de patronage ainsi réglé, le Saint- Siège jouit, dans tout le reste du territoire, de la pleine liberté de nommer des évêques et de prendre toutes les mesures qu'il jugera utiles au bien des fidèles.

Ce concordat a imposé au Saint-Siège de douloureux sacrifices ; mais il met fin à un schisme déplorable qui ruinait les Eglises de l'Inde, et était, pour le: infidèles et les hérétiques, une cause perpétuelle de scandales. En restreignant aux diocèses désignés plus haut les inconvénients du patronage royal, il rend au Vicaire de JÉSUS- CHRIST sa liberté d'action dans le reste de l'Inde; sans doute, il est à regretter qu'un certain nombre de paroisses gor aaises restent dans les nouveaux diocèses à l'étic d’enclaves : mais ces enclaves, soigneusement délimitées, n'auront plus, il faut le reconnaitre, les inconvénients du passé et ne gêneront plus l'administration épiscopale dans le reste

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L'ÉGLISE CATHOLIQUE DANS LES INDES

C'est maintenant le devoir du gouvernement portugais de témoigner de la reconnaissance envers le Souverain Pontife, en usant, pour le bien des âmes, des droits de patronage dont il s’est montré si jaloux, et qui viennent de lui être solennellement reconnus dans les diocèses susdits. Puisse-t-il comprendre que son intérêt, même temporel,exige qu'il pourvoie ces diocèses de bons pasteurs, qui relévent la re] -ion catholique de

l'état de décadence oùelle a trop longtemps végété dans ces contrées !

Ce grand acte de réconciliation entre le Saint-Siège et le Portugal heureusement accompli, le Vicaire de JÉSUS-CHRIST s'est hâté d’établir aux Indes la hiérarchie. — Bulle : Æumane salutis auctor, septembre 1886.

Il a partagé ce vaste empire en huit provinces ecclésiastiques, qui sont ainsi divisées, au rer janvier 1897 :

19 Province de Goa: 1 archevêché primatial, Goa, Suffragants :

1 archevêché 47 Zonorem, Cranganore ; 3 évêchés, Cochin et Saint- Thomas de Méliapour, aux Indes, Macao, en Chine, et la prélature de Mozambique, sur Ja côte orientale de l'Afrique.

2° Province de Ceylan : 1 arche.

vêché, Colombo ; 5 évéchés suffragants, Jaffna, Kandy, Trincomalie, Galle, Port-Victoria (Seychelles), 3° Province de Pondichéry : ï archevêché, Pondichéry; 3 évêchés suffragants : Mysore, Coïmbatour et Malacca (Malaisie).

4° Province du Malabar : 1 archevèché, Vérapoly ; suffragants :

1 évêché, Quilon ; et 3 vicariats apostoliques pour le rit syriaque :

Trichoor, Ernaculam et Changanachéry.

5° Province de Madras: 1 arche.

vêché, Madras ; 3 évêchés suffragants: Hydérabad, Vizagapatam et Nagpore, 6° Province du Bengale: 1

D'après ]

archevêché, Cal-

| chevêché ad honorem, 19 évêchés, 3 vicariats et 4 préfectures postoliques.

Au 1e janvier 1807, la population catholique de l'Inde entière s'élève à 1.941.485 âmes, Depuis la première édition de cet ouvrage, elle a augmenté de 240.000 âmes. Elle a quadruplé au cours de ce siècle.

Il faut maintenant donner un exposé rapide des hrit provinces ecclésiastiques de l'Inde,

ff

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