SEC I. — MISSIONS DE BIRMANIE
"ÉVANGÉLISATION de la Birmanie ne com-
É- mence guère qu'au siècle dernier, En 1722,
la Sacrée Congrégation détacha de l'évêché
portugais de Saint-Thomas les deux royaumes
d'Ava et de Pégu, duut elle fit un vicariat apostolique, confié aux Barnabites.
Des guerres continuelles entre les rois d'Ava, de Pégu et de Siam, la froide obstination du bouddhisme, la religion dominante, le petit nombre des missionnaires (à deux reprises ils furent réduits par la mort à un seul), arrêtèrent longtemps les progrès de la mission. La Révolution française, en bouleversant, en Italie, les Ordres religieux, en confisquant leur patrimoine, en fermant leurs noviciats, lui porta le coup suprême. En 1832, le dernier Barnabite envoyé en Birmanie, le KR, P. d'Amato, mourut sans avoir de successeur. Le chiffre des catholiques qui, en 1800, était encore de 5.000, était tombé aux environs de 3,000,
En 1830, la Propagande avait envoyé en Birmanie deux prêtres sortis de son séminaire, avec un vicaire apostolique italien, Mgr Cao. Quelques années plus tard, le prélat ayant été appelé à un siège épiscopal en Italie, la mission fut donnée aux Oblats de Marie, de Turin. Les deux premiers vicaires apostoliques, découragés par les difficultés de la mission, donnèrent successi-
vement leur démission, et revinrent en Europe
La persécution s'était élevée en Birmanie. Le gouvernement s'était longtemps montré assez indifférent à la prédication de l'Évangile ; mais il avait senti ses défiances s'éveiller à propos des conquêtes des Anglais. Ceux ci lui ayant enlevé une partie notable du pays (1852), il voulut se venger de sa défaite sur les chrétiens. Les églises, les écoles, les presbytères furent détruits, plusieurs missionnaires furent jetés en prison, un d'eux fut mis à mort, un autre devint fou, à la suite des mauvais traitements endurés.
C'est dans ces circonstances douloureuses que la Sacrée Congrégation proposa à la Société des Missions Etrangères de Paris de se charger de la mission de Birmanie. Après des hésitations bien naturelles, la Société accepta, et Mer Bigandet vint, en 1857, prendre la direction de cette mission désolée.
La situation pouvait se résumer en deux mots: au temporel, tout était à recommencer ; églises dévastées, presbytères en ruines, écoles détruites, pas de ressources, et l'avenir même engagé. Le point de vue spirituel était moins sombre. Au milieu de difficultés incessantes, les Oblats avaient généreusement travaillé ; le chiffre des chrétiens était remonté à 5,000. À Moulmein, ville située aux frontières de la Birmanie, mais en dehors, les Sœurs de Saint-Joseph avaient ouvert un pensionnat ; l'évangélisation des sauvages carians était commencée ; enfin la présence des Anglais dans la Birmanie méridionale promettait à la mission une ère de tranquillité,
Cet espoir s’est réalisé, Depuis 1866, la mission de Birmanie a joui d’une paix à peu près ininterrompue. En 1870, la Propagande a partagé ce pays en deux vicariats et une préfecture apostoliques : la Birmanie méridionale, qui comprend toute la Birmanie anglaise, capitale Rangoon ; la Birmanie septentrionale (l'ancien royaume de Birmanie, que les Anglais viennent de s’an nexer), capitale Mandalay ; la Birmanie orientale, qui comprend les tribus sauvages établies entre Ja Birmanie proprement dite, la Chine et Siam,
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capitale Tong-hoo.Cette dernière mission, confiée aux Missions Etrangères de Milan, a été érigée, en 1890, en vicariat apostolique,
Voici le tableau des accroissements successifs de la mission :
En 1800, il y avait en Birmanie 3 missionnaires, 2 prêtres indigènes, ? églises ou chapelles, ? écoles, environ 5.000 catholiques. — ne
ÆEn 1806, nous trouvons : 3 missions, 3 vicaires apostoliques, 62 missionnaires, 13 prêtres indigènes, 325 églises ou chapelles, 191 écoles, qui donnent l’enseignement à plis de 5.000 enfants, et 35 instituts de charité, orphelinats,
ôpitaux, etc.
Population catholique : 49.046, sur une population totale de neuf millions, soit 1/180.
Les Frères des Ecoles chrétiennes ont de beaux établissements à Ran.
goon et à Moulmein. Les Sœurs de Saint-Joseph de l'Apparition ont des maisons à Rangoon, à Mandalay, à Moulmein et à Tong-hoo.
Maintenant que les Anglais sont établis en Birmanie, les missionnaires jouiront de la même liberté qu'aux Indes, mais ils auront à lutter contre la propagande protestante,