DU SIAM
A mission du Siam, établie en 1673 et confiée à la Socicté des Missions Etrangères de Paris, qui l’a toujours conservée, est une de celles où les progrès de la foi ont été le plus entravés par les événements politiques et les défiances des gouvernements, Après un brillant début, les imprudences de nos compatriotes détruisirent leur influence sur les bords du Meinam, et compromirent, pour de longues années, le succès de l'apostolat. Des guerres intestines entre le Siam et les royaumes voisins achevèrent de ruiner la mission,
En 1800, nous trouvons à Siam :
1 vicaire apostolique, 2 missionnaires, 2 prêtres indigènes, et seulement 2.300 chrétiens. Des belles églises élevées autrefois il ne restait plus guère que des ruines informes, et la pauvreté des missionnaires ne permettait pas de rien réédifier.
Cette situation navrante dura, plus où moins, jusqu'en 1840. À cette époque, la mission du Siam comptait : 1 vicaire apostolique, 1 coadjuteur, en résidence à Syngapore, dans la mission naissante de Malaisie, 12 missionnaires apostoliques, 4 prêtres indigènes, 4 couvents de religieuses indigènes, 12 églises ou chapelles, et environ 7.000 chrétiens, en majorité de nationalité
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| jusqu'ici, ces conversions se font surtout parmi
L'année suivante, la mission de Malaisie fut détachée de celle de Siam et érigée en vicariat apostolique ; le nombre des chrétiens de Siam retombe alors à 5.000. Depuis ce temps, les progrès de la mission de Siam se sont accentués, comme le tableau suivant en fait foi :
En 1880 : 1 vicaire apostolique, 2 missionnaires, 2 prêtres IAdleènes, ? églises ou chapelles, ? écoles, 2.300 cathoiques,
“1e 7896 : 1 vicaire apostolique, 45 missionnaires, 14 prêtres indigènes, 72 églises ou chapelles, 69 écoles, 24 600 catholiques.
La population totale étant d'environ six millions, la proportion des catholiques est de 1/240.
MGR BICANDET,
des Missions Étrangères de Paris, nommé, en 1870, vicaire apostolique de la Birmanie méridionale.
Depuis une dizaine d'années, la mission a entrepris avec succès l'évangélisation des peuplades du Laos, qui résident dans le bassin du Mékong. — 1 provicaire apostolique, assisté de quatre ou cinq missionnaires, est chargé de cette intéressante mission, qui promet de récompenser le zèle de l’apôtre, maintenant surtout que le protectorat français, établi sur le haut Mékong, promet à nos confrères la tranquillité.
Il y a, dans la mission de Siam, 1 séminaire, 52 élèves ; 2.767 enfants dans les écoles et les orphelinats, 14 catéchuménats avec une moyenne annuelle de 1.000 baptêmes. Malheureusement
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les étrangers : Chinois, Annamites, Indiens, peuplades sauvages du Laos. Les défiances du gouvernement siamois et l’obstination religieuse des bouddhistes n'ont guère permis jusqu'à ce jour d'attaquer sérieusement l'élément indigène. Espérons que le soleil de la vérité évangélique finira par se lever sur ce peuple siamois, qui paraissait autrefois si bien disposé, et qui eut les prémices de notre apostolat, car c’est à Siam que nos premiers vicaires apostoliques, NN. SS. Pallu et de la Mothe-Lambert,s’établirent tout d’abord pour rayonner dé là dans les contrées voisines.
SC III. — MISSION DE MALAISIE, Dig
À mission de Malaisie est de fondation
, récente, puisque ce n'est qu’en 1841 qu’elle fut détachée de Siam et érigée en vicariat apostolique.
L'évêché portugais de Malacca, créé en 1557, comptait, au commencement du siècle, environ 2.500 Portugais et métis dans la ville de Malacca, l'ancien théâtre des exploits apostoliques de saint François Xavier.
Mais, depuis longtemps, ce clergé, presque toujours sans évêque, avait délaissé l'évangélisation des peuplades païennes de la presqu'île malaise, et s'occupait uniquement de ses nationaux, D'un autre côté, le petit nombre des missionnaires et leur pauvreté n'avaient pas permis à nos confrères de la mission de Siam de se livrer, comme ils l’auraient voulu, à l’apostolat de ces peuples abandonnés. Cependant la mission de Siam avait essayé, à plusieurs reprises, de profiter des ouvertures qui lui étaient faites, pour porter la foi dans les principautés de la presqu'ile malaise et dans les îles voisines. En 1822, M. Pécot, un de nos confrères, fit un voyage d'exploration dans les principautés de Quédah et de Ligor. Il fut très bien reçu des habitants et des roitelets du pays ; mais la mort du missionnaire, arrivée l’année suivante, ne permit pas de donner suite à cette tentative.
En 1830, deux de nos confrères, MM. Vallon ct Bérard, firent un essai d’apostolat dans l'ile des Nias ; mais ils moururent tous deux, au bout de trois mois, empoisonnés, à ce qu’on croit, par les naturels du pays. D'autres tentatives aux îles Andaman, aux Nicobar, à Sumatra, ne réussirent pas mieux, Les missionnaires furent repoussés par les habitants, ou périrent prématurément, emportés par la terrible fièvre des bois, et ne furent pas remplacés.
Nos confrères furent plus heureux dans l'ile de Pinang, Quand les Anglais se furent emparés de l’île, en 1808, M. Letondal, notre procureur à Macao, y transféra le collège général de nos missions, Cet utile établissement avait été fondé, au début (1670), dans la mission de Siam, Com-
plètement ruiné par les bouleversements poii- |
tiques de la fin du dernier siècle, il fut rétabli à