MGR LIONS
des Missions Étrangères de Paris, vicaire apostolique du
Kouy-tchéou ; d'après une photographie.
En 1800, nous trouvons le vicariat unique du Su-tchuen, Kouy-tchéou et Vun-nan.
En 1843, le Vun-nan est détaché du Su-tchuen et forme un vicariat à part.
En 1846, le Kouy-tchéou, à son tour, est érigé en vicariat apostolique.
La’même année, la Sacrée-Congrégation nous charge de la mission naissante du ‘Thibet, qui est érigée"en vicariat en 1856.
En 1860, le Su-tchuen est divisé en deux oriental et occidental,
Enfin, en 1866, le Su-tchuen méridional est érigé à son tour en vicariat apostolique,
Voici le tableau des développements numériques des missions de l'ouest :
En 1800 :
1 vicaire apostolique, Su-tchuen, 1 évêque, 1 coadjuteur, 2 missionnaires, 20 prêtres indigènes, ? églises, ? écoles, 47.000 catholiques.
En 1806 :
6 missions, 6 vicaires apostoliques, 194 missionnaires, 104 prêtres indigènes, 117.049 catholiques.
En moins d'un siècle, le chiffre des missions de l’ouest est monté de w# à sir, et celui des chrétiens à presque #ripéé.
L'histoire de ces missions n'est guère qu’un long martyrologue. Au Su -tchuen, l'année 1800 s'ouvre par le sacre d'un évêque martyr, Mgr Gabriel Taurin-Dufresse, évêque de Tabraca, Depuis une dizaine d'années, une paix relative régnait dans la mission, Voulant profiter de ces quelques jours d’accalmie, le prélat tint, au mois de septeinbre 1803, un synode auquel assistèrent un missionnaire et 14 prêtres chinois. On y fit des règlements très sages pour l'administration des chrétientés chinoises. Ce synode, revu et approuvé, en 1822, par la Sacrée-Congrégation, fut imprimé à ses frais, et
,envoyé, pour servir de règle, à toutes les missions de Chine et d'Annam.
La persécution, qui grondait depuis 1809, se réveilla plus violente en 1812, 1813 et 1814. Le séminaire de la mission fut ruiné, et le coadjuteur, Mgr Florent, qui dirigeait cet établissement, fut forcé de s'enfuir au Tong- King, où il mourut (décembre 1814); le vicaire apostolique, Mgr Dufresse, fut arrêté le 15 mai 181$, condamné à mort et exécuté le 15 septembre suivant. Douze prêtres chinois furent exécutés dans les années 1815 et 1816, ou envoyés en exil perpétuel en Tartarie, ainsi qu'un certain nombre de fidèles.
La mission du Su-tchuen demeurait sans pasteurs. Le vicaire apostolique, Mgr Fontana, ne put étre consacré qu'en 1820, par son coadjuteur, Mgr Perrochau, nouvellement arrivé de France. On s'empressa d’ordonner de nouveaux prêtres, pour remplacer ceux que la persécution avait enlevés,
En 1820, la mission du Su-tchuen, à peu près sortie de la crise, comptait: 1 vicaire apostolique, 1 coadjuteur, 1 missionnaire, 15 prêtres indigènes, environ 60.000 chrétiens.
Le séminaire avait £'é rétabli au Yun-nan:
plus tard, un second fut ouvert à Mo-pin, sur la frontière du Thibet.
Les années suivantes furent assez tranquilles: il y eut seulement quelques persécutions locale qui firent deux ou trois martyrs. En 1831, com-
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mença au Su-tchuen l'œuvre des baptêmes d'en. fants d'infidèles en danger de mort : 7.000 enfants furent régénérés cette année, Cette œuvre angélique a pris des développements considérables, En 1888, dans nos six missions de l'ouest, 105.955 enfants ont été régénérés à l'heure de la mort, Depuis cinquante ans que l'Œuvre fonctionne, plus de trois millions de petits anges, au Su-tchuen'et dans les missions voisines, sont allés implorer le Ciel en faveur de leur ingrate patrie.
En 1840, nous trouvons dans la mission du Su-tchuen : 1 vicaire apostolique, 1 coadjuteur, 12 missionnaires, 30 prêtres indigènes, 54.912 chrétiens, 2 séminaires, 500 vierges chinoises tenant les écoles, les orphelinats, et s'occupant du baptême des enfants de païens, La moyenne des conversions varie de 300 à 400 chaque année,
C'est alors que commence la division de la mission. Le Vun-nan est détaché du Su-tchuen en 1843, le Kouy-tchéou en 1846, puis, le nombre des chrétiens allant toujours en augmentant, le Sutchuen lui-même est divisé en trois vicariats : oriental, occidental et méridional,
I. — Le vicaire apostolique du Sutchuen oriental, Mgr Desflèches, s'installe à Tchong-kin-fou, la capitale de la province, Son épiscopat de quarantetrois années (1844-1887) n'est qu'une ligue lutte contre la fourberie et la méchanceté des mandarins chinois.
établit ses missionnaires dans tous les centres importants du pays, mais au prix de quels sacrifices ! En 1865, M.
Mabileau est massacré à Yeou-yang ; en 1809, M. Rigaud est mis à mort dans la même ville ; en 1873, M. Hue et un prêtre chinois sont tués à Kienkiang ; puis viennent les massacres et les incendies de Kiang - pée (1874), Presque chaque année des chrétientés sont détruites, des établissements brûlés, des chrétiens sans défense mis à mort dans des émeutes Populaires, Le vaillant prélat ne se décourage pas : il lutte auprès des ambassadeurs et des ministres du gouvernement chinois, pour faire | rendre justice à ses malheureux chrétiens, que la | fourberie des mandarins s'efforce de transformer en oppresseurs des païens et en rebelles. A la fin, grâce aux bons offices de l'ambassade de France, il finit par obtenir justice et réparation ; mais ie gouvernement chinois ne peut lui par-
il est forcé de reprendre la route de France. | Bientôt, comprenant que sa santé, épuisée par | tant d'années de luttes, lui ôte l'espérance de | revoir jamais son cher Su-tch
1882, sa demission auv ma
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missionnaire au Su-tc
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és. Pendant dix-huit mois, les pa
JÉSUS-CHisr, et ne s'occupe plus qu'à se pré- Parer à la mort, arrivée le 7 novembre 1887, au
Sanatorium de Mo ibéton, diocèse de Montauban, 1n memorit æterna erit Justus
La persécution n'a Pas cessé au Sut-chuen oriental, Tout récemment, à l'occasion de cer. taines imprudences commises par les protestants de Tchong-kin, la populace s'est ruée sur l'évé. ché et tous les établissements centraux de la mission, En quelques heures, tout a été anéanti,
[ y a actuellement dans la mission : 64 églises ou chapelles, 42 missionnaires, 36 prêtres indi-
MGR HUE, des Missions Étrangères de Paris,
huen oriental, massacré le 5 Septembre 1873.