élèves
[T. — Les mêmes scènes ont lieu au Su-tchuen occidental, Chaque fois qu'un mouvement de Conversions se déclare, des placards incendiair.
| appellent la populace aux Massacres et aux incendonner d'avoir dévoilé ses fourberies, et, en 1878, | d
ies, et les espérances de l'apostolat sont anéanties. En 1876, en particulier, 31 stations de nou-
veaux chrétiens, comprenant 300 familles, furent | pillées et détruites
» 39 chrétiens massacrés, 1 église, 4 oratoires et plusieurs pharmacies brû-
uvres chrétiens
ne purent rentrer chez eux. A la fin, sur les instances de l'ambassade, ils reçurent une indemnité dérisoire, et on leur permit de relever les ruines de leurs maisons incendies ; mais aucun des assassins et des pillards ne fut puni, par une raison bien simple, c'est qu'ils avaient agi avec la connivence des mandarins, Et presque chaque année, de pareilles infamies se renouvellent sur un point ou sur l'autre. Voilà ce qu'on appelle pompeusement la liberté religieuse promise par les traités. Vraiment mieux valait l'ancien système de la persécution franche et déclarée,
La mission du Su-tchuen occidental a 52
églises ou chapelles, 34 missionnaires européens, 44 prêtres indigènes, 2 séminaires, 100 élèves, et 152 écoles de chrétientés, 2.540 élèves,
III. -— La situation est un peu plus tranquille dans le Su-tchuen méridional, sans être vraiment sûre nulle part. On sent que, surtout depuis les défaites de la France en 1870, le gouvernement chinois ne cherche qu’à éluder les traités.La moindre imprudence, une étincelle, un rien pourrait amener une conflagration générale et ruiner toutes les œuvres de l'apostolat.
Le Su-tchuen méridional a 43 églises ou chapelles, 37 missionnaires, 10 prêtres indigènes,
MGR BAPTIFAUD, des Missions Étrangères de Paris, missionnaire du Yun-nan, massacré le 17 Septembre 1874.
1 séminaire, 40 élèves, 125 écoles de district 1.780 élèves.
Total pour toute la province du Su-tchuen :
88 478 chrétiens,
IV. — Le Yun-nan fut érigé pour la première fois en vicariat apostolique en 1702. M. Le Blanc, le premier titulaire, trouva, en arrivant dans la province, 4 chrétiens seulement. I] f exilé en 1707, et mourut au Fo-kien, sans 0 reçu la consécration épiscopale.
Son successeur, Mgr de Martillac, ne put même entrer dans sa mission, Il mourut à K
en 1735. À partir de cette époue, lk vicariat du Yun-nan fut rattaché à celui d'1 Su-tchiuen.
C'est de 1843 que date l'érection :!
finitive. L'année précédente, un de nos confrères, M. Vachal, était mort de faim dans les prisons du Yurn-nan, À cette époque, il y avait 3.000 catholiques dans la province.
La révolte des mahométans, qui dura quinze ans et couvrit le Yun-nan de ruines, causa beaucoup de mal à nos chré.
tientés #t arrêta les progrès de la prédication. Néanmoins, au bout de trente ans, le vicariat apostolique comptait déjà 8.300 chrétiens.
En 1874, M. Baptifaud, un de nos confrères, fut massacré par un parti de rebelles , mais sans qu'il y eût de la faute des mandarins. On ne peut, mal.
heureusement, en dire autant du massacre de M. Terrasse, en 1883. Cette fois, la plèbe avait été ameutée avec la connivence des autorités ; 14 chrétiens furent tués avec le Père et 4 stations détruites.
Il y eut aussi d’autres massacres en 1885 et 1886 ; un prêtre chinois fut tué et plusieurs oratoires incendiés,
Il y a au Yun-nan 55 églises ou chapelles, 29 missionnaires, 7 prêtres indigènes, 1 séminaire, 30 élèves, et 1.588 enfants dans les 67 écoles de chrétientés.
Population catholique : 9,859.
V. — [Le premier vicaire apostolique du Kouy-tchéou (1702) fut un Jésuite, Mgr Turcati, Il mourut en 1708, laissant 15.000 fidèles dans la mission.
, son successeur, Mgr Wisdelou, des Missions Etrangères, fut sacré, à Macao, par le cardinal de Tournon, légat du Pape, alors prisonnier des Portugais, Il ne put pas même entrer dans son vicariat ; les chrétiens du Kouy-tchéou se dispersèrent, et la mission ne fut reprise qu’en 1770 par nos confrères du Su-tchuen.
De 1770 à 1846, date de l'érection définitive du vicariat apostolique, il y eut plusieurs persécutions locales qui firent un certain nombre de martyrs,
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En 1862, un de nos confrères, le vénérable Néel, fut décapité, avec plusieurs chrétiens, par ordre d’un mandarin militaire, Après la publication du traité de 1860, il se fit, au Kouy-tchéou, un grand mouvement de conversions, et l'on compta jusqu'à 10.000 adorateurs à la fois ; ce qu montre ce que l'on pourrait attendre des Chi. nois, s'ils avai:nt vraiment la liberté religieuse. Le vice-roi de la province, ami particulier du vicaire apostolique, Mgr Faurie, paraissait favoriser franchement le mouvement. Mais l'homme ennemi veillait : pendant que Mgr Faurie était au concile, la persécution éclata À l'improvist trois de nos confrères furent horriblement mal. traités, et l’un d'eux, M. Gilles, mourut des suites de ses blessures ; chapelles, résidences, écoles, orphelinats, pharmacies, tout fut anéanti ; 12 chrétiens furent Mmassacrés, et tous les néophytes chassés de leurs maisons, après avoir perdu ce qu'ils possédaient,
À son retour du concile, en 1872, Mgr Faurie mourut empoisonné, à ce qu'on croit, par ordre des mandarins. Son compagnon de voyage, M. Mihières, supérieur de la mission du Kouangsi, mourut, quelques jours après, avec les mêmes symptômes d'empoisonnement.
Dés lors le mouvement des conversions au Nouy-tchénu fut enrayé, C'était le but que s'étaient proposé les mandarins. Les malheurs de la France n'ayant pas permis d'exiger les réparations nécessaires, l'histoire de la mission du Kouy-tchéou n'est plus, comme au Su-tchuen, qu'une série de persécutions locales et de soul: vements populaires, avec la connivence des autorités. Malgré toutes ces épreuves, la mission du Kouy-tchéou n'a cessé de se développer et elle compte, en ce moment, 17,000 fidèles.
Il y a dans le vicariat : 72 églises ou chapelles, 30 missionnaires, * prêtres indigènes, 2 séminaires et 2.522 enisnts dans les 128 écoles de district,
Population catholique : 17.270,
VI. — La mission du Thibet présente des difficultés toutes spéciales.
L'Hassa, résidence du Daïli-lama, est comme | la citadelle et le sanctuaire du Bouddhisme. Le pays tout entier, bien que tributaire de la Chine, est sous la domination effective des grandes lamaseries, qui forment une théocratie puissante ct redoutée du peuple. De là, les difficultés que l'apostolat rencontre devant lui,
En 1808, la Sacrée-Congrégation érigea le vicariat apostolique du Thibet-Hindoustan, qui fut donné, comme je l'ai dit, aux Capucins d'Agra. On espérait alors pénétrer au Thibet par les Himalayas, mais l'on vit bientôt qu'il fallait y renoncer,
C'est pourquoi, en 1844, la mission du Thibet fut détachée de celle des Indes, et, en 1846, elle fut offerte à la Société des Missions Etrangères.
Sur ces entrefaites, deux Lazaristes, les PP. |
Huc et Gabet, attaquaient le Thibet par la
Mongolie, Ils parvinrent jusqu'à l'Hassa, mais
ils en furent chassés au bout de quelques mois,
et leur retour à travers la Chine nous a valu un récit de voyage très intéressant,
La Société des Missions Étrangères ayant accepté la mission du Thibet, on essaya d'abord d'y pénétrer par les Indes, Après une première tentative infructueuse, M, Krick, dans un second voyage, fut assassiné avec son compagnon M, Bourry, et la route des Indes fut reconnue impraticable,
On essaya alors de celle de Chine, En 1854, deux de nos confrères s'établirent dans la vallée de Bonga, sur la frontière du Su-tchuen.
En 1857, Mgr Thomines-Desmazures, premier vicaire apostolique du Thibet, reçut la consécration épiscopale, Dès lors, la mission était définitivement constituée.
Après plusieurs tentatives d'expulsion, en 1864, les quelques postes que nos confrères, à force de sacrifices, avaient réussi à fonder sur la frontière, furent détruits, les missionnaires expulsés, un d'eux, M. Durand, assassiné : en traversant un fleuve, deux chrétiens furent noyés, et tous ceux qui refusèrent d'apostasier furent chassés du pays. Comme le Thibet est tributaire de la Chine, on s’adressa à Péking pour obtenir justice, mais le gouvernement chinois était complice ; il refusa positivement d'intervenir, sous prétexte que le Thibet n’est pas compris dans les traités de 1860. La mission du Thibet fut donc forcée de se replier à l’intérieur de Ja Chine, et n'exista plus que dens quelques stations situées sur la frontière.
Les lamas, nos éternels ennemis, ne nous y laissèrent pas tranquilles.
En 1873, ils ruirèrent la station de Ba-thang, en 1881, ils firent assassiner M. Brizeux, un de nos confrères ; enfin, en 1887, ils anéantirent tous les postes-frontière que nous étions parvenus à ouvrir,
Les choses en sont Jà pour le moment, Tant d’insuccès n'ont pas découragé la patience des missionnaires, C'est un axiome reçu en stratégie que toute place forte assiégée est forcée de se rendre un jour ou l'autre. Voilà un demi-siècle que nous faisons le siège de cette citadelle de l'Enfer. Un jour, bientôt peut-être, le Thibet sera forcé de nous ouvrir ses portes.
Voyant la difficulté de pénétrer actuellement var la Chine, nos confrères ont voulu essayer à nouveau la route de l'Inde: M. Desgodins, provicaire de la mission, s'est installé, en 1882, avec quelques confrères, au pied des Himalayas. Une partie du district de Darjeeling (mission d’'Agra) a été cédée, à cet effet, à la mission du Thibet,
1 vicaire apostolique, 16 missionnaires, 1 prêtre indigène, 10 stations, 1.433 catholiques.
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