‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 201 sur 404 · Livre IX · texte numérisé non relu

Livre IX

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224 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIX"w SIÈCLE,

» n'en venait plus, si le sacerdoce se recrutait » dans cette race marchande, aventurière et gros- » sière, je craindrais 1: résultat. y Je me permets ici d'être d'un avis absolument opposé ; je fais des vœux pour que cette race intelligente et pra tique, — qui, bien qu'en dise l'illustre publiciste, donne beaucoup À l'Eglise, puisque, sans budget de l'Etat, elle soutient noblement son clergé et ses œuvres, — ne se contente plus de fournir ses dollars, mais qu'elle se donne un peu plus ellemême. Les 1684 élèves ecclésiastiques qui se préparent à cette heure au sacerdoce, dans les wingttrois grands séminaires de l'Union, permettent d'espérer que ce vœu sera de plus en plus exaucé,

A côté du clergé séculier, les Ordres religieux d'hommes et de femmes. Sous ce rapport, les Etats-Unis égalent, s'ils ne les dépassent, les nations les plus catholiques, Environ /rois mille cinq cents religieux appartenant à guarante-deux Ordres ou Congrégations reconnus dans l'Eglise, plus de seise mille Sœurs, re rattachant à soirante familles religieuses, constituent une troupe auxiliaire de vingt mille religieux des deux sexes, qui marchent à l'avant-garde de tous les dévouements et de toutes les immolations. sous la triple bannière de la pauvreté, de la chasteté et de l’obéissance. Quelle force au milieu d'utie nation adonnée au culte des jouissances matérielles !

IT. — Œuvres. Nous venons de voir le personnel de l'Eglise catholique aux Etats-Unis, Les œuvres répondent dignement aux forces que l'Eglise romaine peut mettre en action. En dehors des 10.207 églises ou chapelles, dans lesquelles le culte s'exerce régulièrement, avec la pompe et la dignité des vieilles églises de l’Europe, il y a encore aux Etats-Unis près de dix-Muit cents stations, qui sont visitées, À des intervalles plus ou moins rapprochés, par le prêtre voisin, car, à côté des pa”oisses déjà constituées, une partie du pays, surtout dans l’ouest, reste encore à l'état de mission. Chacune de ces stations. est destinée à devenir prochainement un nouveau centre paroissial. Dès que l’évêque peut disposer d'un prêtre jeune, actif et zélé, il l'envoie à quelqu’'une des stations sans pasteurs, Le prêtre arri e, n'ayant bien souvent d’autr® viatique que la bénédiction de son évêque ; il s'installe dans une chambre d’auberge, et va visiter ses futurs paioissiens, les habitants du lieu ; presque toujours, il est accueilli avec empressement, et tous, même les protestants, souscrivent largement pour l'érection de l'église.

En homme pratique, l'Américain, quelles que soient ses convictions religieuses, calcule qu'une église catholique attirera et fixera dans la localité de nombreux émigrants.

Pendant que l'édifice matériel s'élève, le prêtre va à la recherche des brebis perdues d'Israël. Fresque partout il rencontre des catholiques, qui, faute de prêtre et d'église, ont laissé, depuis un temps plus ou moins long, toute pratique

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parti-pris, à cette impiété brutale et Lête, qui, chez nous, retient tant d'âmes éloignées de l'église, Ces pauvres gens n'ont rien contre le catholicisme ; ils ont cessé de pratiquer faute d'occasion ; mais leur cœur est resté chrétien, et ils sont heureux de voir le prêtre se fixer au milieu d'eux,

En attendant l'achèvement de l'église, on se réunit le dimanche dans une salle d'école, quelquefois à l'auberge, d'autres fois au tribunal nos où l’on peut trouver un local disponible : à, catholiques et protestants se pressent pour entendre la parole de DIEU, et contempler ces majestueuses cérémonies de l'Eglise romaine dont l'hérésie ne peut offrir qu'une parodie. L'onction qui les accompagne, l'accent convaincu de la prédication agissent sur les cœurs et dissipent bien des préjugés. Bien souvent, quand l'œuvre matérielie est achevée et que l'évêque vient consacrer la nouvelle église, il a la joie de faire entrer dans l'édifice spirituel de nouveaux enfants que l'ignorance seule et des préjugés de naissance et d'éducation retenaient loin du catholicisme.

Voilà comment se fonde une paroisse aux Etats-Unis. N'ayez point d’inquiétudes pour le pasteur, Peut-être au début, si les paroissiens sont pauvres et clairsemés, il aura besoin d’être assisté par l'évêque ; mais, avec l'esprit d'initiative des Américains, son troupeau saura bientôt pourvoir à son honnête entretien et à tous les besoins du culte. L'habitude de ne rien attendre de l'Etat fait que les fidèles sont formés,aux Etats-Unis, à compter sur eux-mêmes, pour soutenir leurs œuvres, Bientôt, à côté de l’église, vous verrez s'élever le presbytère, la maison d'école, les établissements de charité. Des quêtes annuelles, des souscriptions volontaires suffiront à tout. Le prêtre ne sera plus, come on dit fort improprement en certain pays catholique, #” salarié de l'État ; ce sera un père au milieu d’une famille dévouée, qui est heureuse de pourvoir largement à ses besoins matériels, en échange des services spirituels qu'il leur rend et de sa vie qu'il leur consatre,

Aux Etats-Unis comme en Europe, l'œuvre des œuvres, c'est l'éducation de la jeunesse, d'autant que, dans la grande majorité des Etats, l'école est ”on-confessionnelle, c'est-à-dire que, sous pretexte de respecter la liberté de conscience, tout enseignement dogmatique est banni de l’école, bien qu'on y lise la Bible et qu’on y prononce toujours avec respect le nom de DIE.

Ce système, tout défectueux qu'il soit, se comprend aux Etats-Unis mieux qu'ailleurs, à cause de la multiplicité des sectes. Il est juste de reconnaître que la neutralité y est presque toujours observée, et qu: l'hostilité systématique y est très rare. Il n’en est pas moins vrai que l'absence de tout enseignemen: confessionnel constitue un grave danger pour la foi des enfants

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scandales qui sont le résultat inévitable d'un parcil laiscer-aller, Un des meilleurs publicistes de l'Union, M. Richard Grant White, s'est fait, dans son journal, l'interprète des Plaintes légitimes des parents, dans un article qui eut alors un grand retentissement. Après un exposé loyal et franc de la situation lamentable d’un grand nombre d'écoles ubliques, au point de vue des mœurs, Fe vient à condamner en bloc tout le systèrne scolaire des Etats-Unis, et conclut en ces termes :

« Telle est la condition où nous sommes » réduits après un demi-siècle d'expé- > rience de notre système d'écoles pubii- » ques, ce système dont Ja seule justi- » fication était qu'il devait être une pa- » nacée pour la guérison de tous les maux » sociaux et politiques (1), »

Il est donc très naturel que l’épiscopat américain ait mis une grands part de ses sollicitudes à la fondation d'écoles catholiques, pour sauvegarder la foi et les mœurs de la jeunesse, A plusieurs reprises, les conciles de Baltimore ont porté des décrets pour interdire 1a fréquentation des écoles non confessionnelles. La récente décision qui vient d'être rendue, dans un cas Particulier, en faveur de l'arrangement conclu par Mgr l’archevêque de Saint-Paul, ne préjuge rien (la Sacrée-Congrégation l’a formellement déclaré) contre les règles générales, sanctionnées À plusieurs reprises par les Souverains-Pontifes, gardiens du dogme et de la morale évangéliques. Sauf les exceptions locales et particulières, il est interdit aux parents catholiques d'envoyer leurs enfants dans les écoles non confessionnelles de l'Etat, là où ils trouvent l’école confessionnelle à leur portée,

Grâce au zèle des évêques des Etats.

Unis, il est aujourd'hui bien peu de centres catholiques qui soient dépourvus d'écoles confessionnelles, Voici quelle est, au rer janvier 1890, la

situation des écoles catholiques dans les Étatsnis:!

36 grands et petits séminaires, 2.033 élèves ; 119 collèges de garçons, 17.309 élèves ; 493 pensionnats de filles, 32.705 élèves ; 3.732 écoles paroissiales, 580.453 élèves.

Ce qui fait en total 4.400 maisons d’éducatior., dans lesquelles l'Eglise romaine donne l'enseisnement primaire, secondaire et supérieur À 032.560 enfants, sans parler de 246 orphelinats, pénitenciers, écoles industrielles pour les enfants

1 Worth American Review, Décembre 1880, Missions Catholiques,

L'ÉGLISE DES ÉTATS-UNIS, 1800-1890 ER etats

D'un autre côté, un grand nombre d'écoles du gouvernement sont wixfes c'est-à-dire que garçons et filles y sont élevés en commun, au grand détriment, il faut l'avouer, de ja moralité, L'opinion publique, pourtant fort large à cet égard aux Etats-Unis, s'est émue récemment des nombreux

——— noirs et sauvages, dans lesquels sont élevés, nourris et entretenus 30.000 enfants abandonnés, Ce qui décharge d'autant l'assistance pubiique. L'Eglise catholique, qui fait tant pour l'édu. cation chrétienne et morale des enfants, n'oublie pas qu'elle est aussi la mère des pauvres, des souffrants, de tous les déshérités de la vie. Aussi, à côté de l'école, vous rencontrez, dans les principaux centres, 514 instituts dé charité, dont 181 hôpitaux, ouverts aux malades de toutes croyances, et 129 asiles, hospices pour les vieillards, raisons de secours pour les aveugles, les sourdsmuets, lis fous, sans parler des Bons-Pasteurs,

MGR IRELAND, archevêque de Saint-Paui.

refuges, maisons de préservation pour les malheureuses filles qui sont exposées à se perdre, Où pour celles que le vice a déjà touchées et flétries.

C'est par milliers qu'on compte les malheureux soulagés ainsi annuellement par la charité maternelle de l'Eglise, arrachés aux mauvaises

inspirations de la misère, au vice, au désespoir et à la mort,

UT. — Population catholique. En fin de compte, que faut-il attendre du catholicisme américain et quelest le jugement qu’il convient

de. porter sur cette jeune Eglise, qui se présente avec un Caractère si tranché et si nouveau pour

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226 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXm SIÈCLE.

nous autres, catholiques du vieux monde ? On a vu que les :ppréciations diffèrent à cet égard, et que des hommes illustres et connus par leur dévouement à la Sainte Eglise sont loin d’admirer tout ce qui se fait là-bas de l'autre côté de l'Atlantique. Pour moi, je le déclare franchement, sans en dissimuler les ombres et les côtés défectueux, je suis de ceux qui espèrent beaucoup'et qui voient avec sympathie et confiance l’épanouissement merveilleux de cette ieune Eglise, au soleil des libertés de la société moderne. Je crois d’ailleurs être en cela pleinement d'accord avec les Vicaires de JÉSUS-CHRIST, qui, plus d'une fois en ce siècle, ont témoigné hautement de leur amour pour cette fille cadette de l'Eglise romaiue, qui semble destinée providentiellement à consoler le cœur des Souverains Pontifes des ingratitudes et des apostasies de nos vieilles sociétés, « Nulle part, écrivait déjà Grégoire XVI, en 1841, je ne me sens Pape comme aux Etats- Unis. » Là, en effet, pas de gallicanisme, pas d'intervention brutale de l'Etat dans les affaires ecclésiastiques. Le Vicaire de JÉSUS-CHRIST s'adresse directement au peuple fidèle, par l’intermédiaire des premiers pasteurs, et toujours jusqu'ici sa parole a été écoutée avec le plus filial empressement.

D'un autre côté, on peut établir en thèse générale que le respect humain est à peu près inconnu aux Etats-Unis. Là, chacun professe librement sa religion et, dans ce pays de la liberté absolue des opinions, il serait fort mal venu à critiquer ce que font les autres. Aussi les catholiques, autrefois si méprisés, alors qu'ils ne formaient qu’un centième de la population, s’affirment hautement aujourd'hui, et sont justement fiers d’appartenir à l'Eglise romaine. Ils pourvoient très généreusement à l'entretien de leurs pasteurs, à la splendeur du culte et à toutes les œuvres d'enseignement et de charité. J'ajoute que leur conduite tranche généralement sur celle de leurs voisins protestants, et fait honneur au catholicisme.Tout en restant Américains, hommes d’affaires et d'initiative, ils se distinguent ordinairement par une scrupuleuse probité ; au milieu d’une société adonnée au culte des jouissances rtérielles, ils ont gardé assez d'esprit d’abnégation et de famille pour élever de nombreux enfants, alors que la stérilité systématique et le divorce détruisent autour d'eux les familles et mettent, sous ce rapport au moins, les protestants dans une situation très inférieure à celle des catholiques.

Dès 1875, M. Claudio Jannet, dans son beau livre sur les Etats-Unis contemporains, constatait cette supériorité : (1) & Le catholicisme » est aujourd’hui la confession religieuse qui » compte aux Etats-Unis de beaucoup le plus > grand nombre d’adhérents ; et l’on comprend » les forces croissantes qu'il acquiert, quand on

1, Les Etats-Unis contemporains, tom. 2, p, 26.

» compare la vigueur. de son organisation et de » ses principes internes avec le fractionnement » indéfini et la décomposition intérieure des » différentes confessions du protestantisme, Ses >» progrès ne sont pas dus seulement à l’émigra- » tion et à l'accroissement remarquable des » familles catholiques ; il entame constamment » la société protestante par des conversions indi- » viduelles, Le catholicisme se présente, en effet, » aux Etats-Unis comme la nécessité religieuse » et la nécessité sociale. » Et après un tableau attristé du désarroi doctrinal des différentes sociétés protestantes et des périls que le socialisme fait courir à ce monde nouveau, déjà gangrené par l'amour de l'or et la recherche des jouissances, l’auteur conclut en ces termes:

€ Loin de s’affaiblir avec l’affaissement des sectes >» protestantes, le catholicisme a absorbé en lui » tout le mouvement chrétien et le meilleur de » la vie religieuse de la nation ; aujourd’hui, il est » l’un des éléments les plus considérables dans » la vie du peuple américain. »

M. de Tocqueville et le, baron Hubner, dans leurs publications sur les États-Unis, portent le même jugement sur la situation du catholicisme américain, dont ils opposent la vigueur et la prospérité à la décadence irrémédiable des confessions protestantes. « Chose étonnante! écrivait » déjà Ozanam en 1851 (1), la liberté, qu'on » disait mortelle au catholicisme, n'a profité » qu'à lui,et les sectes y succombent. Privées » dela tutelle du pouvcir, qui, sans prévenir les » scissions intérieures des doctrines, leur prête » ailleurs un corps factice en les absorbant dans » la tutelle officielle de l'État, ici elles ont pu, » affranchies de tout frein, s'abandonner à leur >» pente naturelle, et atteindre les dernières » limites de cette cicomposition où les préci- » pite le poids même de leur principe. Toutes » les formules de l'erreur, tous les écarts de » l'indiscipline, tous les morcellements de la dis- » corde, elles les ont parcourus dans une pro- » gression effrayante, jusqu'à ce qu'elles en » soient venues à former autant de tronçons >» qu'elles ont déchiré de pages à leur Évangile » en lambeaux. Réduites aujourd'hui à l'impuis- > sance de se mutiler encore, parce qu'on ne » fractionne pas la poussière, elles ne conser- » vent plus d'autre symbole commun, d'autre » ralliement et d'autre vie que la haine du catho- » licisme, chaque jour plus épanoui à ce soleil » de la liberté qui les consume, »

Cette désorganisation complète du protestantisme américain constitue, il faut le reconnaître, un danger pour l'Eglise catholique elle-même. Des miasmes délétères se dégagent de ce cadavre

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on chiffre par millions le nombre de ceux qui ne

sont pas baptisés et qui n’appartiennent en réalité à aucune Eglise,

c'est précisément ce qui fait leur force actuel. Voici ce que dit à ce sujet Claudio Jannet :

€ Sept à huit millions de Personnes seulement » fréquentent régulièrement les temples protes- | de liberté absolue tend » tants ; l'Eglise catholique, à elle seule, a » autant d’adhérents Pratiquants. Il reste une » masse énorme de plus de #rente millions d'âmes » qui vivent en dehors de toute pratique reli-

» gieuse régulière, » ment que n'importe quelle Eglise ; mais il yalà Un pareil spectacle est éminemment démo- un symptôme redoutable pour l'avenir. L'esprit ralisateur, On à vu que le catholicisme a fait, au | de critique, de raiso cours de ce siècle, de très grandes pertes aux Etats-Unis, pertes douloureuses qu'on peut | qui en ont fait leur idéal politique. Il est à évaluer à dix cu douze millions d’âmes. On craindre que du forum, où il fait déjà pas mal de attribue généralement ces défections à la pénurie | sottises, il ne cherche à se glisser de nouveau de prêtres et de secours religieux dans les pre- | dans le temple. C’est là, je l'avoue, le seul danger mières années : mais re Pourrait-on pas aussi | sérieux que je redoute pour cette belle Eglise. faire remonter une partie de la responsabilité à L'esprit catholique est un esprit d'humilité et de cet indifférentisme religieux, qui est l’état normal soumission filiale à l’autorité ; <'est tout l'opposé de la société américaine et la conséquence pra- | de l'esprit américain, tique de la séparation de l'Eglise et de l'Etat » € Si je n'ai pas la charité, je ne suis rien, » En dépit des principes modernes, l’homme est disait l’Apôtre, L'Eglise des Etats-Unis a certoujours un enfant, au regard de la vérité et du tainement la charité, et ses œuvres la louent

devoir : il a besoin d'être enseigné et protégé suffisamment. Qu'elle veille seulement à garder, contre les séductions de l'erreur et sa p

ropre | comme son plus précieux trésor, l'esprit d'humifaiblesse, ( L'homme est naturellement bon, s'é- | lité. Que ses premiers Pasteurs restent toujours crie Rousseau, c'est la société qui le déprave ! » unis, indissolublement attachés à la Chaire apos.- Erreur et sophismé ! L'homme, déchu en Adam, | tolique, que ses prêtres continuent à ne faire qu'un est naturellement porté à se tromper et à mal | avec leurs évêques, que les fidèles acceptent, sans faire. € Aux Etats-Unis, dit encore Claudio

raiscnner, la direction et les enseignements de » Jannet, tous les freins de la parole et de la | leurs prêtres, l'Eglise des Etats-Unis, au milieu » presse ont été rompus. Tout est mis en dis- | de la décadence et de l'éparpillement des sectes,

» cussion ; le mal a presq'e autant de liberté | ralliera à elle tous les esprits droits, toutes les » que le bien, Le matérialisme pratique, l'immo- | âmes de bonne volonté, et continuera à nous » ralité, la corruption politique, la malhonnéteté donner de plus en plus le spectacle d'une Eglise

iè i glorieuse, qui ne connaît encore ni les souillures » la fécondité et la stabilité, » de l’hérésie, ni les rides dela vieillesse : #/exhiberet

Voilà l'envers du tableau et ce qui explique | 554; £&loriosam Ecclesiam, non habentem maculam certains jugements sévères qu'on a portés parfois | negue rugas,

SOUS le nom générique d’Indes Occidentales, on comprend ordinairement les terres nouvelles découvertes, à la fin du xve siècle, par Christophe Colomb (Antilles et Guyanes).

On sait que le grand navié gateur génois, en s’avançant dans l'Ouest, à travers les profondeurs de la mer « Ténébreuse, » croyait arriver directement aux Indes, quand il rencontra devant lui la barrière des îles que la Pr--'idence a semées, comme autant de corbei : de verdure et de fleurs, au milieu du golfe du Mexique. Croyant déjà toucher aux Indes, il donna naturellement au pays qu'il venait de découvrir le nom d Indes Occidentales, qui leur est resté.

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Au point de vue religieux les Indes Occidentales se partagent en plusieurs groupes de missions et plusieurs provinces ecclésiastiques, dont les unes relèvent encore de la Propagande, et les autres, organisées hiérarchiquement depuis longtemps, ne doivent plus être considérées comme pays de mission.

A l'entrée du golfe du Mexique, on trouve d’abord les îles Bahamas, qui appartiennent à l’Angleterre, et sont sous la juridiction de l'archevêque de New-York ; puis, en pénétrant dans l'intérieur du golfe, on aborde à l'ile espagnole de Cuba, qui forme une province ecclésiastique : archevêché, Santiago de Cuba; deux évêchés suffragants : Saint-Christophe de la Havane ct Saint-Jean de Porto-Rico. Ce pays étant tout catholique et hiérarchisé depuis longtemps, je ne m'en occuperai pas, non plus que des deux évêchés français de la Guadeloupe et de la Martinique, suffragants de l’archevêché de Bordeaux.

Par contre, on peut considérer comme pays de missions, bien que ne relevant pas de la Propagande, l’ancienne colonie française de Saint- Domingue. Elle a deux provinces ecclésiastiques: l'archevêché de Saint-Domingue et l'archevêché

LE GAFHORIENER

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