HAÏTI, — RUINES DU PALAIS DE SANS-SQUCI, À MILOT, PRÈS DU CAP
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HAITIEN ; d’après une photographie,
a gardé notre langue et nos mœurs ; si elle copie, en les amplifiant, nos défauts, elle a aussi quelques-unes de nos bonnes qualités, en particulier le sens religieux. Convertis et instruits convenablement, les Haïtiens font souvent d'excellents chrétiens, On en voit qui font, chaque semaine, quinze ou vingt lieues pour assister à la messe du dimanche. Le Denier de Saint-Pierre, l'œuvre de la Propagation de la Foi sont en honneur parmi eux, Plusieurs associations d'hommes se sont formées sous la bannière du Sacré-Cœur, les membres communient régulièrement le premier vendredi de chaque mois, La paroisse cathédrale
| de Port-au-Prince compte, à elle seule, trois cents Cette population d'Haïti, exclusivement noire, | de ces pieux associés,
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Il y a donc à Haïti tous les éléments d’une régénération religieuse, Mais, pour cela, il faut deux choses : de bons prêtres, en nombre suffisant, et un peu de stabilité politique. Or, jusqu'ici, ces deux conditions indispensables ont fait plus ou moins défaut. En 1889, pendant que deux compétiteurs se disputaient, les armes à la main, le pouvoir suprême, n’avons-nous pas vu arriver en France l’ex-président Salomon ? C'est le sixième président de la République violemment renversé depuis 1860. Six révolutions en trente ans, sans parler des tentatives avortées ! Comment le catholicisme, qui est une religion d'ordre et de paix, pourrait-il prospérer dans un milieu si troublé !
SAINT-DOMINGUE. Yÿ-
À situation est un peu plus tranquille, sans
être plus assurée, dans la partie orientale de l'île, qui depuis 1843 forme la République séparée de Saint-Domingue. Pendant trente ans, de 1843 à 1873, la guerre civile fut en permanence dans le pays, au grand détriment des intérêts conservateurs et religieux. Enfin, en 1871, un des présidents de la nouvelle République eut l'heureuse inspiration de demander pour elle le baptême catholique, en ouvrant des pourparlers avec le Saint-Siège pour la restauration du pays.
Par un bref de 1874, le Pape nomma un vicaire apostolique, administrateur de l'archevêché de Saint-Domingue, l'antique primatiale du Nouveau-Monde, demeurée près d'un siècle sans titulaires. Cette démarche a porté bonheur à la jeune République de Saint-Domingue. Depuis ce temps les compétitions politiques se sont apaisées, et la religion est rentrée peu à peu dans les masses, En 1880, un prêtre, le R. P. Moréno, était même nommé Président de la République de Saint-Domingue.
Cette partie de l'île, qui est de langue et de mœurs espagnoles, compte environ trois cent mille habitants, tous catholiques. Plus heureuse que celle d'Haïti, la République de Saint- Domingue semble être entrée, depuis vingt ans, dans une voie de pacification sérieuse. Puisse cet apaisement se maintenir ! Malheureusement, il est bien difficile de compter sur la stabilité politique d'un pays bouleversé par des révolutions périodiques, et travaillé depuis longtemps par les Sociétés secrètes, La race noire, émancipée sans préparation, appelée subitement à exercer des droits politiques qu'elle ignorait la veille, parait radicalement incapable de se constituer elle-même et de former un gouvernement qui puisse subsister.
Voici, à la date de 1890 des deux provinces ecclé
, la situation religieuse iastiques de Port-au-
LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXm SIÈCLE.
Provinces ecclésiastiques de Port-au-Prince et de Saint-Domingue.
Archevêché de Port-au-Prince. — 1 archevêque, 48 prêtres, 16 paroisses, 350.000 catholiques.
Les Gonaives. — 12 prêtres, 8 paroisses, 110.000 catholiques.
Les Cayes, — 24 prêtres, 20 paroisses, 240,000 catholiques.
Le Cap. — 1 évêque, 25 prêtres, 19 paroisses, 221,000 catholiques.
à Port-de-Paix. — ? prêtres, 4 paroisses, 39.000 catho. iques.
Archevêché de Saint-Domingue, — 1 administrateur apostolique, ? prêtres, ? paroisses, 301.000 catholiques.
Total : 1 archevêque, 1 évêque, 1 administrateur apostolique, 109 prêtres, 67 paroisses, 1.261.000 catholiques,
à III. — PROVINCE ““CCLESIASTIQUE DE | PORT-D'ESPAGNE.
À province ecclésiastique de Port-d'Espagne comprend les Antilles anglaises, hollandaises et danoises soumises à des gouvernements protestants, Au commencement du siècle, en y ajoutant les trois Guyanes, ces îles comptaient environ cent dix-neuf mille catholiques, desservis par une disaine de prêtres, sans lien et sans organisation hiérarchique. C'est seulement en 1819 que la Sacrée-Congrégation créa le vicariat apostolique des Antilles, dont furent détachées, en 1824, les Antilles hollandaises, pour former une simple préfecture apostolique, devenue, en 1842, le vicariat apostolique de Curaçao. En 1835, on érigea le vicariat apostolique de la Trinité, et en 1836, le vicariat apostolique de la Jamaïque. Enfin en 1850, le Saint-Siège établit la province ecclésiastique de Port-d'Éspagne : archevêché, Port-d'Espagne ; évêché suffragant, Roseau, plus les deux vicariats déjà existants de Curaçao et de la Jamaïque. En 1888, le Honduras britannique fut détaché, à son tour, du vicariat de la Jamaïque et érigé en préfecture apostolique.