DEMERARA) CAMP STREET
et l'organisation hiérarchique de ces Eglises si longtemps abandonnées,
Pendant la première moitié du siècle, le malheur du catholicisme aux Antilles a été le nombre absolument insuffisant d'ouvriers apostoliques. | Que pouvaient vingt ou trente prêtres, perdus dans ces îles, contre des centaines de ministres appuyés de l'influence des gouvernements hérétiques et soutenus par d'immences ressources ? Il n'est pas surprenant que le catholicisme ait perdu, de 1800 à 1850, des milliers d'enfants dans les Indes occidentales,
C'est pour remédier à ce mal que le Saint- | Siège s’est décidé, en 1858, à organiser hiérarchi- |
; d'après une photographie,
quement la province ecclésiastique de Portd’Espagne. Pour assurer, d'autre part, le recrutement régulier des missionnaires, il a confié ces différentes Eglises à des Congrégationsreligieuses. La population fort mélangée de ces îles donnant jusqu'ici peu d'ouvertures pour la formation d’un clergé indigène, seules des Sociétés de rissionnaires peuvent se charger d'assurer avec régularité le recrutement du sacerdoce. C'est donc à partir de 1850 que les missions des Indes occidentales ont recommencé sérieusement à se
| relever. Les progrès acqu.s dans les quarante
dernières années sont un sûr garant des accroissements qu'elles prendront dans l'avenir.
SLI LL PL
350 ED 0530) EEE
VEN CON) CTI
fL est assez difficile de faire l’histoire des Missions indiennes de l'Amérique du Sud. Eparpillées sur une immense étendue de territoire, au milieu de diocèses régulièrem : constitués, indépendantes les unes des autres, sans lien hiérarchique bien défini, ces missions ont été abandonnées à plusieurs reprises, par suite de l'exil des missionnaires et des persécutions des gouvernements maçonniques qui, depuis 1820, dominent à peu près universellement dans ces contrécs, Malgré la pénurie presque complète de documents, j'ai essayé de me faire une idée à peu près exacte de ces missions, et je vais com-
muniquer le résultat de mes recherches. Si j'ai | commis quelque erreur de détail, on voudra bien m'excuser, en songeant à l'obscurité du sujet, sur lequel peu de publications existent.
On peut poser en principe que, depuis le golfe du Mexique jusqu’à la pointe méridionale du continent américain, tous les Etats de l'Amérique du Sud ont leurs missions de sauvages à côté, et quelquefois dans l'intérieur, des diocèses régulièrement constitués.
Mon plan sera donc bien simple :
Je prendrai, l’une après l’autre, chacune des républiques du continent sud-américain, et je rechercherai ce qui a été fait dans ce siècle pour l'évaraélisation des sauvages encore païens et pour la formation chrétienne de ceux qui sont déjà convertis. Mais, avant d’entrer dans le détail, il faut exposer quelques considérations générales sur l’œuvre des Missions indiennes.
On a vu, au chapitre premier, comment l’œuvre magnifique des Réductions du Paraguay fut violemment brisée, au milieu du dernier siècle, par les rois d'Espagne et de Portugal. Après l'expulsion des Jésuites des colonies espagnoles et portugaises, les religieux de Saint-François furent chargés officiellement de recueillir les débris de leur œuvre. Ils y employèrent, sans doute, tous les efforts de leur zèle ; mais, d'un |