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DM N a vu qu'au commencement du ME XIXe siècle, lecatholicisme n’exis- RE tait plus, pour ainsi dire, que de nom, le long des rives africaines dela Méditerranée, Environ 7.000 catholiques appartenant aux divis EM vers rites-unis en Egypte, 8.000 chrétiens captifs dansles bagnes de Tunis, d'Alger et du Maroc, sans prêtres, sans églises, sans organisation hiérarchique : voilà quels étaient Îles représentants de l'Eglise Romaine, sur ces rivages désolés qui avaient vu s'élever autrefois 800 sièges épiscopaux, groupés autour de l'Eglise patriarcale d'Alexandrie ou de la métropole de Carthage. L’hérésie de Dioscore, le schisme et l'Islam avaient successivement envahi et dévasté ce sol jadis si fécond en martyrs, en docteurs et en ascètes, Depuis douze siècles, les laures de la Thébaïde étaient vides, ou ne renfermaient plus que des moines hérétiques et dégénérés ; la chaire d’Augustin était muette, celle de saint Marc ne rendait plus que des oracles mensongers : plus d'églises, plus de sacerdoce, plus d'œuvres : partout la stérilité et la désolation du désert, quand le vent brûlant du Sémoun a passé sur lui.
Aujourd'hui, au bout de moins d’un siècle, nous pouvons bien nous écrier avec le poète :
Que les temps sont changés !
Au souffle de l’apostolat catholique, le désert a refleuri, et l'Eglise d'Afrique s’est réveillée de son long sommeil. En Tunisie, nous avons vu le successeur de saint Cyprien, revêtu de la pourpre romaine, ressusciter l'antique métropole de Carthage ; l'Algérie forme, depuis trente ans, une province ecclésiastique, avec un archevêque et deux évêques ; outre sa délégation apostolique,
l'Egypte a deux vicariats et deux préfectures |
apostoliques pour les Latins et pour les Coptes, sans parler de l'évêché arménien d'Alexandrie et des nombreuses paroisses appartenant aux rites grec-melchite, maronite, syriaque et chaldéen ;
, Tripoli et Maroc ont chacun leur préfet aposto-
ALE, 1800-1890. rruremn
lique ; enfin les solitudes redoutables du Sahara forment désormais un vicariat, avec d'intrépides !