‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 244 sur 404 · PROVINCE ECCLÉ- SIASTIQUE D'ALGER · texte numérisé non relu

PROVINCE ECCLÉ- SIASTIQUE D'ALGER

E fut certainement un grand jour dans

l’histoire du monde que celui où Hussein- Pacha, le dernier Dey d'Alger, mettant le comble à d'anciens outrages, souvent punis mais jamais vengés complètement, s’oublia jusqu’à frapper au visage le Consul de France (1828). Ce coup d'éventail allait changer les destinées de l'Afrique musulmane en émancipant les chrétiens d'un long esclavage de douze siècles. La patience du vieux peuple franc se révolta à la fin ; mais en vengeant son injure nationale, il ne se doutait guère alors qu'il recommençait, à son insu et sans y penser, l'œuvre des Croisades : Gesta Dei per Francos.

De son côté, la vieille monarchie très chrétienne, au moment de descendre dans la tombe, allait s'immortaliser une dernière fois, en donnant à la France une belle colonie, et en ouvrant à l'Église une voie nouvelle pour l'évangélisation

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de l'Afrique, Malgré l'opposition anti-patriotique des députés de la gauche, le roi Charles X, méprisant également les menaces jalouses de l'Angleterre et les commérages des journaux à la solde des ennemis du trône, se résolnt à détruire ce nid de pirates, qui défiait depuis des siècles tous les efforts de la chrétienté, et qui avait résisté au bombardement de Duquesne, aussi bien qu'aux flottes de Charles-Quint.

Le 25 mai 1830, une armée de 30.000 hommes s'embarquait à Toulon pour l’Afrique : après plusieurs retards, amenés par les gros temps, elle débarquait, le 15 juin suivant, sur la côte de Sidi-Ferruch ; le 19, elle livrait aux Arabes la sanglante bataille de Staouëli, qui fut une victoire ; enfin le 5 juillet, apres un der:

nier combat aux portes d'Alger, le drapeau blanc fleurdelisé flottait victorieux au sommet de la Casbah. Ce devait être son dernier triomphe : trois semaines plus tard, le vieux roi, trahi plutôt que vaincu, l'emportait avec lui en exil, et le léguait en mourant à son petit-fils, qui devait, à soixante ans de là, en faire un linceul d'honneur à la dynastie des Bourbons.

Alger était à nous ; mais la monarchie constitutionnelle de Louis-Philippe montra d’abord très peu d'empressement pour accepter le legs glorieux de la monarchie légitime ; les préoccupations politiques et religieuses allaient ailleurs. Pendant les dix premières années on piétina sur place, sans pouvoir se décider franchement à reculer ou à avancer. Cependant, le fanatisme religieux des Arabes nous suscitait, en la personne d'Abd-el-Kader, un adversaire redoutable, dont nos propres fautes et nos indécisions firent un moment le chef religieux et militaire de tout le pays.

Le gouvernement valtairien de Pépoque avait cru faire merveille en affichant aux yeux des

Arabes l'irréligion, et même en faisant des avances aux disciples de Mahomet. Dès les premiers jours de la conquête, les dix-sept aumôniers militaires qui avaient accompagné le corps d'expédition furent licenciés et renvoyés en France ; pendant dix ans, l'Algérie fut à peu près fermée aux prêtres catholiques, et nos pauvres soldats furent condamnés à mourir sans

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