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SC I-— SÉNÉGAL ET SÉNÉGAMBIE

"EST aux navigateurs dieppois de la fin du

XIVe siècle qu'il faut faire remonter les premiers établissements de la France au Sénégal. A cette heure où la boussole n'était pas encore connue, nos compatriotes n’hésitèrent pas à longer les côtes de l'Océan, de l'embouchure de la Seine jusqu’au fond du golfe de Guinée,

où ils installèrent les premiers comptoirs euro- | pires ennemis de la France, l'éducation de la

péens pour l'achat des marchandises du pays, en particulier de l’ivoire, si rare alors en Europe, ape ce temps, malgré bien des vicissitudes et

es compétitions jalouses, la France n’a jamais ,

complètement abandonné ce pays, où elle aborda la première en 1364 Les Portugais et les Espagnois, au Xv° siècle, les Anglais, au XVIIIe, sont verus établir leurs comptoirs à côté des nôtres : mais ils n'ont pu parvenir à nous éliminer, et, grâce à l’ascendant moral de nos missionnaires, notre influence sur les populations de l'Afrique occidentale semble assurée pour longtemps.

La mission du Sénégal remonte à 1765. Deux Pères du Saint-Esprit, qui se rendaient à la Guyane, ayant été jetés par la tempête sur la côte du Sénégal, s’y fixèrent, avec l’approbation du Saint-Siège, à la demande des résidents français de la colonie. La grande Révolution et la ruine des Ordres religieux, qui en fut la suite ne leur permirent pas d’avoir des successeurs, La mission du Sénégal demeura donc abandonnée jusqu'en 1845, époque où la Congrégation du Saint-Esprit, fortifiée et rajeunie par son union avec les disciples du Vénérable Libermann, reprit les missions d'Afrique.

En 1863, le Saint-Siège érigea, à côté de la préfecture du Sénégal, le vicariat apostolique de la Sénégambie, détaché de celui des Deux- Guinées. Mgr Kobès, qui était, depuis 1848, le coadjuteur de Mgr Bessieux, devint le premier titulaire du nouveau vicariat. À sa mort (1872), le KR. P. Duret, préfet apostolique du Sénégal, ayant été nommé vicaire apostolique, le vicariat et la préfecture furent réunis sous le même Supérieur, les deux missions gardant néanmoins leur territoire et leur juridiction distincts.

Bien que les rapports entre l'administration coloniale et la mission aient toujours été excellents, et que les missionnaires, dans leurs lettres, se soient loués bien des fois de l'attitude des officiers français à leur égard, il faut reconnaître néanmoins que la politique générale du gouvernement a été loin de favoriser dans la colonie la propagande chrétienne. Au Sénégal, plus encore qu'en Algérie, la France, infidèle à sa mission providentielle, a favorisé, autant qu'elle l’a pu, les envahissements redoutables de l'Islam au milieu des populations noires, et elle n’a recueilli, pour prix de sa complaisance et de son libéralisme, que la haine et la révolte.

Déjà, en 1847, le gouvernement de Louis- Philippe faisait élever à Saint-Louis une mosquée monumentale, en face de la pauvre chapelle catholique. Le besoin s’en faisait si peu sentir que, pendant dix ans, les disciples du Prophète refusèrent d'aller y faire leurs prières. Plus tard, l'Empereur établit les tribunaux arabes, pour appliquer aux musulmans, nos sujets, la loi du Coran, loi absurde et immorale, Il fit plus : il livra aux marabouts, qui sont au Sénégal les

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jeunesse ; en sorte que, dans la seule ville de Saint-Louis, ils avaient, en 1887, vingt-cinq écoles

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Saint-Cœur de Marie, premier vicaire apostolique de la Sénégambie,

musulmanes, fréquentées par 500 élèves ; pas un seul enfant musulman ne venait, à cette époque,

N dans les écoles des Frères ou dans celles ae la colonie,

Quels ont été les résultats d’une politique si peu chrétienne ? C'est ce que des voyageurs laïques vont nous apprendre :

€ Saint-Louis, écrivait un des anciens fonctionnaires de la colonie (1), est devenu le foyer du mahométisme, surtout depuis que la mosquée, en face de notre église, a donné à l'islamisme une consécration officielle, »

€ La plupart des maux de l'Afrique, dit un voyageur français (2), viennent de l'islamisme. Ni dans nos colonies actuelles, ni dans celles qu'on

L fondera plus tard, jamais, dans aucune circons-

: tance, méme quand il se présente sous les dehors les plus séduisants comme au Sénégal, on ne doit l'encourager. Le combattre ouvertement serait peut-être un mal ; l’encourager en serait un plus grand, à mes yeux ; ce serait un crime par complicité, »

€ Plus nous réfléchissons, écrit le célèbre voyageur Raffane! (3), à la condition des noirs

1. Carrère, ancien psésident du Tribunal de Saint-Louis, Ze Sénégambie Jrançaise,

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