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VICARIAT APOSTOLIQUE DU BÉNIN

Depuis les démembrements qu'il a subis, le vicariat des côtes du Bénin s'étend, au fond du golfe de Guinée, du fleuve Okpara au Niger. Il a pour limites, à l’ouest, la préfecture du Dahomey, au sud, l'Océan, au nord, la préfecture du Niger supérieur,

Le territoire du vicatiat renferme : la colonie anglaise de Lagos, 7 5.ov0 habitants ; le royaume de Porto-Novo, sous le protectorat de la France, 50.000 habitants ; le royaume d'Abéokouta, 100.000 habitants, et les États indépendants du Yoruba, environ 3.000.000 d'habitants, sur lesquels on compte 16.000 catholiques, 25.000 protestants, le reste musulmans ou païens.

Le premier noyau de la mission catholique se forma d'anciens noirs affranchis, revenus du Brésil, où ils avaient reçu le baptême. Un d’entre eux, excellent chrétien, nommé Antonio, se fit, jusqu’à l’arrivée des missionnaires, leur catéchiste, e’ lutta courageusement contre les ministres de l’hérésie, qui pullulent à Lagos, pour maintenir le petit troupeau catholique dans la vraie foi. Ces pauvres gens, qui étaient demeurés longtemps abandonnés au milieu des protestants acharnés à les séduire, accueillirent avec joie les premiers missionnaires qui vinrent, en 1868, s'établir à Lagos, Ceux-ci commencèrent par ouvrir des écoles, afin de lutter contre la propagande des écoles protestantes et musulmanes. On a vu plus haut que les deux écoles catholiques de Lagos, qui comptent actuellement plus de 509 enfants, tiennent le premier rang parmi leurs rivales.

Du reste, les missionnaires catholiques n'ont qu’à se louer des bons procédés de l’administration coloniale. Bien que la religion officielle soit l'anglicanisme, le prêtre catholique est admis librement à l'hôpital et dans la prison. Lors de la bénédiction de la belle église de Lagos, en 1881, tous les bureaux publics demeurèrent fermés, et les autorités de la colonie se firent un devoir d'assister à la cérémonie et de prendre part à la joie des catholiques.

L'esprit général des catholiques noirs de Lagos est excellent. La dévotion à la Très Sainte Vierge et la fréquentation des sacrements entretiennent la ferveur dans le petit troupeau du CHRIST.

Sous le rapport religieux, le royaume de Porto-Novo, bien que sous le protectorat de la France, paraît moins avancé que Lagos.

Comme au Dahomey, les temples de la mort, l'usage des sacrifices humains et le culte des serpents fétiches témoignent de la dégradation morale de ce peuple, Néanmoins les catholiques ont une belle égiise et des écoles à Porto-Novo.

C'est seulement en 1880 que les missionnaires purent s'établir dans la grande ville d’Abéokouta. Les ministres protestants avaient si bien monté les têtes des p. uvres noirs, qu’au prernier bruit de l’arrivée des grands féticheurs romains,

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comme on les appelait, on ordnnna dans les temples des prières publiques, pour fléchir le courroux du Ciel et détourner la calamité qui menaçait Îa ville: Aujourd'hui les noirs d’A béokouta sont bien revenusde leurs puériles frayeurs, et ils sont les premiers à rire du sot fanatisme de leurs prédicants,

À la suite d'un voyage dans le Yoruba, pays dont la population est très dense, les missionnaires établirent, en 1883, une station à Oyo, capitale du royaume,

L'année suivante, ils firent un autre voyage d'explnration dans le royaume de Bida et tout le long du Niger. Ils constatèrent avec tristesse! l'influence envahissante de l'Islam, contre lequel les ministres protestants, malgré les ressources dont ils disposent, sont impuissants à lutter, Au premier abord, on pourrait croire qu'en passant du fétichisme au mahométisme, le noir s'élève dans l’échclle de la civilisation. C’est une erreur profonde : resté païen, il demeure accessible à l’action de la civilisation chrétienne : devenu musulman, c'en est fait de tout espoir de le convertir, sans que sa moralité se soit d'ailleurs améliorée,

C'est à la suite de ce voyage que fut décidée, sur le rapport des missionnaires, la création de la préfecture apostolique du Niger supérieur, pour permettre aux missionnaires de lutter efficacement contre les envahissements de l'Islam.

Signalons enfin, parmi les œuvres de la mission du Bénin, l’orphelinat agricole de Saint-Joseph de Tocpo, qui, après avoir passé par les difficultés inhérentes à ce genre de fondations, est sorti de la période de formation, et. semble promettre un avenir prospère. Cet établissement com pte aujourd'hui une vingtaine d'enfants rachetés de l’esclavage, avec un village chrétien en formation, dont les familles travaillent sur le terrain de la mission.

Statistique religieuse du vicariat du Bénin en 1896.

Personnel : 1 vicaire apostolique, en résidence à Lagos, 18 missionnaires, :5 catéchistes indigènes, 25 Sœurs des Missions Africaines,

Œuvres : 5 stations principales : Lagos, Porto-Novo, Abéokouta, Tocpo et Oyo. 2 missions dans l'intérieur, 3 églises, 6 chapelles, 1 école normale à Lagos, maîtres d'écoles et catéchistes, 18 élèves. 12 écoles garçons, 741 élèves. 8 écoles filles, 835 élèves. En tout, 1,576 élèves dans les établissements de la mission, 9 orphelinats,

245 enfants, 3 écoles de Couture, pharmacie dans chaque Station,

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