‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 279 sur 404 · DEUX-GUINÉLS. — M. DE BRAZZA ET UN · texte numérisé non relu

DEUX-GUINÉLS. — M. DE BRAZZA ET UN

ploration de M. de Brazza dans le Haut-Ogowé établirent solidement l’ascendant moral de notre pays sur les tribus de l'intérieur.

Ces populations de l'intérieur sont très nombreuses. Les principales sont les Pongoués, les Pahouins, les Bengas, les N’kombés, les Adoumas, presque tous adonnés au plus grossier fétichisme et quelques-uns à l'anthropophagie,

La population totale du Gabon est de trois millions d'habitants, sur lesquels on compte seulement 7,000 catholiques. De l'aveu de tous les voyageurs, la mission du Gabon, ja plus ancienne de la côte occidentale, est aussi la plus avancée.

l'Océan ; au nord, les possessions allemandes du Caméroun ; au sud et à l’est, le vicariat apostolique du Congo français. La préfecture apostolique de Fernando-Po (Missions espagnoles) a une enclave sur le continent, au cap Saint-Jean. Depuis sa fondation en 1842, la mission du Ga- Bon appartient à la Congrégation du Saint-Esprit.

Tout le pays appartient à la France, ou est sous son protectorat. En 1873. il fut question de céder le Gabon à l'Angleterre. Heureusement ce projet fut abandonné. Plus tard, les voyages d’ex-

GROUPE D’INDIGÈNES, d’après une photographie,

En 1875, le contre-amiral Ribourd, visitant pour la seconde fois la station de Sainte-Marie, constata que les progrès réalisés depuis 1845, époque de sa première visite, dépassaient tout ce qu'on pouvait espérer, Rien ne manquait : belle église en pierres, orphelinat agricole, écoles primaires, écoles professionnelles, hôpital indigène, tenu par les Sœurs de l’Immaculée-Conception de Castres,

C'est en 1844 que le P. Bessieux, resté seul au cap des Palmes, après la mort ou le départ de tous

| ses compagnons, vint s'établir au Gabon. En 1846, il fut nommé vicaire apostolique des Deux-

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dans le pays ; à sa mort, en 1874, il en laissait 2000, partagés entre trois stations :

Sainte-Marie du Gabon, Monda et le village du roi Félix.

Pendant les premières années de leur séjour au Gabon, les missionnaires, préoccupés avant tout d’asseoir solidement leur œuvre, restreignirent : leurs établissements la colonie française du Gabon. Outre la station de Sainte-Marie, ils fondèrent un poste important à Librevill:, la résidence du gouverneur, En 1844, un vaillant Breton, aussi solide chrétien que bon soldat, l'amiral Bouet- Vuillaume, ayant arraché aux horreurs de la traite plusieurs centaines de noirs exportés du Congo, en forma le premier noyau de la ville, La mission catholique, de son côté, établit à Libreville deux prétres, une belle église consacrée à saint Pierre,et une maison de re.

gieuses de l’Immaculée - Conception, avec hôpital indigène, écoles et orphelinat,

Peu à peu, aux

environs de Libreville

t de Sainte-Marie, se

LES MISSIONS DE L'AFRIQUE OCCIDENTALE, 18001800. on

Guinées, avec une juridiction qui s’étendait de la

Sénégambie au Cap. A son arrivée, le vicaire apos-

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d'opérations dans la colonie française, se répandi. rent, surtout depuis dix ars, dans l'intérieur du

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DEUX-GUINÉES, — RANAKE, ROI DE LAMBAR D'après une photographie.

chez les Pahouins, chez les Bengas, où la mission

iges chrétiens, dont les | vient d'ouvrir un sanatorium, à Lambaréné, d de Saint-Benoît et de | le Bas-Ogowé ; nuis à Rénito, chez les N'L

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et au cap Fernan-Vaz. (a

Les missionnaires, ayant établi une base solide En 1883, M. de Brazza ayant demandé

de

296 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXMme SIÈCLE.

missionnaires, pour l'aider à civiliser les populations encore sauvages du Haut-Ogowé, on lui envoya #rois prêtres, qui se fixèrent chez les Adoumas, où ils ouvrirent aussitôt chapelle et école. Au bout de quelques mois, i!s avaient déjà racheté 32 enfants de l'esclavage,

La mission du Gabon est sortie des difficultés du début, et elle commence à recueillir le fruit des travaux de ses ouvriers apostoliques. En 1876, le vieux roi Denis, l’ami fidèle de la France, fut baptisé à la mort, et son fils, Félix, ancien élève de la mission, se montra franchement chrétien dans toute sa conduite. En 1881, on baptisa le roi Georges et, en 1887, quatre rois noirs de la tribu des Pongoués. Les hôpitanx indigènes, de leur côté, ouvrent chaque année le Ciel à beaucoup d'adultes. Enfin, les nombreux enfants sortis depuis un demi-siècle des écoles de la mission, la font connaître et aimer dans tout le pays.

La situation religieuse est donc, on peut le dire, prospère au Gabon ; et pourtant ce n’est encore qu'un début. Qu'est-ce qu'une quinzaine de stations et sep£ mille catholiques perdus dans un pays immense, au milieu de #rois millions de païens ? Que de tribus restent à évangéliser, que de stations à fonder, que de bien à faire, si l’on avait des ressources plus abandontes et des ouvriers plus nombreux !

Statistique religieuse du vicariat apostolique du Gabon, en 1806.

Personnel : 1 vicaire apostolique, 23 missionnaires et 29 frères coadjuteurs de la Congrégation du Saint-Esprit, 15 catéchistes indigènes, 19 Sœurs de l’Immaculée-Conception de Castres.

Œuvres : 9 stations principales, 22 postes accessoires. 8 églises et 10 chapelles. 1 séminaire à Sainte-Marie, 16 élèves. 12 écoles ecclésiastiques garçons, 515 élèves, 2 écoles filles, 130 élèves, 4 écoles industrielles, 75 garçons et 35 filles. 5 hôpitaux, 1 crèche.

Le chiffre des catholiques dépasse 7.000, sur 3.000.ov0 d'habitants.

Statistique comparée des missions du golfe de Guinée.

En 1840 : néant.

En 1895 : 3 missions, 1 vicaire apostolique, 1 préfet, 33 missionnaires, 18 églises ou chapelles, 28 écoles, 7.530 catholiques,

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