PROGRÈS DU CATHOLICISME
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Le ROIS grands faits dominent et La présence du clergé français, réfugié en : è expliquent les merveilleux pro- grand nombre à ! ves pendant la Révolution, > catho! grès du catholicisme dans Ja | ja dignité de son. e, la prédication muette É Grande-Bretagne pendant les | de ses indéniables + .S, dissipèrent en partie
e fidèles 90 premières années du XIXe | ces préjugés vraiment it royables, Plus tard, la ions, au siècle: l'émancipationdescatho: | noble conduite du Souverain Pontife, le Pape sut bien liques, le mouvement ritualiste | Pie VII, résistant aux injonctions brutales de diverses ct puséyste, et le rétablisse- | Napoléon, et subissant la spoliation de son poudernier ment de, la hiérarchie, en Angleterre d'abord, | voir temporel plutôt que d'entrer à la suite de n trou- puis en Ecosse, = . | tous les monarques européens dans le système dre, est Au commencement du XIX® siècle, comme je | du blocus continental et de fermer à l'Angleterre É qu'un l'ai dit dans le chapitre précédent, les lois oppres- | les ports de son petit Etat, montra au gouveres cha- sives du passé subsistaient toujours ; mais le bon nement anglais qu'il y avait dans le Vicaire de lre son sens anglais, revenu à une appréciation plus saine, JÉSUS-CHRIST, impuissant et désarmé, plus de la con- répugnait à les appliquer avec rigueur, Depuis la | dignité, de Justice et de vraie grandeur morale
res du chute définitive des Stuarts, le catholicisme, dé- | que dans tous les grands potentats de l'Europe, défail- barrassé de ses accointances politiques, qui, lors l'empereur de Russie, l'empereur d Autriche, le
crands même qu'elles sont parfaitement légitimes, le | roi de Prusse, pour ne nommer que les princi- SOUE 18 compromettent toujours, trouvait dans les pou. Paux, qui tous, après avoir reçu l'argent de l’Anvoirs publics un peu moins de haine, un peu plus | gleterre pour combattre Napoléon, lui fermèrent
de justice que par le passé, leur: ports, et adhérèrent à la politique napo-
Néanmoins, la situation était toujours très | léonienne contre les Anglais. Deux ou trois ans précaire, On se ferait aujourd'hui difficilement | avant l'événement, un membre de la Chambre des l'idée des préjugés véritablement insensés qui | Lords avait dit : existaient alors dans un grand nombre d'esprits, « Je suis persuadé que le Pape Pie VII n'est surtout contre les prêtres catholiques, en parti- qu'une misérable marionnette aux mains de l'usurculier les Jésuites, que les calomnies des ministres | pateur, et que, s’il lui commandait d'excommu- Protestants avaient représentés au peuple comme | nier les Anglais, ce serait fait demain. »
des hommes d’une astuce excessivement dange- Savone et Fontainebleau furent la réponse du reuse et d’une perversité inoufe. Pape à ces déclamations du fanatisme protestant,
Un exemple à l'appui : il y a une trentaine Aussi, quand le congrès européen se réunit À d'années, une dame de l'aristocratie, ayant été Vienne, apr! la chute de l'homme qui, admise à une audience particulière de Pie IX, quinze ans, avait fait trembler les rois sur leur ne cessait de tenir les yeux fixés sur la pantoufle | trône, le Souverain Pontife, qui seul avait su tenir du Pape; à la fin, son secret lui échappa. Elle | tête à l’oppresseur de l'Europe, se trouva tout avait tant de fois entendu dire à ses ministres | naturellement entouré d’une auréole universelle # que le Pape est la bête prédite dans l’Apoca- | de respect. De son côté, le cardinal Gonzalvi, lypse, qu'elle s'attendait à voir au Vicaire de | son minisire, qui revenait, lui aussi, de la grande JÉSUS-CHRIST des pieds de bouc. Le bon Pape | tribulation, et dont le tact politique, l'exquise
pendant
EE eut la complaisance de se déchar : er souriant, | distinction, l'esprit fin et délié, faisaient un des 4 pour lui montrer que son pied € ‘it conformé diplomates les plus séduisants du congrès, conquit É: comme celui de tout le monde, Voilà où en était, | entièrement le duc de Wellington ; et, grâce en
où en est encore, surtout parmi le peuple, une | partie au concours du plénipotentiaire anglais, il partie de l'Angleterre, fanatisée par les déclama- | put faire rendre à Pie VIT tous ses États, et justions de ses ministres, qu'aux Légations que la Révolution française
Missions Catholiques,
34 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXMme SIÈCLE.
avait arrachées, en 1798, au malheureux Pie VI.
Ces bonnes relations entre le gouvernement anglais et le ministre de Sa Sainteté devaient porter d'autres fruits encore, En 1819, le ministère proposa pour la première fois, à la Chambre des Communes, un bill qui relevait les catholiques des incapacités légales et abrogeait le serment du fesé. C'était le début d'une lutts ardente, qui devait durer dix ans, entre l'équité et le fanatisme protestant. Cette fois le bill fut rejeté aux Communes, mais seulement à la majorité de deux voix. Présenté de nouveau à la session de 1821, il fut adopté à six voix de majorité ; mais il fut repoussé, comme on s’y attendait d’ailleurs, à la Chambre des Lords,
Cependant le mouvement des conversions, presque insensible au début, s'accentuait de jour en jour. Au commencement du règne de Georges III (1760), le nombre des catholiques anglais s'élevait à peine à 60,000.
En 1800, nous avons vu qu'il était déjà de 120.000 pour l’Angleterre et l'Ecosse réunies. En 1821, un recensement officiel portait ce chiffre à 500.000. Lescatholiques cessaient dès lors d’être une minorité infime, perdue au milieu de millions de protestants ; et, dans un pays comme l’'Angleterre, où tout ce qui est fort est sûr de se voir respecté, l'opinion commençait à comprendre qu'il fallait leur faire place au soleil de la vie publique, et qu’on ne pouvait plus longtemps les traiter comme une quantité négligeable.
L'Eglise d'Irlande, si fort opprimée, elle aussi, par l'oligarchie protestante, mais qui, plus fidèle que le reste de la Grande-Bretagne, avait su garder avec sa foi la hiérarchie catholique, vint, à cette époque, puissamment en aide à sa jeune sœur, l'Eglise renaissante d'Angleterre, DIEU ve-
nait de lui susciter un illustre défenseur, qui, sans
£ 1Uétn | premiers hommes d'Etat
jamais sortir de la légalité, sans faire alliance, comme d'autres agitateurs, avec l'élément to: jours suspect des sociétés secrètes, allait tenir haut et ferme, au milieu de l'Irlande persécutée, le drapeau de la liberté politique et religieuse, Daniel O'Connell, né en 1775, entrait, en 1820, dans cette longue carrière de luttes et de souffrances qui devait aboutir à l'émancipation des catholiques, grâce à l'énergie de ses convictions, servie par une habileté merveilleuse.
C'est en 1823 que commença l'agitation irlandaise pour la revendication des droits trep longtemps méconnus des catholiques, Deux ans plus tard, à la session de 1825, le bill d'émancipation fut présenté de nouveauauxCommunes et réunit 27 voix de majorité; il fut repoussé à la Chambre des Lords,
En 1827, bien que la loi qui excluait les catholiques des fonctions publiques ne fût pas encore abrogée, O'Connell se portait comme candidat à Ja Chambre des Communes ; élu à une écrasante majorité, il se présenta à la Chambre, refusa, comme tout le monde s'y attendait, de prêter le serment du test et fut déclaré indigne de siéger.
Mais cette victoire à la Pyrrhus allait achever de discréditer dans l'opinion publique le parti de l'intolérance. L’Irlande tout entière se pressait frémissante derrière l'homme providentiel qui menait si hardiment tous les catholiques de la Grande-Bretagne à l'assaut des lois surannées de Henri VIIT et d’Elisabeth. En présence de ce mouvement devenu irrésistible, les Communes décrètent, en 1828, qu’ « il est urgent de relever les catholiques des incapacités légales qui pèsent encore sur eux. » Enfin, au commencement de 1820, sir Robert Peel et le duc de Wellington, les deux de l'Angleterre à cette
époque, se rallient franchement au bill d'émanci-
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