PROGRÈS DU CATHOLICISME EN ANGLETERRE ET ÆN ÉCOSSE
pation, et le font adopter dans les deux Cham. bres. 11 y eut 178 voix de majorité aux Communes et 265 à la Chambre des Lords.
C'est le 13 avril 1829 qu'eut lieu ce grand acte de réparation nationale, Désormais les catholiques pouvaient, sans abjurer leur foi, aspirer aux charges publiques; l'ostracisme odieux qui, depuis la seconde année du règne d'Élisabeth, pesait sur eux, était enfin levé, Un mois plus tard, le 1$ mai 1829, l'homme que la reconnaissance de tous les catholiques saluait du titre de Libérateur, Daniel O'Connell, entrait, le front haut, à la Chambre des Communes, qui, depuis 200 ans, n'avait pas vu un seul catholique siéger sur ses bancs. Il avait été le premier à la peine, 11 était juste qu'il fût le premier à l'honneur.
Les résultats de cette grande victoire des catholiques furent plus considérables qu'on ne l'avait soupçonné tout d'abord, Jusqu:-là ils avaient vécu dans l'ombre, en mettant tous leurs soins à ne pas attirer sur eux l'attention presque toujours malveillante de leurs concitoyens protestants, [ls s'entouraient de tant de précautions et de mystère que c'est encore aujourd’hui un problème pour l'histoire de décider si tel ou tel des grands hommes de l'Angleterre était catholique ou protestant, On sait que la question se pose pour Shakespeare, le poète national des Anglais,
Même dans l'intimité de la famille, le doute existait parfois à ce sujet.
€— Milo: , disait un jour un Anglais protestant au vice-roi d'Irlande, est ce que Milady n’est pas catholique ? »
€— Mon cher Lord, répondit avec bonhomie le vice-roi, je vous avoue que je n'en sais rien. Elle ne me l'a pas dit, et jamais je n’ai eu l'indélicatesse de le lui demander. »
On comprend ce que cette vie strictement |
murée des catholiques anglais devait ajouter de difficultés à l'œuvre de l’apostolat. Mais, après l'acte d'émancipation, ils ne tardèrent pas à s'affirmer ; ils sortirent tout joyeux des catacombes où les retenait, depuis trois siècles, l'intolérance protestante, et l'opinion publique, qui les avait si longtemps ignorés où méconnus, fut bien forcée de les voir à l'œuvre et de s'occuper d'eux.
Précisément à cette époque, la divine Providence leur ménageait un secours tout À fait inattendu au sein des Universités protestantes d'Oxford et de Cambridge. Je veux parler du mouvement puséyste et ritualiste, qui devait donner à l'Église romaine tant d'illustres convertis,
Le mouvement puséyste commença en 1833. Il ne fut nullement dû, comme son nom semblerait l'indiquer, aux efforts exclusifs du docteur Pusey, pas plus qu'il ne représente, d’une manière adéquate, sa pensée personnelle, Le puséysme fut avant tout une réaction contre la décadence doctrinale de l'Église anglicane, et le défaut
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absolu d'autorité chez les pasteurs, En présence de l'anarchie qui divisait les esprits dans cette Eglise, en voyant, parmi ses pasteurs, les uns nier la nécessité du baptême, les autres mettre en doute l'inspiration des livres saints et la divinité de JÉSUS-CHR *T, tous, unanimement, rejeter le magistère de ses évêques, quelques hommes de science et de foi, la plupart professeurs ou élèves de l'Université d'Oxford, sentirent le besoin de réagir et de chercher, dans l'antiquité chrétienne mieux étudiée, une base solide aux dogmes, à la morale et à la discipline, Le docteur Pusey et le docteur Newman se mirent à la tête de cette généreuse croisade, qui avait pris pour devise : Z/ faut en revenir à l'Église primitive ; là seulement est la vraie doctrine et la pur: morale de Jésus-Christ.