NATAL (AFRIQUE MÉRIDIONALE
LE RoI MOHSEH, CHEF BASUTO ; d'après une photographie.
sur cette pente dangereuse de l'esprit particulier, il en arriva à nier l'inspiration des Ecritures, et par suite ia divinité du christianisme, O,: trouva pourtant que c'était un peu fort de la part d’un après
avoir inutilement prié son collègue de donner sa
démission, se mit en devoir de procéder juridi-
quement contre lui et de le déposer, Mais l’évêque
de Natal en appela à la Cour très laïque 44 banc de la Reine, et les nobles Lords ayant déclaré qu'il
n'y avait pas dans son fait la moindre peccadille, il fut maintenu dans sa charge. Néanmoins, comme un certain nombre de ses ouailles refusèrent de le suivre dans son apostasie du christianisme, la Société biblique de Londres fut forcée d'envoyer, à ses frais, à Natal un évêque mieux pensant. On vit donc, pendant une vingtaine d'années, dans la colonie, le spectacie réjouissant de deux évêques anglicans, l'un orthodoxe, l’autre hérétique, et l’hérétique seul reconnu et payé par le gouvernement de sa Gracieuse Majesté la reine d'Angleterre, protectrice et chef de l'Eglise officielle, Voilà dans quels abîmes d’absurdité viennent tomber le schisme et l'hérésie.
Le docteur Colenso est mort en 1882, toujours évêque de Natal et parfaitement impénitent. Au reste, malgré ses concessions dogmatiques et morales, il n'avait pas mieux réussi que ses confrères auprès des Cafres de la colonie.
C’est à l'Eglise catholique qu'il était réservé de commencer sérieusement l'œuvre de la conversion. Après une première tentative infructueuse auprès des Zoulous, tentative qui fut reprise plus tard avec succès, les missionnaires de Natal s’adressèrent, en 1862, aux Basutos, moins féroces et mieux disposés. :
Bien que ce pays fût déjà couvert de missions protestantes, leur roi Mohseh accueillit parfaitement les prêtres catholiques :
€ Je vous considère, vous, dit-il, comme de véritables missionnaires.
Mon peuple et moi nous désirons sincèrement devenir catholiques. Etablissez vous où vous voudrez. J'offre, s'il le faut, de vous céder ia place où
sont bâties nos habitations. }
Les missionnaires fondèrent la station de Roma, en basuto Motsi-wa-ma-Jesu (le village de la Mère de JÉSUS). Au bout d'un an, ils avaient déjà trois cents néophytes sérieux, et le 1e novembre 1863, on bénissait solennellement la première chapelle catholique élevée chez les Cafres. Voici en quels termes le P. Gérard, alors supérieur de la mission, rendait compte de la cérémonie :
« Les Basutos désiraient depuis longtemps l'arrivée de ce jour, où ils devaient contempler des choses magnifiques et être témoins de la manière dont les Baromans (les catholiques) honorent Dieu. Le roi, en particulier, homme d'un profond jugement, nous avait dit plusieurs fois que nous
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devions l'inviter à l'ouverture de nos exercices : qu'il viendrait lui-même et Parlerait à son peuple ;
en effet, vers les neuf heures du matin, quoique la montagne où il réside
en notre faveur, Il arriva,
soit à deux lieues et demie de notre mission.
tions, il recula toute sa vie devant la nécessité de renoncer à la polygamie. Dans sa dernière maiadie, il appela les missionnaires et demanda instamment le baptême : il était trop tard. Les mi-
nistres protestants tenaient fermées par leurs » Grâce à DIEU, tout alla fort bien pendant la
cérémonie, Après le ser faire le sien, À sa deman
vait dominer ses sujets. Il entre autres choses, il] leur dit qu’aujourd'hui il leur avait apporté un trésor. Puis, appelant les principaux chefs par leur nom, il leur recommanda de veiller à ce que l’église fût toujours pleine, et de se bien garder de faire le moindre mal à Ja mission, parce qu'il serait là pour punir les malfaiteurs, Il les invita tous, hommes et femmes, À nous offrir leurs services lorsque nous en aurions besoin, et il leur rappela les Paroles de Notre- Seigneur que j'avais citées en commençant : Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé! ÿ Ces bonnes dispositions des chefs et du peuple n’ont fait que se confirmer depuis. En vingt ans, les missionnaires ont baptisé plus d'un millier de noirs et fondé plusieurs nouvelles Stations parmi eux ; ce sont d’abord, près de Motsi-wa-ma-Jesu, les deux postes annexes de Seint-Joseph et de Saint-Michel ; puis, dans une autre partie de la contrée, les trois stations de Saint-Dominique, de Saint-Jean et de Gethsémani, De belles chapelles en briques, des écoles, des maisons de Sœurs de la Sainte-Famille, des fermes modèles pour initier les noirs À la culture et les arracher aux tentations de l’oisiveté : voilà le résumé du travail des missionnaires pendant ces trente premières années (1860-1890).
Leur influence est maintenant solidement établie dans tout le pays ; chaque année le nombre des catéchumènes et des baptêmes d'adultes va en augmentant, et la nation des Basutos, qui compte 180.000 âmes, n'est pas loin peut-être du jour où elle embrassera en masse la foi catholique.
En 1874, les Basutos déjà baptisés envoyrent au Souverain-Pontife une adresse et l’offrande filiale de leur pauvreté, que le bon Pie IX reçut avec des larmes de reconnaissance et de joie. Que de progrès accomplis en moins de quinze ans parmi ces tribus féroces de l’Afrique du sud !
Le roi Mohseh n'eut pas le bonheur de suivre ses sujets dans la voie du catholicisme, Bien qu'il | soit demeuré attaché À nos missionnaires et à leurs œuvres, catholique de cœur et de convic-
mon, le roi voulut aussi
de, Monseigneur accorda bien volontiers l'autorisation. 11 lui fut donc per:
mis de se placer dans le Sanctuaire, d’où il pouleur parla longtemps :
affidés toutes les portes du palais, et, n'ayant pu entraîner le roi dans leur secte, ils voulurent au
moins se donner la consolation de le voir mourir Païen. Peut-être sa. bonne volonté et son désir sincère du baptême catholique, unis aux bonnes Œuvres qu’il avait faites pendant sa vie pour sou-