LES MISSIONS DE L'AF
catholiques, fit massacrer ce malheureux, La charitable intervention des prêtres catholiques les roi; les calomnies des négriers arabes firent le reste. Mouanga, affolé de terreur et voyant déjà son royaume livré aux Européens, résolut de faire mourir tous les chrétiens. Leur nombre s'élevait déjà à plus de sept
avait rendus suspects au
cents, sans compter les catéchumènes (1886).
La cour de Mouanga était pleine de fervents catholiques. Dans les commencements, le roi avait montré les meilleures dispositions ; il avait rompu Courageusement avec les Superstitions de ses ancêtres, il se posait presque en catéchumène, aimait à réciter le Pater et À l’apprendre à ses Propres pages, en les engageant à se faire chrénaturel qu'il s’entourât de chrétiens et qu'il nommât les néophytes aux principales charges du royaume, Ceux-ci d’ailleur fidélité, en l'avertis-
son premier ministre, Katikiro, et les piincipaux seigneurs du pays avaient formé contre lui, pour le mettre à mort et proclamer son jeune frère à sa place. Trois seigneurs catholiques, Joseph Mkasa, conseiller
tiens, Il était donc tout
leurs lui avaient montré sant d'un complot que
du roi, André Kagoua, un de ses meilleurs généraux, et Mathias Mouroumba, juge du royaume, avaient averti le prince de ce qui se tramait contre lui, Katikiro, se voyant dé.ouvert, avait demandé grâce en pleurant, et, contre les habitudes cruelles de ses prédécesseurs, Mouanga lui avait pardonné et l'avait même conservé dans sa charge de F-emier ministre, ce qui était vraiment pousser un peu loin l'indulgence.
Katikiro avait juré de se venger, et il tint parole. Les trois seigneurs chrétiens qui, en le dénonçant, avaient sauvé la vie du prince, reçurent en récompense la couronne du martyre. Joseph Mkasa fut la première victime de la persécution. Il s'était attiré la haine du premier ministre; de plus, il s'était permis, comme conseiller du roi, de désapprouver le meurtre de l'évêque anglican ; évidemment c'était un traître, dont il fallait se défaire,
Arrivé au lieu du supplice, Joseph, qui n’avait rien perdu de son calme habituel, dit en souriant au bourreau :
€ Tu diras à Mouanga de ma part qu'il m'a condamné injustement, mais que je lui pa-donne de bon cœur. Tu ajouteras que je lui conseille de se repentir, car, s’il ne se repent, il aura à plaider contre moi au tribunal de DIEU. »
Le bourreau, ayant tranché la tête du martyr et livré son corps aux flammes, fit la commission auprès du roi, qui affecta d’en rire ; mais son esprit était frappé d’une terreur superstitieuse. Il fit tuer un autre individu, ordonnant de mêler avec le plus grand soin les cendres des deux victimes :
{€ — Comment pourra-t-on le reconnaître
maintenant ? disait-il en ricanant, &t comment |
icra-t-"* pour plaider contre moi au tribunal de DIEU ? »