Les Colonies australiennes, 3 vol., ch
2. Voir jes A/issions calheliques, numéro du 21 février 1890.
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œuvres ? C'est toujours l’histoire du grain de sénevé qui,avec la bénédiction de DIEU, germe silencieusement dans la terre, en attendant qu'il devienne un grand arbre, En 1835, sur le rapport du R. P. Ullathorne, la mission d'Australie fut détachée de Maurice, et devint un vicariat apostolique, dont le premier titulaire, au refus du F Ullathorne, fut Mgr Polding, des Bénédictins anglais. Dès 1842, la hiérarchie fut constituée en Australasie: un archevéché, Sydney, deux évêchés suffragants : Adélaïde et Hobart-Town (Tasmanie). À mesure que le catholicisme étendit ses conquêtes, on fit l'érection de nouveaux sièges épiscopaux : Perth (1845), Victoria, Melbourne et Maitland (1847), Brisbane (1849), Goulbourne et Armidale (1862), Bathurst (1865).
En 1874, l'Australie fut divisée en deux provinces ecclésiastiques : Sydney avec sept suffragants et Melbourne avec cinq. En 1885, Léon XIII décora de la pourpre romaine l'archevêque de Sydney, Mgr Moran, et le 15 novembre de la même année, s'ouvrait à Sydney le premier concile provincial de tous les évêques de l'Australie, de la Tasmanie et de la Nouvelle-Zélande. A cette occasion, le Ærcemans Journal de Sydney résumait, dans ces lignes émues, les progrès de l'Eglise d'Australie :
€ Il était impossible de mieux célébrer le >» premier cinquantenaire de l'Eglise australienne » que par un concile général de ses évêques. Il y » a cinquante ans, quelques prêtres consolant » quelques prisonniers, c'était tout le personnel » ecclésiastique et toute la clientèle catholique. » Aujourd’hui, vingt évêques, deux archevêques, » dont un cardinal, assistés d’une pléiade d’apô- » tres, forment l'état-major de la hiérarchie sainte, » et 600.000 fidèles les entourent de vénération » et d'amour. }
Ce premier concile des évêques de l'Australie était le point de départ de nouvelies conquêtes. A la demande des Pères du concile, le Saint- Siège, pour rendre plus efficace l’action de l'apostolat, érigea dans ces contrées de nouveaux sièges épiscopaux et créa deux nouvelles provinces ecclésiastiques en Australie, Adélaïde et Brisbane, pendant que les sièges d'Hobart-Town et de Wellington étaient élevés à la dignité de métropoles, pour la Tasmanie et la Nouvelle- Zélande.
Ma's avant de donner la statistique des six provinces ecclésiastiques de l’Australasie, il me faut ajouter quelques notions générales sur la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande.
La Tasmanie, séparée du sud de l'Australie par le détroit de Bass, compte 130.000 habitants, sur lesquels 26.500 sont catholiques. Elle forme une colonie indépendante, comme les autres colonies de l'Australie.
Comme l'Australie sa voisine, la Tasmanie commença par être un lieu de déportation et un pays assez mal famé. Peu à peu, comme en Australie, les éléments impurs furent éliminés, et
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la nouvelle colonie entra dans une ère de prospérité continue. Mais les Européens détruisirent impitoyablement l'élément indigène. La dernière Tasmanienne, une femme nommée Lalla Rouck, est morte à Hobart-Town, il y a une dizaine d'années. Actuellement, il ne reste plus dans toute l'ile un seul représentant de la race vigoureuse et intelligente que les Anglais y trouvèrent à la fin du dernier siècle, Encore un peuple détruit par l’'Anglo-Saxon.
La Nouvelle-Zélande forme, à l'est de l’Australie, un groupe de trois grandes îles, l'île du Nord, l'ile du Sud et l'ile Stewart ; leur superficie totale est presqu'égale à celle de la Grande- Bretagne ; elles ont environ 620.000 habitants (y compris 40000 indigènes), sur lesquels on compte 90.500 catholiques. La Nouvelle-Zélande forme une colonie indépendante, dont la capitale est Auckland.
La Nouvelle-Zélande aurait dû appartenir à la France. En 1840, aucune puissance européenne n'avait encore arboré son drapeau sur ces îles, Le commandant Langlois fut envoyé pour en prendre possession au nom de notre pays. Il débarqua dans la baie d'Akaroa, avec une trentaine de familles, et y arbora le drapeau de la France. Mais, au premier bruit de nos intentions, les Anglais avaient armé un navire plus léger, et, nous gagnant de vitesse, ils avaient débarqué trois jours auparavant dans une baie voisine,
Là, avec le concours intéressé des ministres protestants, établis depuis 1814 dans ces îles, ils avaient convoqué les chefs indigènes et avaient fait reconnaître par les naturels la suzeraineté de la Grande-Bretagne. De là, conflit entre les deux gouvernements. Selon son habitude, M. Guizot céda aux premières sommations de l'Angleterre, et donna l'ordre au commandant Langlois de se retirer. Les quelques colons français, demeurés à la baie des Iles, n’ont pas laissé d'y prospérer, et aujourd’hui leurs descendants sont au nombre de
Il faut reconnaître que les Anglais ont tiré meilleur parti de cette belle colonie que nous n’aurions fait, très probablement. Eh cinquante ans, le chiffre des colons est monté à 578.482 (dernier recensement de 1887). Ils ont bâti des villes, comme Auckland, Wellington, Napier, Nelson, Dunedin, Christchurch, qui ne le cèdent en rien aux grandes cités américaines. L'agriculture, l'élevage des troupeaux, le commerce et l'industrie se sont développés avec une merveilleuse rapidité,
C'est un nouvel empire des Indes qui se forme aux antipodes, et qui,embrassant l'immense continent australien, la Tasmanie, la Nouvelle- Zélande, les Fidji, la Papouasie, etc. comptera, d'ici un siècle, plus de cent millions d'habitants, groupés, dans l'Océanie occidentale, sous le sceptre colonial de l'Angleterre. Que sont, à côté de cela, nos petites possessions ccéaniques : la Nouvelle-Calédonie, Taiti, les Marquises, qui
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n'ont pas plus de 120,000 habitants, sur lesquels, en comptant les fonctionnaires et les troupes ‘occupation, on ne trouverait pas 20.000 colons de race française ?
Mais si les Anglais sont meilleurs colonisateurs que nous, il faut bien avouer que, sous le rapport de l'humanité, les races indigènes n'ont qu’à perdre sous leur domination, Quand le capitaine Cook aborda le premier, à la fin du dernier siècle, à la Nouvelle-Zélande, il y trouva environ 400.000 indigènes, appelés Maoris, race intelligente et brave, bien supérieure à tous les naturels des autres îles. En 1850, leur nombre ne dépassait pas 100.000, Les trois quarts avaient déjà succombé au contact de l’Anglo-Saxon.
Cependant, les Maoris n'entendaient pas se laisser détruire sans combattre. Trompés par leurs Pasteurs protestants, ils avaient reconnu, sans bien savoir à quoi ils s'engageaient, la suzeraineté de la Grande-Bretagne. Quand ils comprirent la portée de leur acte et se virent refoulés, eux et leurs troupeaux, dans les montagnes de l’intérieur et les cantons les moins fertiles de leur île, ils se révoltèrent, en 1861, et se battirent avec acharnement pour recouvrer leur indépendance, Il était trop tard. La Grande-Bretagne vint à bout de les soumettre, avec une dépense de cent millions de francs et beaucoup de sang versé de part et d'autre, Aujourd’hui, cette noble race, refoulée à l'intérieur, sous la domination d’un roitelet indigène, reconnu par l'Angleterre, s'éteint dans le vice et la misère. Les Maoris ne sont plus que 42.000 ; en un siècle, les neuf dixièmes ont succombé, «€ Nous avons implanté l'Angleterre à la » Nouvelle-Zélande, disait, en 1862, un membre » de la Chambre des Communes, L'Anglais » détruira le Maori, et plus tôt le Maori sera » détruit, mieux cela vaudra (1). »
C'est seulement en 1838 que les premiers missionnaires catholiques abordèrent à la Nouvelle. Zélande. En 1836, le Saint-Siège avait créé le vicariat apostolique de l'Ccéanie Occidentale, qui embrassait la moitié de l'Océanie, et dont le premier titulaire fut Mgr Pompalier, de la Société de Marie, Au mois de décembre 1836, l'évêque s'embarqua avec quatre prêtres et trois Frères de la même Société La traversée fut longue et pénible ; un des missionnaires mourut en route, Après avoir doublé le cap Horn, la petite troupe apostolique arriva, à la fin de 1837, sur le terrain de ses travaux. Au mois de novembre, le P, Bataillon fut déposé à Wallis, et le P. Chanel, le futur martyr de l'Océanie, à Futuna, chacun en compagnie d'un Frère, L'évêque, poursuivant sa route, débarqua le 8 janvier 1838 à la baie des Iles, où il s'établit avec un seul missionnaire et un Frère coadjuteur, À cette époque, la colonie comptait une trentaine de catholiques, presque tous frlandais ; ces pauvres gens, privés de tout secours religieux, faisaient annuellement le