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LES ÉGLISES DE L'AUSTRALASIE, 1800-1896, ere man

voyage de Sydney, Pour se confesser et faire baptiser leurs enfants. On juge de leur joie en Voyant arriver les premiers missionnaires catholiques, après lesquels ils soupiraient depuis longtemps.

Malheureusement, depuis un quart de siècle, l'hérésie s'était solidement implantée à la Nouvelle-Zélande, 11 es Protestants avaient commencé par faire un grand nombre de prosélytes, Les Maoris, très intel-

instructeurs spirituels qui arrivaient les mains pleines d’or, et Promettaient d'initier les naturels à la civilisation européenne, € La plus grande » partie des soi-disant Chrétiens, écrit un voya- » geur protestant (1), ne se sont convertis que > pour jouir de la vie aisée qu'ils trouvaient dans » les missions. > — {Le succès des missionnaires » à la Nouvelle-Zélande, dit de son côté un mis- > sionnaire américain (2), fut dû principalement, » non pas au désir de l'instruction religieuse de » la part des indigènes, mais à l'espérance de » vendre leurs terrains et de le livrer au négoce, » — { Ils semblent peu Comprendre, et se soucier > encore moins, dit un négociant anglais établi >» dans le pays (3), des principes de la foi chré- » tienne, mais ils apprécient parfaitement l'utilité ssionnaires ont enseignés, et

» ils comprennent facilement qu'ils ont tout » intérêt à les supporter. }

encore on n'avait vu un pillage si effronté.

Quand les Anglais se furent installés à la Nouvelle-Zé] toutes parts, et le Souvernement britannique nomma une commission pour réviser ces monstrueux maiché. Le R. Taylor fut condamné à restituer aux indigènes 48.000 arpents de terre j il n'en garda que 2.000, ce qui était encore beau, vu le prix qu'il avait payé. Sur 216.000 arpents qu'ils prétendaient avoir achetés, les ministres du saint Évangile s’estimèrent heureux d'en conserver 66.000. À cette Occasion, on lit, dans un

1. Carne Bidwil, £xcursfon à la Nouvelle-Zélande, ch, 2, 2. Docteur Brown, Ze Wouvelle- Zélande, ch, 2, 3: Autour du Pacifique, 1 vol, ch. 9.

rapport officiel envoyé à Londres (1): € Les mis- » sionnaires ne peuvent soutenir un interraga- » toire en règle sur leurs procédés, et ils rece- » vront assez humblement les conditions qu'on »> leur offrira. }

L'avidité et l'indélicatesse à s'approprier les

terres des indigènes n'étaient, paraît-il, que les moindres peccadilles de messieurs les prédicants. Le docteur Lang, ministre presbytérien, dans un rapport officiel (2), s'exprime en ces termes, au sujet des agissements de ses collègues : « Je suis certain, milord, qu'il est impossible de trouver, dans l'histoire d'aucune mission protestante depuis la Réforme, des faits égaux, en impudence et en indignité morale, à ceux qui sont rapportés ici. Le premier chef de la mission fut chassé pour adultère, le second, pour ivrognerie, le troisième, pour un crime encore plus grand. Les abus flagrants encore tolérés et pratiqués par la grande majorité des membres de la mission, seraient capables de paralyser les efforts d'un collège entier d'apôtres. »

Les choses étant ainsi, on comprend de quel œil les Rév. ministres virent arriver à la Nouvelle- Zélande les missionnaires catholiques : c'étaient des concurrents génants et des témoins fâcheux. À tout prix, il fallait s'en débarrasser. Rien ne fut épargné pour cela. On fit entendre aux naturels que, si les prêtres catholiques parvenaient à s'établir dans le pays, ils les égorgeraient ou, au moins, les chasseraient en masse de la contrée. A l'instigation de ces messieurs, les chefs zélandais écrivirent au roi d’Angleterre : « Nous avons appris que la tribu des y Français est proche. Ils viennent pour s'em- » parer de notre pays. C'est pourquoi nous > prions V. M. de nous défendre contre ces » féroces pirates. }

Quand les Maoris virent débarquer, à la baie des Iles, deux ou trois pauvres prêtres, sans armes, sans argent, sans marchandises, quand surtout ils eurent appris d'eux qu'ils n'entendaient rien au commerce et ne voulaient se livrer À aucun trafic, la terreur fit bien vite place au mépris. € Aux yeux des Maoris, écrit gravement ÿ un ministre, un grand commerce seul rend » respectable. Les naturels, voyant que les » prêtres papistes n'apportaient ni argent, ni » marchandises, ne furent pas d'abord portés >» pour eux. }

[1 oublie de dire que ses collègues et lui s’appliquèrent de leur mieux à entretenir ces idées défavorables ; un d'eux s’oublia jusqu’à donner à son chien le nom du vicaire apostolique, Mgr Pompalier. Tels étaient les procédés évangéliques de ces Messieurs.

Pendant plusieurs mission catholique demeura donc très précaire. Le petit nombre des ouvriers apostoliques, l'éten-

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