Rapport sur les missions de la Nouvelle-Zélande
années, la situation de la | ment encore très inférieur
QUES AU XIXm SIÈCLE.
due de la mission, qui embrassait la moitié de l'Océanie, la pénurie de leurs ressources, ne permirent pas d'abord de développer leurs œuvres.
Néanmoins la manière de vivre humble et désintéressée des missionnaires catholiques, leur patience et leur zèle ne tardèrent pas à leur attirer le respect des indigènes et la bienveillance des rares étrangers établis alors dans la colonie, Dès 1857, le gouverneur, sir Georges Grey, écrivait : « Les écoles catholiques parrni les Maotis sont >» très bien tenues. Elles font honneur au zèle de » l'évêque et de son clergé (1). »
En 1860, au bout de 20 ans, on comptait près de 40.000 Maoris catholiques. L'insurrection de 1860, les massacres qui en ont été la suite, la haine implacable que les naturels ont conçue contre la religion de leurs oppresseurs, les Visages pâles, toutes ces causes réunies ont arrêté l'œuvre de la conversion des indigènes et réduit leur nombre aux environs de 10.000.
C'est surtout parmi l'élément colonial que la véritable foi était appelée à se développer, En 1844, les îles de l'Océanie furent détachées du vicariat de la Nouvelle-Zé'ande, En 1848, les progrès de cette dernière mission permirent d'y ériger deux sièges épiscopaux Auckland et Wellington. Dès lors le travail apostolique commença sérieusement, pour ne plus s'arrêter jusqu'à nos jours,
Au bout d'un demi-siècle, la province ecclésiastique de la Nouvelle-Zélande compte un archevéché, Wellington, et trois suffragants, Auckland, Dunedin et Christchurch, avec 88.200 catholiques, sur une population totale de 595.279 habitants, plus environ 40.000 sauvages. C'est le septième de la population totale. à
Telle est la situation actuelle de l'Eglise catholique à la Nouvelle-Zélande, On peut dire,
| sans exagération, que cette situation est bonne | : ; | et permet de bien augurer de l'avenir. L'esprit
général est excellent et paraît sincèrement revenu des préjugés sectaires du passé. Les catholiques sont généralement bien vus de leurs concitoyens protestants, et la paix confessionnelle règne dans le pays.
Du reste, la population paraît plus religieuse et moins adonnée aux préoccupations du lucre qu'en Australie. Comme dans la plupart des pays protestants, le repos du dimanche est rigoureusement observé, le blasphème est puni par la loi, et il est très rare que la religion soit attaquée dans les feuilles publiques. Nos catholiques font généralement honneur à leur foi; ceux qui ne pratiquent pas sont la très infime exception, et comme le nombre des prêtres est malheureuseaux besoins des populations, chaque dimanche on voit les fidèles entreprendre de longs voyages pour assister au service divin.
1, Rapport officiel au Parlement, 1857.
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Quant aux Maoris, les prédications de l'hérésie ont complètement échoué auprès d'eux, Tout ceux qui ont gardé, malgré la haine des Européens, la foi chrétienne, sont catholiques, Avec leur finesse d'esprit, les naturels ont fini par discerner les véritables apôtres du CHRIST de ceux qui ne prêchent que le mensonge et l’erreur.
En ce moment, à la Nouvelle-Zélande comme en Australie, les catholiques et les protestants sérieux luttent vaillamment pour obtenir des Souvernements coloniaux la reconnaissance de l'école confessionnelle.
En 1883, une pétition, signée par presque tous les catholiques et de nombreux protestants, fut présentée au Parlement d'Auckland, pour obtenir la suppression de l’école sans DIEU, ce dogme moderne de la franc-maçonnerie des deux Mondes. À cette occasion, les deux évêques catholiques d'Auckland et de Wellington, et l'évêque anglican, furent appelés à la Chambre pour exposer aux députés leurs griefs. La majorité maçonnique repoussa cependant leurs demandes, mais ils ne désespérèrent nullement de la faire prévaloir un jour.
En attendant, les catholiques de la Nouvelle- Zélande ne s'abandonnent pas, et acceptent Vaillamment la lutte partout où elle est possible, Après avoir pourvu largement à l'instruction de leur clergé, à la construction des églises et au service du culte, partout où ils sont assez nombreux, ils bâtissent et entretiennent, à leurs frais, des écoles confessionnelles.
Un seul exemple donnera la mesure de leur générosité : dans le diocèse de Wellington, qui ne compte que 24.000 catholiques, ils ont dépensé,
dans ces dix dernières années, 97.175 livres Sterling (2.429.375 fr.), en achats de terrains et Constructions d'écoles, et chaque année, ils donnent près de 300.000 francs pour le traite. ment de 300 maîtres et maîtresses d'écoles. Il y a là des exemples dont les catholiques d'Europe feront bien, à mon avis, de faire leur profit,
Pour bien saisir le développement du catholicisme dans les jeunes Églises de l'Australie, il ne reste plus qu’à donner la statistique des six provinces ecclésiastiques dont elles sont formées.