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Annales de la l'ropagation de la foi, tom. XII

— » bigoterie ne paraît pas être le seul motif qui y les ait inspirés, J'ai pour ma part de fortes

> raisons de sou » à fait temporelles. y

D2 1831 à 1835, les catholiques demeurèrent sans prêtres et supportèrent !a Persécütion avec un courage invincible plutôt que de renier leur foi. Une vingtaine moururent à la suite des Mauvais traitements et des travaux excessifs auxquels on les appliqua. € Nos chrétiens, écri. » vait en 1836 le P. Bachelot, sont toujours » persécutés ; mais sous les chaînes, ils redou- » blent d'attachement à Ja foi. Après des années > de séduction et de violences » on ne peut encore citer parmi eux un seul

sonner chez eux des vues tout

» aujourd'hui est de concuire les catholiques » enchaînés aux égouts pubiics et de les forcer

» à les nettoyer avec leurs mains (1), » C’est À ceite occasion qu'Ozanam Jaissait les Annales de la Propagation de éloquent d’indignation : ç L'histoire rnentionnera » qu'au milieu du xIxe

> parant du titre de m » civilisairice, condamnèrent, à la face du ciei » et de la terre, des femme » ser chaque jour avec jeu » dices d'une garnison !» (2)

échapper dans la Foi ce cri

siècle, des hommes se inistres d'une religion

8 chrétiennes à ramasrs mains les immon- Nous verrons pire encore : mais, en attenissionnaires, justemen

désireux de partager les épreuves de leur trou- Peau. Au mois de septembre 1835, arriva, à Hono! :;;, le P. Walsh, Irlandais de nat

ion, qui la protection du consul d'Angleterre,

de sorte ;u'on n'osa pas l’expulser. De son côté,

préfet apostolique, qui depuis des Franciscains dans

les missions dé la Californie, résolut de faire une ‘ tentative pour rentrer dans sa mission,

Accompagné d’un religieux irlandais, le Père

Patrice Short, il débarqua aux îles Sandwich, le 17 avril 1837; il fut ex

pulsé de nouveau, le Short, et comme le amené refusait de oins que lui-même enu, jusqu'au 2 no-

vembre, prisonnier dans le port, sans qu'il lui fût

ec la terre. À cette e P. Maigret, qui ne

» et dut repartir avec le Bachelot, Le préfet apostolique, épuisé par

les bras de son confrère, en pardonnant généreusement à ses implacables ennemis,

Le P. Walsh resta seul À Honolulu, et malgré

, il y eut encore de

redoubla de violences,

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sans pouvoir arracher aux victimes un acte d'apostasie, Voici ce qu'on lisait, le 29 juin 1839, dans la Gasette protestante des Îles Sandwich :

« Lundi matin, deux femmes, l'une âgée de » cinquants ans, l'autre de trente, furent traînées > devant les chefs, au palais de la régente, accu- » sées du crime de catholicisme, Elles demeuy rèrent tout le jour dans la cour «ie la maison, » uù elles furent interrogées sur la foi par ur » petit nombre de subalternes, et, le soir venu, » ordre fut donné de les mettre à la torture, » jusau'à ce qu'elles eussent reaié leur croyance. » Alc-s commença une scène de cruauté que > nulle description ne saurait reproduire, et dont y nous garantissons toutefois l’effroyable réalité, » défiant qui que ce soit de démentir nos paroles. »y Conduites au fort, à cinq heures après-midi, > les pauvres prisonrières furent itérativernent y sommées de “enonc£r à la religion cetholique » et d’ernbrasser la religion de Bingha.. Elles >» répondirent par un refus, préférant les tour- » ments et la mort à l’apostasie, Aiors la plus » âgée des leux fut traînée sous un arbre mort, » s°5 bras tirent attachés à l'une des branches » avec des ra ottes de fer, en sorte que la maly» heureuse éirit suspendue par les poignets » l'extrémité dus pieds pouvant à peine effleurer > la terre, L'autre femme fut conduite vers la y maison, dont :e toit descend assez bas vers le » sol ; ses bras, froissés autour d'une poutre en y saillie, y furent assujettis par des menottes de » fer, à une hauteur de six pieds ; dans cette y» position, L. jui attacha les pieds avec une y» chaîne, et la face, tournée du côté de la toiture, » s'en trouvait tellement rapprochée que les > épines, mélées parmi le chaume, la mettaient > tout en sang. Pendant la nuit, une pluie vioy» lente tomba sur les deux femmes, et le lendey main, quand je soleil se leva dans tout son » éclat, quand il versa du ciel ses plus vives ar- » deurs, ses rayons frappèrent d’aplemb sur la > tête nue des patientes, dont les forces s'épuiy saient au milieu des horreurs prolongées de y tant de tortures. Elles furent trouvées dans » cette effroyable situation par une société nom- >» breuse de résidents étrangers qui visitèrent le > fort, et qui prirent sur eux üe les détacher des y bois du supplice. Les mains déchirées, la tête » brûlante, elles tomb:rent évanouies. Leur toury ment avait duré dix-huit heures, et nrobable- > ment, sans l'opportune intervention des étran- >» gers, peu d'heures après elles auraient expiré » eur place, Un de ces hommes charitables, entré > au fort avant les autres, et touché du triste » spectacle qui s'offrait à ses yeux, avait couru > en prévenir M. Bingham, dans la pensée qu’il > serait assez puissant pour secourir les deux » prisounières. M. le ministre montait en voiture ; » prié, au nom de l'humanité, de se rendre sur » les lieux, il répliqua que sans doute ces femmes > étaient punies pour quelqu: autre motif,et que y» d'ailleurs il ne pouvait, ni re voulait intervenir

» dans l'exécution des lois du pays. En disant » ces parok”, il lança son cheval au trot et » partit, »

C'en était trop, Ce* misérables avaient fini par lasser la patience de DIEU et même celle des hommer Dix jours après cette scène hideuse, 9 juillet 1839, le commandant Laplace, monté sur la frégate /'Artémise, s2 présentait, au nom

| de la France, pour demander raison de l'expul-

cion de ses nationaux et des droits violés de la conscience catholique. Bingham et ses dignes acolytes se cachèrent, n'osant défendre leur œuvre. Laïssé à lui-méine, le jsune roi, Kaméhaméha IV, signa un rraité ui stipulait :

19 Le culte catholique est déclaré libre dans toute l'étendue du royaume, et les membres de cette religion jouiront de tous les privilèges accordés aux prorestants,

25 Ün terrain sera donné à Honolulu pour la construction d'une église catholique.

3° Tous les catholiques détenus en prison pour cause de religion seront immédiatement mis en liberté.

4° Le roi consignera aux mains du gouvervement français une somme de 20.000 piastres (100.000 francs), comme garantie de son intention de tenir loyalement à l'avenir ses promesses.

A l'exception des prédicants américa’, », : us les résidents étrangers applaudirent ha ‘tent à ces mesures de réparation et de jusuce ; ils envoyèrent au commandant Laplace une adresse de félicitations, dans laquelle on lit: € Nous » espérons que, grâce à voire fermeté et à votre » justice, ces horribles tortures et cette révol- » tante perséc ‘tion contre les droits de la cons- » cience disparaîtront pour toujours de ces > contrées. }

Les catholiques étaient émancipés d’un esclavage de treize années ; le tour des prote::tants n'allait pas tarder à venir. En 1843, lord Georges Paules, au nom du gouvernement britannique, exigeait l'abrogation des lois qui tyrannisaient les malheureux Hawas. Ce fut dans toutes ces îles une explosion indescriptible de joie. € Quicorique s'est trouvé à Honoiulu pen- > dant ces dix jours mémorables, dit un témoin » oculaire, n’oubliera jamais le spectacle dont il » fut témoin. Délivrés de la contrainte et débar- » rassés des lois pénales, les naturels, presque ÿ sans exception, se sont plongés dans toutes » sortes d'excès et de crimes pour célébrer leur » affranchissement. Ils ont montré, par leur com- >» plet mépris de toute décence, que, s'ils étaient > soumis en apparence aux idées nouvelles, ils » étaient au fond aussi dépravés et aussi vicieux >» que jamais (1). » Voilà tout le fruit qu'avaient produit, en vingt-deux ans, les prédications des méthodistes |

Le catholicisme ne tarda pas à user de la

Ernest

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1, Journal asiatique,

LE CATHOLICISME DANS LES ei me

on disant libei 4 religieuse, nr ge au prix de tant d= \ trot et souffrances, Du moi, de juillet 1839 à la fin de l'année, il y eut 230 conversions, Le 13 mai 1840, t fini par on vit arriver aux îles Sandwich Mgr Rouchouze, celle des vicaire a pstolique de l'Océanie orientale, en hideuse, compagnie du P, Maigret, l'expuisé de 1537, et e, monté de deux »atres missionnaires, Conformément au au fioum traité conclu avec la France, l'évêque bénit solen- : l'expul- nellement la première Pierre d'une cathédrale olés de la catholique 4 Honolulu, ei l'on baptisa cette 5 dignes année 1097 adultes. dre leur : À “ès le départ de Mgr Rouchouze, le P, Mai. Kaméha- gret fut chargé, avec le titre de provicaire, d'administrer la mission, Il ‘+ tarda Pas à conquérir libre dans l'affection des indigènes et l'estime de tous les mbres de étrangers. Quand !a Sacrée. Congrégation érigea ges accor- cn 1844 les îles Sandwich en vicariat apostolique, il fut choisi pour en être le premier titulaire, et lu pour la de 1846 à 1881, il fournit une longue et belle crrrière épiscopale, En Quarante ans, il fit consrison pour truire dans ces îles 69 églises ou chapelles, et vit, nt mis en sous son épiscopat, le chiffre des catholiques s'élever aux environs de 2 5000. Il s'occnpa aussi 1 gouver- de multiplier les écoles, pour lutter contre l'in- O piastres fluence des écoles Protestantes, richement entreson inten- tenues par les Sociétés bibliques. Dans cette ses pro- intention, il fit venir en 1858 des religieuses de la Congrégation de Picpus, pour s'occuper de l’éduca », LUS cation des jeunes filles.

la ‘tint Bien que, pendant une vingtaine d'années, !a usuice ; ils lutte soit demeurée ardente entre les méthodistes, ne adresse secrètement soutenue par le gouvernement k: « Nous hawaïen, et nous, les protestants de bonne foi et à votre n'hésitèrent pas à rendre bientôt hornmage .. tte révol- travail et au succès des missionnaires cathoule la cons- ques. Dès 1842, le journal officiel des missic.s s de ces protestantes (1) avouait que « les efforts des » papistes ont un succès capable d’attrister tout d'un lung » esprit bienveillant, Le Ronarisme fait tous les les prote::- » jours des progrès remarquables et pénètre 1843, lord » dans les districts où il était jusqu'alors inconnu. ement bri- » L'extensicn parmi nous de cette hérésie, conqui tyran- » clut avec onction le rédacteur, est vraiment fut dans » pour humilier nos cœurs. »

riptible de Sur un ton beaucoup plus modéré et plus oiulu pen- digne, sir Georges Simpson, ancien consul aux un <VT îles Hawaï, rend aussi témoignage au succès des cle dont i

missionnaires catholiques : 4 Ils sont occupés > et débar- » actuellement (1847) à bâtir une belle cathé- Is, presque > drale, et ils ont déjà fondé à Honolulu deux lans toutes » écoles, suivies par 900 enfants des deux sexes, lébrer leur » indigènes et métis, Un bon nombre de leurs

r leur com- » élèves ont fait de grands progrès dans les

ils étaient » différentes branches de l'éducation, et quel-

uvelles, ils » ques-uns parlent le français avec une facilité

1ssi one » étonnante, La foi nouvelle étend partout son | grands ravages, qu'avaien

cations des » apôtres. Bien qu'elle ne

> de” persécutions légales, » butte aux grossières invectives des mission- Re

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