DANS L'ALLEMAGNE
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U commencement du siècle, l'Église catholique jouissait encore, en Allemagne, d'une grande situation politique. Voici ce qu'écrivait, dans ses Mémoires, le cardinal Pacca, ancien nonce ñ à Cologne :
€ Quand j'arrivai en Allemagne, en l'an 1776, pon pouvait dire que les églises et le clergé de ice pays étaient au. comble des grandeurs huimaines. Deux sièges archiépiscopaux, Cologne net Trèves, étaient occupés, l’un par un frère de l'empereur alors régnant, l’autre par le fils d’un roi de Pologne, électeur de Saxe. A la tête de } toutes les autres églises archiépiscopales, étaient placés des prélats issus des plus illustres et des } plus anciennes familles, De vastes portions du sol de l'Allemagne, les plus riches et les plus fertiles, appartenaient au clergé avec un droit de souveraineté temporelle, qui s'étendait sur plusieurs millions de sujets, Dans le collège électoral, sur huit électeurs, trois étaient ecclésiastiques : les archevêques de Mayence, de Trèves et de Cologne. Le collège des princes allemands était présidé par l’archevèque de Salzbourg, et tous les évêques, ainsi qu'un grand nombre d’abbés, apportaient leur vote à la diète. »
La Révolution française et les longues guerres de l'Empire mirent fin à cette situation. Devenue pendant vingt ans le champ de bataille de l’Europe, l'Allemagne vit remanier toutes ses circonscriptions, et, de près de trois cents, le nombre des principautés indépendantes fut réduit à une trentaine. Naturellement, les électorats ecclésiastiques, les riches abbayes, les évèches furent sacrifiés tout d'abord. Tous les biens d'Église qui, au xvie siècle, avaient échappé à la rapacité des protestants, furent sécularisés, et le congrès de Vienne, en 1815, s'empressa de ratifier ces spoliations,
Au fond, cette spoliation, quelque injuste |