‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 393 sur 404 · ca · texte numérisé non relu

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Isabelle, et, le 17, il était frappé à l'improviste de deux coups de casse-tête par les sauvages, Transporté mourant sur le pont du navire, il expira deux jours après, en pardonnant À ses assassins et en priant pour eux, Le 20, son corps fut enseveli furtivement sui n ilot désert, de: peur que les cannibales ne vinssent le déterrer pour s'en repaître.

Les missionnaires, demeurés orphelins par la mort de leur chef, retournèrent à l'ile San-Christoval, mais ils ne purent s'y fixer : au mois de mars 1847, un des Pères mourait de misère et d'épuisement dans cette ile; un mois après, le 20 avril, deux Pères et un Frère étaient massacrés par les sauvages, Il fallut se résoudre à abandonner cette terre inhospitalière, où, dans

l'espace de quinze mois, on n'avait pu faire un catéchumène,

Sur ces entrefaites, le successeur de Mgr Epalle, Mgr Colomb, était sacré À la baie des Les par Mgr Pompalier, le 23 mai 1847. Il aborda dans son vicariat au mois d'août, et s'éta. blit d'abord à Woodlarck, puis à l’île Rook, située entre la Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Bretagne, Moins d'un an après son arrivée, il mourait de la fièvre à l'ile Rook, le 16 juillet 1848, et, quelques semaines après, un des missionnaires mourait de faim et de misère au même lieu.

La Société de Maïie manquait d'ouvriers pour desservir les nombreuses îles qui lui étaient confiées, Elle se vit forcée de renoncer À envoyer de nouveaux missionnaires sur ces plages maudites, où ils Succombaient les uns après les autres, sans aucun profit pour les âmes.

Le Saint-Siège confia alors la mission aux prêtres du Séminaire des Missions Etrangères de Milan. En 1852, cinq prêtres et deux Frères furent envoyés pour reprendre cette œuvre. Ils ne furent pas plus heureux que leurs prédécesseurs, L'insalubrité du climat, l'excès des privations et le meurtre d'un d'entre eux, massacré par les sauvages de Woodlarck, les forcèrent, au bout de quatre ans, à renoncer À une tâche ingrate et sans espérances, au moins pour le moment,

La mission de la Mélanésie resta donc abondonnée jusqu'en 1881. À cette époque, elle fut reprise, par ordre de Léon XIII, et donnée à une nouvelle Société de prêtres du Sacré-Cœur, établis depuis une vingtaine d'années à Issoudun (diocèse de Bourges), Cette fois les circonstances étaient plus favorables : les navires de l'Europe avaient des rapports fréquents et réguliers avec ces rivages autrefois si redoutés et couverts aujourd'hui de résidents européens, Au contact de la civilisation, la férocité des naturels s'était adoucie, l’anthropophagie avait disparu

ou se cachait au fond des forêts de l'intérieur, Les missionnaires n’avaient plus guère à redouter que l'insalubrité du climat, et aussi la concurrence des protestants, établis depuis 1872 dans la Nouvelie-Guinée et dans la Nouvelle-Bretagne.

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