‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 401 sur 404 · UN ON EU TE ER · texte numérisé non relu

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CONCLUSION. 413 em PE te

d'héroïsmes connus de DIEU seul, qui ne seront révélés qu'au grand jour des rétributions !

Après tout, malgré les imperfections des hommes, l'œuvre de DIEU se fait et progresse d'une marche lente et sûre, Ce livre a été écrit dans l'unique but d'en être, chiffres en main, la démonstration ; et maintenant que le voilà achevé, je crois pouvoir dire, sans fausse modestie, que la preuve est faite et qu'il n'y a plus, pour tout esprit sérieux et de bonne foi, à y revenir.

La hiérarchie catholique restaurée ou créée en Angieterre, en Ecosse, en Hollande, dans les Balkans, aux Indes, au Japon, au Canada, aux Etats - Unis et dans l'Australasie ; les vailles Églises oriei tale’, -Sorganisées et rattachées au centre de l'unité par de noinbreuses délégations apostoliques et le rétablissement des patriarcats de Jérusalem, d'Antioche et d'Alexandrie : plus de 250 nouveaux sièges épiscopaux, près de 200 nouveaux vicariats ou préfectur:s apostoliques, le continent noir, l'Asie centrale, les îles perdues de l'Océanie s’ouvrant, pour la première fois, à la prédication des Apôtres du CHRIST, et pour dire le mot qui résuine tout, plus de vrmgtcing millions de nouveaux chrétiens devenus les sujets de la Propagande, qui en comptait à peine cing millions il y a un iècle, voilà des résultats acquis, palpables, indéniables, qui montrent qu'au cours de ce siècle, l'apostolat catholique n’a pas tout à fait perdu son temps.

Ces résultats, il faut bien le reconnaître, ne sont pas dus uniquement à nos effurts personnels. Par la prière et par l’aumône, les vieux chrétiens d'Europe nous sont venus puissamment en aide, et en nous assurant le pain q'otidien, ils nous ont mis à même d'édifier, dans les cinq parties du monde, des milliers d'églises, de chapelles, d'écoles, de presbytères, et d'ouvrir des centaines de missions, là où jamais encore le pied de l'Apôtre ne s'était posé,

C'est en 1822 que l'œuvre de la Propagation de la Foi fut providentiellement suscitée de Du pour fournir à l'apostolat catholique les ressoures indispensables à son fonctionnement. Vingt ars plus tard, l'œuvre de la Sainte-Enfance venäit Joindreau sou hebdomadaire des premiers associés, le sou mensuel des petits enfants du monde catholique pour le rachat et la délivrance de leurs petits frères payens. En ajoutant à ces deux grandes œuvres, l'œuvre, plus restreinte dans son objet et dans ses ressources, des écoles d'Orient, l'œuvre Apostolique, qui fournit aux mission. naires des ornements et des vases sacrés, plusieurs œuvres accessoires que je ne puis énumérer ici, on arrive, pour le budget total de l'apostolat catholique, au chiffre moyen annuel d'environ dix millions de francs, chiffre malheureusement insuffisant, en présence de la création contiruelle de nouvelles missions et du développement quotidien de nos œuvres, chiffre qui n'atteint pas le dixième de celui des missions protestantes, et qui devrait nécessairement être au moins doublé pour

nous mcttre en état de répondre, d'une manière adéquate, à tous les besoins de cette œuvre immense des missions. Tel qu'il est, iln'en constitue’ pas moins à l'apostolat catholique nn budget vraiment royal, et que n'atteignirent jamais les subventions de l'ancien régime,

Autiefois, l'œuvre des missions catholiques était soutenue presqu'entièrement par la muni. ficence des souverains, qui comprenaient mieux que ceux de nos jours l'intérêt, même temporel, qu'ils avaient à étendre au loin les frontières du royaume de J£SUS-CHRisr, Aujourd'hui, les princes que la Révolution n'a pas encore fait descend: dutrôr.e,ontgénéralement d'autres préoccupations. Mis l'œuvre que les puissants du monde ne pi 4vent plus, ou ne veulent plus soutenir, a été reprise par le peuple catholique, qui en a fait véritable. ment son œuvre, Désormais, c'est le sou hebdomadaire des pauvres et des ouvriers, c'est le sou mensuel des petits enfants qui alimentent nos œuvres et pourvoient à tous nos besoins. Comme ces milliards de gouttes d’eau qui, déposées par la pluie au flanc des collines, Der ttrens lentement à travers le sol et vont jaillir en sources profondes, d'où sortent les grands fleuves qui roulent leurs eaux à la mer en fertilisant tout un pays, ces millions de petits sous déposés chaque semaine ou chaque mois dans la caisse de nos œuvres, arrivent à former, à la fn de l'année, un budget royal qui, répandu dans les cinq parties du globe, arrose et féconde ce sl du paganisme, parfois si ingrat et si dur à Jéfric} cr. C’est le miracle, tous les jours renouvelé parmi nous, de ja multiplication des pains.

A l'exemple de leur divin Maître,les apôtresdela Loi nouvelle ont groupé autour d'eux d'immenses multitudes, qui se pressent pour entendre la prédication évangélique. Mais il y a, dans cette œuvre des missions, bien des besoins ratériels à satisfaire : il faut pourvoir aux voyages des ouvriers de l’apostolat et à leur très modeste entretien (1); il faut élever des temples à la célébration du culte, ouviir des écoles à l'instruction des enfants ; il faut fonder et entretenir des milliers d'œuvres d'apostolat et de charité | Bien des fois, comme les apôtres au désert, les missionnaires se deandent avec anxiété : Où trouverons-nous les res- Sources nécessaires à tant de fondations ? Hélas i ils n'ont trop souvent entre les mains que les cinq pains d'orge et les deux petits poissons de l'Evangile, Qu'est-ce que cela pour une pareille multitude, uid hoc inte- tantos ?

Mais le Maître sait ce qu'il fait : Sciebat enim quid faciebat, Comme aux jours de sa vie mortelle, | veut triompher par la pauvreté, et laisse volontiers à l'erreur ses millions. Il veut surtout que les homn:es apostoliques s'habituent à attendre tout de lui Le à se confier uniquement à sa providence. Il prend en main les faibles ressources de l'apos-

1. Une somme annuelle de ci:q À six cents francs, voilà ce que l'œuvre de la Propagation de la Foi fournit pour son entretien à chaque missionnaire,

tolat catholique, les bénit, les multiplie par sa grâce, et finalement chacun se trouve avoir assez ; et s’il n'y a pas de restes, comme dans l'Evangile, c'est que le miracle d'aujourd'hui se renouvellera demain, et jusqu'à la fin des temps. En quittant tout pour DIEU, l’homme apostolique est bien sûr qu'il ne manquera jamais du nécessaire, € Quand je vous ai envoyés par le monde, sans argent, sans provisions, vous a-t-il manqué quelque chose ? » « Non, Seigneur, rien ne nous a jamais manqué. » Telle fut la réponse des apôtres, et telle est encore aujourd'hui celle de tous les vrais missionnaires.

En présence de la merveilleuse fécondité de l'apostolat catholique, rapprochée de la stérilité des riches budgets de l’hérésie, le dernier c:i qui s'échappe de mon cœur et de mes lèvres, c’est un cri d'actions de grâces et d'espérance. Au fond, malgré les périls et les tristesses de l’heure présente, nous pouvons avoir confiance : l'avenir du monde est au catholicisme,

Le protestantisme, comme force envahissante, est fini. C'est une citadelle démantelée de toutes parts,où l'Eglise de Rome a mis garnison et dont elle occupe les points stratégiques les plus importants. Les vieux schismes de l'Orient crouleraient demain à la lumière de l’histoire, si une grande puissance politique ne maintenait entre eux un lien factice, en comprimant violemment la liberté des âmes. Mais, dans un siècle comme le nôtre, la violence n’a qu'un temps, et elle s'use très vite par ses propres excès. En vérité, je ne vois, à l'heure actuelle, qu'une force au monde en état de faire échec au catholicisme, c'est la Révolution.

L'emportera-t-elle définitivement sur l'Eglise du CHRIST ? C’est bien possible, car nous savons par l'Evangile que nous serons vaincus au dernier jour.

Dans ce cas, c'est l'annonce de la crise finale et de la victoire définitive du Fils de DIEU, avec ses élus béatifiés dans l'éternité ; car là encore, même dans son dernier triomphe, nous savons par la foi que Satan sera vaincu.

Mais cette solution, qui est possible après tout, paraît néanmoins peu probable. Non, ce n’est pas la fin du monde qui s'annonce, c'est la fin d'un monde et le commencement d’une ère nouvelle. L'Eglise catholique a déjà vu la fin du monde romain, la fin du Moyen-Age ; tout semble annoncer qu'elle va assister à la fin du monde moderne, et qu'elle présidera aux débuts de la Société démocratique de l'avenir.

Non, un arbre qui, au bout de dix-neuf siècles, porte de tels fruits n’est pas mort, et sa sève n’est pas encore épuisée. Vous dites que le catho-

LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXMme SIÈCLE.

licisme est à l’agonie, qu'il se meurt; prenez garde qu'il ne se déplace simplement, ce qui serait grave pour vous, gens de la vieille Europe. J'entends répéter autour de moi que les nations catholiques ne veulent plus de l'Evangile et qu’elles ont fait divorce avec l'Eglise, je le regrette pour vous; mais c'est pure bonté d'âme de ma part, car nous sommes prêts à bénéficier de vos ingratitudes et de vos folies. Ab! vous ne voulez plus de prêtres pour vous recevoir à votre entrée dans la vie et pour bénir votre tombe, pli : de Frères des écoles pour élever chrétiennement vos enfants, plus de Sœurs hospitalières au chevet de vos malades |! Qu’à cela ne tienne. Envoyez-nous tous ces héroïsmes, tous ces dévouements; que vous regretterez amèrement un jour et dont peutêtre vous n'êtes plus dignes. Le monde payen les appelle et leur tend les bras. Il ne manque pas ici de pauvres à soulager, d’ignorants à instruire, de nations à civiliser. Si vous êtes assez insensés pour vous dépouiller à notre profit, nous n’"ons qu'à gagner à vos fautes, et nous ne refuserons pas, je vous l’affirme, le don de DIEU.

Mais plutôt, que DIEU exauce nos prières, et qu'il conserve à la vieille Europe l'héritage sacré de la foi catholique ; qu'il garde surtout ce trésor à notre chère patrie, à cette noble France qui, malgré l’apostasie officielle de ses gouvernants, est ehcore, à l’heure actuelle, la nation apostolique par excellence : les deux tiers des missionnaires sont Français, les quatre cinquièmes des Frères et des Sœurs employés dans nos Missions viennent de France, la plus grosse part du budget de l’apostolat est fournie par les catholiques de France, Qu'elle le veuille ou non, la chère et douce France est encore aujourd’hui le soldat de DIEU et la protectrice des Missions dans le monde entier. Même aux mains de la Franc- Maçonnerie, son épée est toujours j'épée de l'Eglise pour combattre le bon combat. A l'heure où j'écris ces lignes, la France voltairienne et impie protège les intérêts catholiques en Afrique, dans le Levant, en Chine, au Tong-King, au Japon et dans l'Océanie. Le protectorat des Missions catholiques, que les autres peuples nous envieñt et voudraient nous enlever, Rome nous le maintient, malgré nos fautes. C'est lui qui fait notre honneur et notre force à l'étranger ; c’est lui qui deviendra, je l'espère, la rançon de nos erreurs et de nos folies. Oui, c'est là mon dernier mot : en récompense de tout ce qu'elle a fait, au cours de ce siècle, pour le développement de l’apostolat, la France du XXe siècle, redevenue chrétienne, continuera, dans les cinq parties du monde, d'écrire, à la pointe de sa noble épée, les gestes de DIEU : Gesta Dei per Francos,

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