‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 45 sur 404 · J AT · texte numérisé non relu

J AT

WINDTHORST,

à aucun tribunal civil le droit de déposséder un évêque de son autorité spirituelle, Ils ne reconnaissent comme curés et pasteurs de leurs âmes

évêques légitimes. Les catholiques allemands

tionnaire.» (Résolutions prises à l'assemblée géné-

rale des catholiques allemands, tenue à Mayence

les 15, 16 et 17 juin 1874.)

Et comme ils l'avaient dit, ils le firent.

Ils s'imposèrent de généreux s

défendront constamment, avec courage, leurs droits naturels de citoyens libres, les droits de la sainte Eglise et les droits du peuple allemand, |

contre la force brutale, bureaucratique et révolu-

que les prêtres institués par le pape et =

secourir la noble pa s'exposèrent à

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échec à la politique de Bismarck.

M. LE BIsMARCk,

se, vit forcé de demander la paix au chef de l'Église, Il pensait qu'il lui serait plus facile et plus avantageux de traiter directement avec le Pape, plutôt qu'avec le parti catholique, exaspéré par quinze ans de lutte : son espoir ne fut pas trompé. Le Vicaire de Jésus CHRIST voulut user avec moderation de sa victoire ; il réserva les droits essentiels de l'Eglise, la libre adminis. tration des diocèses, l'organisation des séminaires sous la direction des évêques, la réintégration des Pasteurs injustement éloignés de leurs postes, le rétablissement des traitements ecclésiastiques ; il accorda au pouvoir civil un certain droit d'ins-

per reprennent

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mieux unis que les catholiques de France, n'étant pas divisés comme eux par des questions dynas- | tiques, les catholiques allemands, groupés dans | nominations faites aux le parlement, au nombre d'une centaine, autour du grand orateur du centre, Windthorst, tinrent tête, pendant quinze ans, à la persécution maçon- | nique et protestante, et firent plus d'une fois

A la fin, il fallut bien se décider à entendre leurs réclamations et à en tenir compte. Après avoit déclaré fièrement qu'il n'irait pas à Canossa, le grand chancelier, vaincu pour la première fois,

| pection dans les séminaires et autres établissements d'enseignement, avec le droit d'agréer les différents postes par | l'évêque. En échange de ces concessions, "M, de | Bisiaarck promit une révision complète des lois de mai et la rentrée des Ordres religieux proscrits au début de la lutte, Ce dernier point a déjà été

| exécuté en partie.

Finalement, l'Eglise catholique sort singulièrement grandie et fortifiée de ces quinze années de luttes. On peut dire qu'elle a fait ses preuves | en Allemagne, et qu'on n’a plus à redouter les | faiblesses et les scandales du passé. Répondant

au centre catholique, pour le décider à voter l’arrangement conclu avec le Saint-Siège, Léon XIIL à fait du clergé allemand l'éloge le plus délicat et le mieux mérité, en disant que, s’il n’a pas hésité à reconnaitre au pouvoir civil un cer. tain droit d'approbation dans le choix des titulaires ecclésiastiques, c’est qu'après le noble exemple d'intrépidité apostolique qu'a donné le clergé de l'Eglise d'Allemagne tout entier, le Vicaire de JÉSUS-CHRIST n'avait pas à craindre qu'il y eût de mauvais choix possibles à faire dans ses rangs.

Sans doute les traces de ja lutte subsistent encore, et ne seront pas effacées de sitôt : les Jésuites he sont pas rentrés, les archevêques de Cologne et de Posen ont dà donner leur démis- Sion ; pour faciliter l'accord, ils restent à Rome dans un exil honorable : un grand nombre d'œuvres, d'établissements, d'associations utiles ont succombé ; mais l'Église catholique, la recommenceuse éternelle, comme l'appelait Paul Bert, un de ses ennemis, ne se décourage pas facilement : elle reprend chaque jour son œuvre cent fois interrompue et cent fois reprise à nouveau,

Résultat indéniable : dans l'Allemagne protestante, le catholicisme a fait de grands progrès au

| cours du XIXe siècle, Jin 1800, il comptait, dans

ces régions, un peu plus de six millions de fidèles, dirigés par un clergé médiocre et un épiscopat détestable. Aujourd'hui, après les bouleversements politiques et la perte de sa haute situation territoriale, il a réorganisé sa hiérarchie, réformé entièrement l'esprit de son clergé, et, aux derniers recensements officiels, il comptait 19,231.724 fidèles. En retirant 3.404.504 âmes qui appartiennent à la Bavière catholique, il reste pour Ja Prusse et les principautés protestantes de l'Allemagne, 12.767.360 catholiques. Leur nombre a donc plus que doublé en 90 ans.

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N Hollande, le catholicisme a brisé, dans le cours € . ce siècle, les chaînes sous lesquelles l'intolérance calviniste l'avait longtemps retenu captif. On a vu quelle était, en 1800, la position ES. SAS précaire des catholiques hollandais. C’est encore à la France, ouvrière souvent inconsciente des œuvres de DIEU, qu'ils durent leur affranchissement, Napoléon ayant placé sur le trône de Hollande son frère Louis, il se trouva, Par une exception rare à cette époque, que ce prince était un catholique sérieux. Sans violenter en rien la liberté de conscience de ses sujets calvinistes, le nouveau roi se fit un devoir d'émanciper les catholiques, ses coreligionnaires ; et, pour la première fois depuis la Réforme, la Hollande reçut chez elle un évêque catholique, le vicaire apostolique de Bois-le-Duc,

Malheureusement le prince Louis prit trop au sérieux, au gré de Napoléon, son titre de roi de Holiande ; il se refusa positivement à ruiner sa nouvelle patrie, au profit du blocus continental décrété par l’empereur. Aussi il ne tarda pas à être brisé par son terrible frère, et la Hollande fut réunie à l'empire (1810)

Ce changement de régime ne fut pas favorable à l'Église, On était alors aux premiers jours de la lutte entre le sacerdoce et l'empire. Napoléon, ayant visité en 1811 sa nouvelle conquête, en compagnie de l'impératrice Marie-Louise, affecta de témoigner toutes ses faveurs aux ministres protestants, et réserva toutes ses brutalités au clergé catholique. En lisant, dans Mr d'Haussonville, la scène incroyable qu'il fit a cette occasion au vicaire apostolique et à ses prêtres, on se prend malgré soi à répéter le mot de Taileyrand : € Quel dommage qu'un si grand homme ait été si mal élevé ! »

Du reste, la domination française ne dura guère en Hollande. Le congrès de Vienne réunit

sous le même sceptre la Belgique et la Hollande

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et, en 1830, ils réussirent à former un État indépendant, Guillaume, resté roi de Hollande, profita de la leçon : il commença à mieux respecter la liberté de conscience de ses sujets catholiques, et entra même en pourparlers avec Rome, pour rétablir dans son royaume la hiérarchie catholique (1840). Naturellement les protestants jetèrent les hauts cris. À les entendre, c'en était fait de

LOUIS-NAPOLÉON, ROI DE HOLLANDE, (d'après Philippoteaux),

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et leur donna pour roi un prince protestant, | l'Église officielle, si le catholicisme pouvait chez

Guillaume de Nassau. Le nouveau roi commença | eux reconstituer ses cadres par persécuter les catholiques : les évêques de | ces grands prôneurs de Tournai et de Gend furent jetés en prison et con- | Devant cette opposition, damnés à Ja déportation, les séminaires furent | tenta de reconnaître

. On reconnaît bien là la liberté de conscience.

le prince céda et se con-

fermés, les tracasseries se multiplièrent sontre les | apostaliques avec caractère épiscor

avec caractère épiscopal, C'était un

prètres fidcies à jeur devoir, À ja fn, la patience | progrès considérable.

des catholiques belges se lassa ; ils se révoltèrent

Mais en 1853, Pie IX, qui venait de rétablir la

hiérarchie en Angleterre, jugea que l'heure était venue de la reconstituer en Hollande. Par la bulle Ex quo die (14 mars 1854), il institua l’archevêché d'Utrecht, avec quatre évêchés suffragants : Harlem, Bois-le-Duc, Bréda et Ruremonde.

Comme en Angleterre, ce grand acte souleva les clameurs intéressées des protestants orthodoxes, sans parler de celles des francs-maçons et des jansénistes. Le prétendu archevêque d'Utrecht protesta publiquement contre une bulle qui méconnaissait son titre officiel, et le rangeait purement et simplement parmi les schismatiques. On sait que la prétention des jansénistes a toujours été de se dire catholiques, et de rester dans l'Église malgré le Pape et l'Eglise. Peu à peu cette agitation factice se calma, et les évêques prirent tranquillement possession de leur siège.

Depuis ce temps, la vie catholique s’est développée en Hollande, sans faire de bruit. Chez un peuple apathique comme les Hollandais, on ne peut voir se produire, ainsi qu’en Angleterre, un de ces grands courants d'opinion qui soulèvent les âmes et les emportent vers Rome. Le protestant hollandais est fort peu susceptible d’enthousiasme ; sa vie religieuse, tenue régulièrement à jour comme un livre de caisse, a trouvé, dans la froideur et la rigidité du dogme calviniste, l'idéal qui lui convient. Néanmoins, là comme ailleurs, le protestantisme est in édifice qui croule, Tant qu'on a maintenu contre les dissidents les vieilles formuies du synode de Dordrecht, on a pu se faire illusion sur sa solidité, Toute controverse étant impossible, l’Église officielle régnait en maitresse sur toutes les intelligences. Mais le principe du libre examen, enfermé dans des formules dogmatiques comme sous la cloched’une machine, fermentait sourdement, et au premier souffle de la liberté religieuse, la décomposition putride s'est déclarée, À l'heure actuelle, il y a encore des habitudes religieuses dans la Hollande protestante ; au jugement d’observateurs impartiaux, il n'y a plus guère de foi chez les ministres ni chez les fidèles, Sous l’action des Sociétés secrètes, qui

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surprise qu'ils formaient déjà un tiers de la population totale; aujourd'hui cette proportion n'a fait qu'augmenter.

En voici la statistique :

En 1800 350.000 catholiques sur 1.500.000 habitants.

Et ces catholiques sont vraiment dignes de leur nom. L'immense majorité accomplit. avec ferveur ses devoirs de chrétiens, très peu se dispensent de la communion pascale, beaucoup s’approchent des sacrements plusieurs fois l’année ; tous pourvoient généreusement à l'entretien de leurs évêques et de leurs prêtres ; chaque année ils offrent une somme considérable au denier de Saint-Pierre, et, quand il s'est agi de défendre le pouvoir temporel du Pa, 3.000 zouaves sont allés représenter auprès du Vicaire de JÉsUs-CHrisr l'Église ressuscité de Hollande, chiffre énorme et, proportionnellement, le plus élevé de toutes les nations catholiques.

Depuis cinquante ans, le gouvernement protestant de Hollande pourrait, par son libéralisme vrai, servir de modèle à plus d’un gouvernement catholique. Dans ce pays, c’est la liberté complète, sans aucune de ces dispositions organiques, de ces entraves misérables, À l'aide desquelles le pouvoir icivil s'efforce de reprendre d’une main les concessions qu'il s’est vu forcé d'accorder de l'autre, Les évêques administrent librement leurs diocèses, sans que l'État s’en mêle ; partout ils élèvent des églises, des écoles, des collèges, dans lesquels ils sont chez eux. Tous les Ordres religieux ont droit de cité dans ce royaume. Pendant les luttes du culturkampf allemand, et plus récemment, lors des expulsions françaises, les religieux proscrits ont trouvé un asile honorable sur cette terre qui leur fut longtemps inhospitalière,

Voici, d’après les Missiones catholice, là situation religieuse de la Hollande au er janvier 1890 :

1 archevêque, 4 évêques, 2.794 prêtres, 1.421 églises ou chapelles.

5 grands et 5 petits séminaires, 1.074 élèves ecclésiastiques,

75 collèges et pensionnats, 4.686 élèves.

668 écoles de paroisse, 122,640 élèves.

Quant à la petite Église janséniste,elle s'éteint lentement dans son obstination et le mépris public. En 1880, elle comptait 5.986 fidèles. Au moment du concile du Vatican, les schismatiques firent quelques démarches et montrèrent certaines velléités de se réunir à l'Église romaine. Il est probable que, laissés à eux-mêmes, les jansénistes auraient obéi à ce bon mouvement ; mais les prétentions schismatiques de leur clergé ne leur ont pas permis, cette fois encore, de rentrer dans le sein de la grande Église, dont ils continuent à se dire les enfants, tout en refusant d’obcir à ses lois.

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N Suisse, la situation religieuse est moins florissante, et surtout moins tranquille qu’en Hollande.

Si, dans les cantons protestants, les catholiques ont fait des progrès considérables, ces succès ont été achetés au prix de bien des luttes, et ont amené de terribles représailles. Les épreuves de l'Eglise catholique, dans les cantons suisses, peuvent se rattacher à trois causes principales : les fautes des catholiques, la haine des protestants, la force du radicalisme et des Sociétés secrètes, qui, surtout depuis 1847, dominent entièrement dans ce malheureux pays.

Parlons d’abord des fautes des catholiques.

Pour les mêmes raisons qu'en Allemagne, au commencement du XIXe siècle, le clergé catholique des cantons suisses laissait généralement à désirer, sous le double rapport de la doctrine et du zèle. Les idées joséphistes dominaient chez lui; mais c'est surtout dans les maisons religieuses, au sein des riches abbayes, non encore spoliées par la Révolution et l'hérésie, que le relâchement s'accusait d’une façon déplorable,

Peu de zèle, peu de doctrine, des habitudes bureaucratiques et serviles ; voilà, malgré d'honorables et assez nombreuses exceptions, le jugement général qu'on peut poïter sur le clergé suisse, pendant les trente premières années du siècle,

Tels pasteurs, tels troupeaux. Dans les vieux cantons catholiques, les montagnards suisses avaient gardé la simplicité et la ferveur de leur foi; mais dans les villes, particulièrement à Lucerne et à Soleure, la bourgeoisie libérale et joséphiste avait les idées les plus fausses au sujet de la constitution et des droits de la sainte Eglise. Pendant les quarante premières années du XIX®* siècle, on ja vit s'appliquer, dans les cantons où elle était maitresse, à tracasser les

évêques, à surveiller l’enseignement des séminaires, à persécuter les bons prêtres, à favoriser |

les mauvais, à pousser à la sécularisation des

monastères, en un mot, à se mêler, à tort et à travers, de l'administration de l'Église.

Plus tard, il est vrai, éclairés enfin par la tyrannie des cantons protestants, prêtres et laïques s’efforcèrent de revenir sur leurs pas, et s'aperçurent, un peu terd, qu'ils avaient fait le jeu

| de l'ennemi, en lui jetant en proie la liberté des

catholiques. Aujourd’hui la situation religieuse est bien changée, et c'est une justice à rendre, en particulier au clergé, que de dire qu'il s'est complètement retrempé dans la persécution,

La persécution ne lui a pas manqué d’ailleurs. En effet, il n’a pas eu seulement à lutter contre le faux libéralisme de la bourgeoisie catholique ; son principal adversaire, en Suisse, c’est la haine protestante, qui nulle part ailleurs ne s'est exercée avec un pareil cynisme, Ces grands prôneurs de la liberté de conscience, qui avaient bouleversé les deux tiers de l’Europe et ensanglanté l’autre tiers pour obtenir le droit de servir DIEU à leur manière, ne se virent pas plus tôt les maîtres en Suisse, qu'ils proscrivirent impitoyablement l’ancien culte, Pendant près de trois cents ans,

senève, Lausanne, Berne, Neuchâtel, Zurich, Bâle, Schaffhouse, presque toutes les grandes villes de la Confédération, restèrent rigoureusement interdites aux prêtres catholiques. Un état de choses si violent ne pouvait durer touj rs.

Au bout de trois siècles d'oppression, le pro grès des idées libérales et les changements politiques imposèrent, bon gré mal gré, aux protestants suisses un peu de tolérance, ou au moins de pudeur, Peu à peu il leur fallut s’habituer à supporter chez eux la présence du prêtre catholique. Grâce au dévouement de quelques bons prêtres, de ferventes chrétientés se formèrent dans toutes les citadelles démantelées de l’hérésie,

Ce ne fut pas sans éprouver des frémissements de rage que les vieux protestants assistèrent à la résurrection de la vie catholique dans leurs cantons, De là à s'unir contre leurs concitoyens pour leur disputer tous leurs droits, il n'y avait qu'un pas à faire; ce pas fut franchi. Exaspérées par

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les progrès du catholicisme, particulièrement à | agissant de la sorte, ils ont fait les affaires du Genève, les haines p'otestantes se sont associées socialisme et de la Révolution, aux haines maçonniques pour persécuter l'Église À côté du radicalisme qui triomphe, et de du CHRIST. l'Eglise catholique qui s'épure et grandit sous la On verra plus loin le résumé de cette Mavrante | persécution, le protestantisme, en Suisse, comme histoire. Qu'il me suffise de dire ici que le pro. | dans le reste du monde chrétien, va se décompotestantisme suisse a donné, une fois Pour toutes, | sant lentement, pour arriver au déisme et à l’inla mesure de son prétendu libéralisme, Depuis un | crédulité. Si Calvin revenait au monde, il ne

demi-siècle, il a exilé, Emprisonné nos évêques et nos prêtres ; il s'est emparé, par la force, de nos églises, élevées au prix de mille sacrifices, avec l’aide du monde catholique ; il a expulsé nos religieux et nos Sœurs de Charité, fermé nos écoles et nos hôpitaux, confisqué, au profit d'une poignée de prêtres infâmes, qui se sont faits ses valets, toutes les fondations de la piété de nos pères. Voilà ce que je Protestantisme a fait en Suisse, au centre de l'Europe civilisée, qui regardait et qui souriait,

C'est qu'en satisfaisant ses haïines sectaires, le protestantisme fait en même temps les affaires de la franc-maçonnerie cosmopolite, On peut dire qu'à partir de 1847, la Suisse est devenue l'asile de tous les Conspirateurs : carbonari italiens, réfugiés hongrois, communards français, nihilistes russes, socialistes allemands, tous ceux qui se sont mis en révolte contre les gouvernements et contre les sociétés, sont venus s’abattre sur ce malheureux pays, et, en échange de l'hospitalits généreuse que le peuple suisse leur a accordée, ils l'ont empoisonné de leurs doctrines iéfastes,

Genève, en particulier, est devenue comme la forteresse du radicalisme europfen. C'est aussi, de tous les cantons suisses, celui où la liberté des fidèles a été le plus durement opprimée,

Après Genève, le canton tout catholique du Tessin est un de ceux où | Eglise a le plus souffert. Il doit ce triste privilège à la présence des nombreux réfugiés italiens qui ont perverti le pays.

C'est surtout à partir de la révolution de 1830 que l'action néfaste du radicalisme a commencé à se faire sentir en Suisse ; c'est lui qui, en 1845,

souleva les corps francs contre les cantons catholiques, et amena, en 1847, la guerre fratricide du Sonderbund, dans laquelle les cantons catholiques, abandonnés par la France et l'Autriche, garantes des traités de Vienne, se virent écrasés par les cantons protestants.

Depuis ce jour néfaste, c'est le radicalisme qui domine à peu près dans les conseils cantonaux et à la diête fédérale, Les iniquités dont l'Eglise a été victime en Suisse, particulièrement depuis 1870, nous montrent ce qui attend tous les catho liques le jour où la franc-maçonnerie sera, comme elle l'espère, maîtresse en Europe, Quant aux prétendus conservateurs protestants, qui, pour satisfaire les haines sectaires, tont, à cette heure, le jeu des radicaux, ils seront punis par où ils ont péché. Ils voulaient se débarrasser de l'influence

catholique qui les gêne : ils ne s’en débarrasseront Pas, Mais ils ne tarderont pas à s'apercevoi

originel et de la divinité de JÉsus-CHrisr.

Comme sanction pénale, elle déclarait exclu du Corps pastoral quiconque refusait d'adhérer à cette formule d'apostasie, \

Ce fut l’occasion d’un schisme entre les pasteurs, Un petit nombre, voulant conserver l'ancienne foi au surnaturel, furent forcés de sortir de l'Eglise officielle, et leurs adhérents furent flétris du sobriquet de #omiers, partisans d’une doctrine fossile, adorateurs d'une momie.

Cette apostasie officielle du calvinisme genevois devait ramener à l'Eglise catholique beaucoùp de protestants de bonne foi, C'est ce qui eut lieu. Parmi les nombreuses conversions qui se

| Sont produites en Suisse, dans le cours de ce

siècle, les plus célèbres furent celles de Pierre de Joux, ancien pasteur et président du consistoire de Genève (1825), d’Eslinger, ministre protestant à Zurich (183 1), de Charles de Haller, patricien 4+ Berne et membre du Conseil d'Etat (1820), et du docte auteur de l'Ærstoire d'Innocent LIT, Frédéric Hurter, président du consistoire protestant de Schaffhouse (1845).

Ces grandes conversions furent accompagnées

| et suivies d’une foule d'autres plus obscures,

Daïs tous les grands centres protestants de la république helvétique, où l'Eglise catholique ne comptait presque pas d'enfants au début du XIX siècle, les catholiques forment aujourd'hui

| des minorités imposantes, Mais, comme je l'ai

dit, ces succès mêmes du catholicisme ont soulevé contre lui ja persécution ; c’est ce que je vais essayer d'exposer rapidement ici,

Au commencement du xIxe siècle, l'organisation politique et religieuse de la Suisse venait d'être bouleversée, Sous la pression des armées françaises, le pacte fédéral avait été rompu, et l'indépendance séculaire des cantons complètement sacrifiée, sous prétexte ‘d’unification, En même temps, la jeune République helvétique, marchant sur les traces de sa mère, la République française, s'était mise avec ardeur à persécuter les catholiques, En deux ans, plus de cent couvents furent supprimés, et leurs biens déclarés propriétés nationales ; les écoles furent soustraites

ofr,qu'en | à la direction du ciergé, le nonce du Pape fut

reconnaîtrait plus Genève, sa Rome protestante, Poussant aux dernières limites le droit d'examen, la : spectable compagnie des pasteurs de Genève défendait, en 1817, de parler en chaire du péché

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forcé de quitter Lucerne, et un grand nombre de prêtres catholiques furent proscrits.

Heureusement cette bourrasque dura peu ; dès 1803, la République helvétique avait vécu, et la Suisse redevenait une confédération d'Etats indépendants, Ce fut la fin de la persécution, En même temps qu'on rouvrait les couvents et qu'on rendait à l'Eglise ses biens non encore aliénés, le président de la Confédération, M. Louis d'A ffry,

s'adressait à Pie VII, pour le prier respectueusement de renouer avec la Suisse les rapports diplo- | matiques (octobre 1803). | Mais, dans l'acte de médiation qui rétablissait | la Confédération suisse sur ses anciennes bases, une innovation malheureuse fut introduite. Jus- | qu'alors, dans les assemblées cantonales et à |

la diète fédérale, les matières confessionnelles

| étaient traitées exclusivement par les membres

de chaque confession religieuse : il fut décrété qu'elles seraient décidées désormais par voie de majorité absolue. C'était, dans les cantons mixtes et protestants, livrer la liberté des catholiques à des majorités sectaires et trop souvent haineuses, Ju qu'en 1830, grâce à la modération relative des protestants, ce système put fonctionner sans amener trop de conflits Mais le principe était posé ; un jour ou l’autre, il devait porter des conséquences fatales,

Pour comprendre ce que je vais dire de la

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