‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 60 sur 404 · COMMUNAUTÉS DE FEMMES · texte numérisé non relu

COMMUNAUTÉS DE FEMMES

L — Sœurs de Saint. Vincent de Paul (1839).

175 Sœurs, 14 maisons, 17 écoles de filles, 2 150 enfants ; 4 écoles de garçons, 215 enfants ; $ orphelinats, 480 enfants ; 3 hospices, pour les vieillards, les fous, les aveugles, 200 pensionnaires : 6 hôpitaux, où sont reçus en moyenne annuellement 1.800 malades ; 1 dispensaire à Constantinople qui donne des consultations gratuites et distribue des remèdes à une moyenne annuelle de 30.000 personnes ; 1 crèche, plusieurs patro-

— MGR BoNEerTi, licaire patriarcal de Constantinople, Lazaris

nages, enfin la visite à domicile des pauvres et | des malades. Tel est je magnifique développement | des œuvres des Sœurs de Saint-Vincent de Paul, | dans le vicariat patriarcal de Constantinople | Nous les retrouverons dans l’Asie-Mineure, o: | Partout elles font bénir le nom | Charité catholique, |

fançais +t Ja

[IL — Sœurs de Sain: Joseph de l'Apparition, Elles travaillent depuis 1851 dans la préfecture apostolique de la Mer Noîre. 13 Sœurs, 2 mai- Sons : 7 rébisonde et Erseroum. 2 écoles de filles, 280 enfants ; 1 orphelinat de garçons,

(IT. — Religieuses de Notre. Dame de Sion (1856). 7o Sœurs, 2 faisons ; 2 pensionnats de jeunes filles, 160 élèves ; 2 externats, 190 élèves.

IV. — Sœurs Oblates de l'Assomption (1868), 46 sœurs, dont 10 indigènes ; 4 maisons, 1 hôpital, 2 orphelinats de filles, 1 orphelinat de garçons, 3 écoles,

V, — Sœurs de la Charité d'Ivrée, Piémont (1869). 28 Sœurs italiennes ; 3 Maisons, 1 hôpital à Péra, pour les Italiens ; 2 écoles de filles et £ pensionnat, 300 enfants.

VI — Sœurs £géorgiennes de Marie-Immaculée, Rit grec (1871).

15 Sœurs, 2 maisons, 2 écoles, 125 enfants,

VIL — Sœurs Franciscaines du Tiers-Ordre (1872), 21 Sœurs, dont 7 indigènes ; 2 maisons, 1 pensionnat, 100 élèves ; 1 école, 65 élèves.

VIIL — Sœurs de la Charite d'Agram, Hongrie (1881 ). 17 Sœurs, dont 2 indigènes ; 1 maison à Andrinople ; orphelinat de filles, 31 enfants ; école annexe, 14 élèves,

IX. — Tertiaires dominicaines de Mondovi, Italie (1882). 10 Sœurs, dont 2 indigènes ; 2° écoles, 170 élèves,

On voit par ce tableau succinct que toutes les œuvres de la charité catholique sont largement développées dans le vicariat patriarcal de Constantinople,

Ce vicariat patriarcal comprend 45.000 catholiques, 40.000 latins et 5.000 grecs, géorgiens, melchites, syriens, maronites et chaldéens, qui, n'étant pas assez nombreux pour avoir dans le vicariat une hiérarchie de leurs rites, sont sous la juridiction de l'Ordinaire. Les Arméniens et les Bulgares ont leur hiérarchie distincte, et ne sont pas compris dans ces chiffres. Le nom-

te, Archevêque titulaire de Palmyre, bre des catholiques jatins du vica-

it s'est donc élevé, pendant le cours dü XIX* siècle, de 8.000 à plus de 40 000. Malheu-susement la ferveur de la foi n’a pas

progics-® dan. la même proportion que le chiffre es fièles. Depuis cinquante ans surtout,

les idées mcdernes, le faux libéralisme. l'indifference religieuse et la franc-maçonnerie ont fait 8 tristes ravages dans le troupeau du CHRIST.

Néanmoins, si le mal existe, il n'est pas sans “rcdes Grâce au zèle des Congrégations relirieuses, : enseignement catholique, on vient de le voir, est largement offert à tous dans les écoles ; les prédicat'ons sont bien suivies, les sacrements fréquentés, les fêtes de l'Église célébrées avec

ame de Sion )ensionnats de its, 190 élèves,

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pompe ; les œuvres de charité s'épanouissent avec une admirable fécondité, Dans la ville de Constantinople, trois Associations de dames de charité, comptant plus de 250 membres, s'occupent, sous la direction des Sœurs de Saint-Vincent de Paul, de soulager l2s membres souffrants de JÉSus-CHkisr, Sila i, selon la belle pensée de l’Apôtre, se prouve surtout par les œuvres, on ne saurait sans injustice désespérer de l'avenir religieux d’une chrétienté qui s'affirme par de pareils dévouements.

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A côté des fidèles du rit latin, il y a, dans le vicariat patriarcal, d’autres communautés appartenant aux divers rites unis. Je vais dire un mot sur chacune,

[. — Rite grec uni. — Le tite grec uni compte peu d’adhérents dans la Turquie d'Europe, Le voisinage du Phanar, l'influence politique et l'or de la Russie, ont empêché jusqu’à ce jour de travailler efficacement au retour de ce peuple. Il y a néanmoins, à Constantinople, un évêque grec

catholique ; de plus, les Pères grecs géorgiens

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BULGARIE, — Aypes BULGARES, d’après une photographie,

ont une chapelle de leur rite à Féri-Keui, et une autre >xXce à l'hospice qu'ils desservent à Pérs. En dehors des religieux géorgiens, il ya,à

Constantinople, six prêtres de rite grec pur ; ils |

ont un séminaire, où l’on enseigne le grec ancien et moderne, la philosophie et Ja théologie, et un petit catéchuménat Pour les nouveaux convertis dit schisme,

Ces grecs purs se distinguent des grecs melchites, qui sont de nationalité arabe et résident p'esque tous en Asie, Ces derniers néanmoins

cal une église de leur rite à Constantinople, avec |

une école qui comptait, en 1882, 117 élèves, — Depuis plusieurs années, le petit sanctuaire de Féri-Keui, dédié à l'Immaculée-Conception, est devenu le centre d’un mouvement considérable de guérisons mirrculeuses, obtenues par l’intercession de Notre Jame de Lourdes. Malgré les attaques des journaux libres penseurs et du clergé schismatique, la foule des pèlerins ne fait que grossir, De nombreux Schismatiques accourent au sanciuaire de Marie demander Ja santé du Corps, et ils y trouvent souvent la guérison de l'âme, à laquelle ils ne songeaient pas ; on a vu

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ne

jusqu'à des femmes turques se recommander à la Mère d’Issa (Jésus). La chapelle est devenue trop étroite, et il a fallu songer sérieusement à l'agrandir.

Il s’est produit, à la suite, un certain ébranlement de retour vers le catholicisme, mouvement encore bien faible, puisqu'il ne fait qu: commencer, mais qui pourra prendre ultérieurement des accroissements sérieux. — A Malgara, ville de la Thrace, un pope est revenu à l'unité avec sa paroisse ; dans un village veisin, 300 schismatiques se sont convertis; à Césarée (Asie-Mineure), il s’est fait, dans les derniers temps, un

IL. -— Aite arménien uni. — Je fais ici mention des Arméniens catholiques seulement pour mémoire, me proposant de revenir en détail sur les fidèles de ce rite au chapitre suivant.

[IL — Bulgares unis. — A cause de l'importance qu'a prise le mouvement bulgare depuis trente ans, il ne sera pas sans intérêt d'exposer un peu en détail l’histoire de cette communauté.

C'est dans le cours du ve siècle de l'ère chrétienne que les Bulgares, venus des bords du Volga, s'établirent aux embouchures du Danube, Ils étaient encore païens, et c’est seulement au XIe siècle que leur roi Bogoris fut converti À la foi chrétienne par les saints apôtres des Slaves, Cyrille et Méthode : l'empereur Michel voulut être son parrain, et lui donna son nom au baptême.

L'union existait encore entre Rome et Cons.

tantinople. Les Bulgares convertis se trouvèrent donc catholiques, et le nouveau roi chrétien, aussitôt après son baptême, se mit en rapports avec le Saint-Siège. Il envoya au Pape des ambassadeurs, pour lui demander des évêques latins et réclamer la solution de certains doutes,

Le Pape Nicolas Ier répondit À Bogoris, en lui adressant une célèbre décrétale, qui est insérée au Corpus juris; et pour satisfaire aux pieux désirs du prince, il lui envoya un évêque latin et des missionnaires. C'était précisément À l'heure néfaste où Photius rompait avec Rome et inaugurait le schisme. Les Bulgares, encore jeunes dans la foi, subirent naturellement l'influence de l'Église de Constantinople, leur mère, et la sui virent dans sa malheureuse défection.

Mais comme ils trouvaient lourd le joug du patriarcat schismatique, au bout de deux siècles d'oppression, un de leurs meilleurs princes, Joannice, s'adressa à Innocent IIT, et reconnut, avec tout son peuple, la suprématie spirituelle de l'Église de Rome.

L'indiscipline et i'ambition des croisés firent avorter ces espérances, Baudoin, empereur latin de Constantinople, ayant, sans motifs et contre la défense du Pape, déclaré la guerre à Joannice,

MGR PAUL BRUNONI, ancien patriarche latin de Constantinople,

mouvement de retour accentué vers Rome, et plus de 100 personnes ont a bjuré récemment le schisme. Le nombre des grecs unis du Vicariat de Constantinople s'élève aujourd'hui à près de 5.000. our être protégés contre jes persécutions des patriarches schismatiques, les nouveaux convertis ont demandé à être reconnus en communauté | distincte, À cause de leur petit nombre, la Porte a jugé plus expédient de les mettre jusqu'à nouvel ordre sous la juridiction civile du patriarche arméno-cathoïlique, Au spirituel, ils relèvent du |

fut vaincu,{ fait prisonnier et mis à mort par lui. Dès lors, et jusqu’à la chute de l'Empire franc, les Bulgares se montrèrent les ennemis implacables des Latins, et il ne fut plus question d'union avec Rome,

Le patriarche schismatique de Constantinople abusa de la situation pour traiter les Bulgares en peuple conquis, et il mit tout en œuvre pour détruire leur tiationalité On leur envoya des évêques grecs, dont l'unique mission était d’ex-

tone à leurs ouailles le plus d'argent possible et (> Les gréciser, Ils interdirent l'usage de

la langue slave dans la liturgie et du bulgare dans les écoles. Opprimés politiquement par les Turcs et religieusement par leurs pasteurs, les malheureux Bulgares demeurèrent jus-xau milieu du XIXS siècle dans un état d'aba’ ement à peine

délégué apostolique de Constantinople,

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L'ÉGLISE ROMAINE DANS LA PÉ

Pendant la guerre de Crimée (1854), l'esprit de nationalité se réveilla fortement chez les Bulgares, comme parmi toutes les populations chrétiennes soumises au Sultan. Ils réclamèrent, au-

près du patriarche, des évêques de leur nation, le

rétablissement du slave dans la liturgie et du:

bulgare dans l'enseignement. Leurs demandes ayant été rejetées, ils résolurent de secouer enfin le joug du Phanar,

Mais sentant leur faiblesse et leur isolement, les Bulgares se tournèrent tout naturellement vers Rome, Ce fut, il faut bien le reconnaitre, un entraînement plus politique que religieux. Les chefs du mouvement ne s’occupaient nullement de la question de dogme. Ils cherchaient unique-

ment à sortir de l'oppression, dans laquelle les |

retenait depuis des siècles le patriarche de Constantinople,

Mais si les motifs qui poussaient les Bulgares vers Rome laissaient À désirer sous le rapport religieux, au point de vue politique, les résultats étaient immenses. Cing à sic millions de Bulgares enlevés au schisme, et pat conséquent à l'influence russe, comme le déclarait, vingt ans plus tard, Saïd-Pacha, premier ministre de la Porte, c'était la ruine du panslavisme et la question d'Orient bien près d’être résolue. Placés entre le Dannbe et Constantinople, six millions de Bulgares catholiques barraient au Czar la route de cette capitale., C'eût été le triomphe de la civilisation occidentale,

Pourquoi faut-il qu'à cette heure décisive la France n'ait pas eu conscience de son rôle ? Tout simplement parce que notre ambassadeur à Constantinople, M. Thouvenel, était un libre-pens... qui ne vit dans le retour des Bulgares qu’une question de sacristie, indigne d'occuper son attention. Il refusa le concours de la France à ce peuple opprimé, qui venait avec enthousiasme se déclarer notre client et se jeter entre les bras de la seule puissance qui représente le catholicisme en Orient, le laissant ainsi exposé sans défense aux intrigues de l'Angleterre et de la Russie.

Rome comprenait mieux l'importance de la question et suivait attentivement le mouvement bulgare, A Constantinople, Mgr Brunoni, vicaire Patriarcal, M. Boré, supérieur des Lazaristes, accucillaient avec bienveillance les envoyés de la nation. Après plusieurs Pourparlers, un prêtre rentré dans l'union, le Révérend Joseph Sokolski, fut choisi pour évêque. Pie IX, voulant dunner à ses nouveaux enfants un gage d'affection paternelle, l’appela à Rome Pour lui conférer de ses propres mains l’onction épiscopa'e ; un diacre, M. Raphaël Popoff, et plusieurs envoyés de la nation bulgare, accompagnaient le nouveau prélat.

Le sacre de Mgr Sokolski eut lieu dans la chapelle Sixtine, le dimanche 14 avril 1861. Malgré l'opposition de l'Angleter:e et de la Russie, la Porte s'empressa de reconnaitre l'existence de la communauté bulgare unie et délivra à son chef

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