‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 81 sur 404 · DA ÈS · texte numérisé non relu

DA ÈS

NOUS allons nous occuper main- d'Alexandrie et de Constantinople, Dans chaque tenant des différentes Eglises du patriarcat, des sièges épiscopaux latins furent Rit-Uni, particulièrement de érigés, selon les besoins de la population franque. celles qui sont répandues dans Mais avec la chute du royaume de Jérusalem, la E l’Asie-Mineure. hiérarchie latine disparut à peu près de l'Orient, one observation préalable, | Les titres patriarcaux devinrent de simples titres sans laquelle on ne comprendrait honorifiques, conférés habituellement à des prérien à la hiérarchie de ces Eglises, c'est que la juri. | lats de la Cour pontificale, avec la charge de diction des patriarches et des évêques de l'Orient | représenter auprès du P ape, dans les grandes n'est pas territoriale, mais personnelle, et s'exerce | Cérémonies, les antiques sièges de l'Orient, mais uniquement sur les fidèles de chaque rit. Cela | SanS aucune juridiction dans le pays. j explique comment on trouve, dans la même ville, Au commencement du XIXe siècle, la hiérarplusieurs évêques catholiques ; ainsi dans la ville | Chie latine, en Orient, était représentée par trois d'Alep, par exemple, on rencontre un Vicaire | Prélats. : ï Apostolique pour les Latins, un Archevêque | , a Le Vicaire apostolique d'Alep. Ce vicariat, Grec-melchite, un Evêque Maronite, un Arche- | érigé en 1752, comprenait la Syrie, la Palestine, vêque Syriaque : total, quatre évêques catho- | l'Asie-Mineur e, Chypre, l'Arabie et l'Egypte. liques dans une seule ville, sans compter un Le titulaire était en même temps délégué aposnombre au moins égal d'évêques schismatiques, tolique auprès des divers rits unis existant dans Il en est de même dans toutes les villes impor. | Ces régions, tantes de l'Orient. Ë 2° L'évêque de Babylone, siège érigé en 1638, Il y a, en ce moment, dans l'Église catholique, | avec délégation apostelique dans la Mésopose{{ rits unis: 1° le rit Grec, qui se subdivise | tamie, l'Arménie, le Kurdistan et la Perse. lui-même en cinq groupes : Grecs purs, Ruthènes, 3° Le . Révérendissime Père Custode des Roumènes et Bulgares, en Europe: Grecs mel. Franciscains de Terre-Sainte, qui avait juridicchites, en Asie : 201e rit Arménien, dans l’Europe | ti0n sur tous les Latins résidant dans les Lieux et l'Asie-Mineure : 30 le rit Maronite, dans le | Saints. ë Liban et la Syrie ; 4 le rit Syriaque, en Syrie et Au cours du xIX° siècle, plusieurs démembredans la Mésopotamie : 50 le rit Chaldéen, dans la ments successifs furent opérés dans le vicariat Mésopotamie, le Kurdistan, la Perse et aux d'Alep et l'évêché de Babylone. Indes ; 60 le rit Copte, en Egypte; 70 le rit En 1818, le siège archiépiscop

l al de Smyrne Abyssin, en Abyssinie. fut rétabli, et le titulaire fut chargé, en outre, du Avant d'entrer dans l’histoire des rits de la | Vicarlat apostolique de !'Asie-Mineure. Turquie d'Asie, il faut dire un mot de l'organi. | En 1838, l'Arabie et l'Égypte furent enlevées sation et de la hiérarchie de l'Eglise latine en ce | au vicariat d Alep. ; pays. En 1848, Pie IX lui enleva encore la Palestine

et l'île de Chypre, Pour en former le Patriarcat I. — RIT LATIN. bp: latin de Jérusalem, re es

Quant au siège de Babylone, il fut érigé en

. : 1844 en archevêché et transféré à Bagdad, — EXISTENCE des Églises de rit latin, en Asie- | Trois préfectures apostoliques, celles des Carmes Mineure, remonte aux croisades, En pré- Î i i sence de l'obstination schismatique du clergé oriental, les souverains pontifes instituèrent les Patriarcats latins de Jérusalem, d’Antioche,

vement dans l’archidiocèse de Bagdad,

En 1841, la mission de Perse fut confiée aux

FE rt Lee a LS | * 4 100 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXm SIECLE, ù didiie rime PRE = … FE .

Lazaristes, et,en 1874, le Saint-Siège créa pour | par six prélats et plusieurs chefs de mission, à és | ce pays une délégation apostolique, distincte de | savoir : et celle de la Mésopotamie. 1° Le patriarche latin de Jérusalem ; m | En 1844, la préfecture apostolique des Capu- 29 L'archevêque de Smyrne, vicaire apostolique E Î cins de la Mer Noire fut créée et rattachée au | de l’Asie-Mineure ; E | Vicariat patriarcal de Constantinople. 3° Le vicaire apostolique d'Alep, délégué E f En 1840, l'Arabie fut érigée en préfecture | apostolique pour la Syrie ; | apostolique, puis élevée en 1888 à la dignité de 4° L'archevêque de Bagdad, délégué aposto- m | Vicariat. lique de la Mésopotamie et du Kurdistan ; lé | # Enfin en 1881, Léon XIII confia aux Jésuites s° Le KR. P. Supérieur des Dominicains de de la mission d'Arménie. En sorte qu'en 1890 la | Mossoul ; au | hiérarchie latine est représentée dans le Levant 6° Mgr le délégué apostolique de la Perse ; pc | en | : {l de (| mi | 1 tri | me il [ i cis 1} :

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Jéri Bet trie] Pi Stegrec Sc égal gieu sons sons { ALEP (COTÉ OUEST), — D'après une photographie communiquée par le R. P. MAZOYER, de la Compagnie de Jésus. son : Ce à 2 mc EE : 7° Le R. P. Préfet des Capucins de Mardin ; du Révérendissime P. Custode, de desservir les Pate nl 8° Le R. P. Supérieur de la mission d'Arménie, | Lieux Saints. Quand le nouveau patriarche, Mgr 2° À Jésuites ; Valerga, arriva à Jérusalem, il ne trouva que Naza ! 9° Mgr le vicaire apostolique d'Arabie. 2 prêtres séculiers : un à Bethléem et un à Chypre. SE 4 Il faut dire un mot de chacun de ces groupes : | En présence d’une pareille pénurie d'ouvriers tion : e apostoliques, le prélat fit un appel pressant à .4° I. — PATRIARCAT LATIN DE JÉRUSALEM. l'Europe catholique. Bientôt lui arrivèrent de tous Naza Le: côtés des missionnaires. La plupart des Ordres — LE | C'est seulement en 1848 que fut rétabli le Pa- | religieux d'hommes et de femmes tinrent à hon- 2 mai Ë triarcat latin de Jérusalem. Depuis la seconde | neur d'envoyer des représentants au Saint- =: 6° + moitié du XIVe siècle, les religieux franciscains | Sépulcre. Sous l’active direction de Mgr Valerga à Jéru étaient chargés exclusivement, sous la direction | et de son pieux successeur, Mgr Bracco, des ee: ri + 4 | |

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églises, des chapelles s'élevèrent Par tout Je pays, et le nombre des catholiques augmenta rapidement,

En 1400, il y avait dans la Palestine environ 3,000 Lat,

En 1848, Mgr Valerga en trouva , . * » 4.200 }ÿ En 1890, ils sont, , , , . + 13.620 »

Il y a, de plus, dans le patriarcat, 5,500 Grecs melchites, qui relèvent de l'évêque grec de Ptolémaïs (Saint-Jean-d'Acre), et 5.500 Maronites, dont les uns relèvent de l'évêque de Tyr, et les autres de l’évêque de Chypre, ce qui porte la population catholique totale de la Palestine à environ 25.600 âmes,

Hélas ! qu'est-ce que ce petit trouneau auprès de la populatin dissidente : 150.000 grecs schismatiques, quelques centaines de protestants, 400.00 musulmans et 300.000 juifs ? Total, plus de 850.000 dissidents dans la Terre sainte |

Le clergé du Patriarcat se compose de : 1 patriarche, 44 prêtres séculiers, 18 européens et 26 indigènes, 90 religieux franciscains et 10 carmes, en tout 144 prêtres.

Communautés religieuses d'hommes : 10 Franciscains de l'Observance : 5 Couvents, 81 prêtres, 114 frères, Total, 195 religieux ;

2° Carmes : 1 couvent au Mont-Carmel et 1 hospice à Caïffa, 10 prêtres et 10 frères ;

3° Dominicains : 1 maison à Jérusalem, 4 prétres, 4 frères convers :

4° Augustins de l'Assomption : 1 hospice à Jérusalem pour les pèlerins, 3 religieux ;

5° Missionnaires de Bétharam : 1 maison à Bethléem, 3 religieux :

6° Les prêtres de Sion : 1 orphelinat industriel près de Jérusalem, maison fondée par le P. Ratisbonne :

7° Les missionnaires d'Alger : 1 résidence à Ste-Anne de Jérusalem : séminaire pour le zit grec ; :

8° 1 monastère de trappistes, à Amoas, à égale distance entre Jaffa et Jérusalem : 18 reli. gieux ; ;

9° Les Frères des Écoles chrétiennes : 3 maisons, Jérusalém, Jaffa et Caïffa ;

10° Les Frères de la Sainte-Farmille : 2 mai. |

sons, à Bethléem et à Béit-gémal :

119 Les Frères de Saint-Jean-de-Dieu : 1 maison à Nazareth.

Communautés de femmes : 10 Les Carmélites :

2 monastères au mont des Oliviers (chapelle du Pater) et à Bethléem, 30 Sœurs ;

2° Les Clarisses : 2 maisons, Jérusalem et Nazareth, 19 Sœurs ;

3° Les Sœurs de Saint-Joseph de l'Apparition : 9 maisons, 86 Sœurs ;

4° Les Dames de Nazareth: 4 maisons, Nazareth, Caïffa, Acre et Schéfamar, 34 Sœurs :

5° Les religieuses de Notre-Dame de Sion :

2 maisons, 39 Sœurs :

6° Les Tertiaires de Saint-François : 1 maison à Jérusalem, 6 Sœurs :

7° Les Sœurs de Charité de Saint-Vincent-

de-Paul : 2 maisons, à Jérusalem et À Bethléem, 14 Sœurs ; ,

8° Les Sœurs allemandes de Saint-Charles :

1 maison à Jérusalem, 8 Sœurs :

9° Les Sœurs franciscaines italiennes E

109 Les Sœurs de Marie-Réparatrice, 1 mat.

son, 9 Sœurs ;

119 Les Sœurs Arabes du Saint-Rosaire ont 1 noviciat à Jérusalem et font l'écols dans les villages : 9 maisons, 23 Sœurs,

Le développement des œuvres suit naturel!ement celui du personnel,

Œuvres d'éducation: 1 séminaire patriarcal, 25 élèves; plusieurs pensionnats ; 34 écoles de Barçons avec 1.89C :lèves, 30 écoles de filles avec 2,304 élèves,

MGR VALERGA, patriarche de Jérusalem.

Orphelinat”' de garçons à Bethléem, 100 en- | fants. École agricole à Bethgémal, 63 enfants,

Orphelinat industriel du P, Ratisbonne, 57 enfants. École professionnelle des PP, Franciscains à Jérusalem, 39 enfants, Au totai, 259 Sarçons dans ces 4 maisons de charité.

Six orphelinats de filles : Sœurs de Notre- Dame de Sion à Jérusalem, 80 enfants, à Aïn- Harem, 55 enfants. Sœurs de Saint-Joseph à Jérusalem, 40 enfants. Sœurs de Notre-Dame de Nazareth, 28 enfants. Tertiaires de Saint- François, 35 enfants À Jérusalem, et 20 à Joppé. Au total, 258 filles.

Les Sœurs de Saint-Vincent-de- Paul tiennent un dispensi.re dans la Ville Sainte, et visitent les

' pauvres à domicile,

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102 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIX"m SIÈCLE,

Il y a, dans le patriarcat de Jérusalem, 29 stations de missionnaires, et 3 dans l'ile de Chypre.

Outre l'église du Saint-Sépulcre, qui appartient, en fait sinon en droit, à toutes les communions chrétiennes, il y a, dans le patriarcat, 1 église patriarcale, élevée par les soins pieux de NN.SS,. Valerga et Bracco, plus, en Palestine, 25 églises et 32 chapelles, et dans l'ile de Chypre, 2 églises et 3 chapelles,

Statistig ‘* comparée du Patriarcat de Jérusalem.

En 1800 1850 1890 3.600 4.400 13.620 Latins,

MGR BRACCO patriarche latin de Jérusalem.

Un mot maintenent sur la question des Lieux Saints, si malheureusement embrouillée par les convoitises de la Russ et les intrigues des Grecs.

Il est certain qu’en droit, tous les Lieux Saints de la Palestine appartiennent aux Latins, qui ont arraché ces augustes sanctuaires aux profanations des musulmans, au prix du sang le plus pur de l'Occident. Les Grecs n’ont joué d'autre

rôle aux Croisades que de les faire avorter, en vendant aux infidèles le sang de leurs frères d'Occident. Quant à la Russie, elle n'est pas intervenue aux Croisades pour une raïon très simple : elle n'existait pas encore,

Aussi, à la chute du royaume latin de Jérusalem, c'est avec le roi de France, et non avec l'empereur de Byzance, que les vainqueurs trai. tèrent de la reddition des Saints Lieux. La France catholique fut, jusqu’à ces derniers temps, la protectrice officielle du Saïint-Sépulcre et de tous les sanctuaires de la Palestine. Elle y installa les religieux franciscains, qui s'en firent ies gardiens, au prix de bien des avanies et de nombreux martyrs. Les Grecs, à ces heures troublées où il fallait souvent exposer sa vie pour la défense des sanctuaires, se gardèrent bien de nous en disputer la possession. Leurs prétentions ne se révélèrent que plus tard, quand le danger fut passé,

C'est seulement au cours du xXviI* siècle qu'ils essayèrent de nous disputer les sanctuaires de la Palestine. lis commencèrent par le tombeau de la Vierge, et, pour ameuter les Turcs contre les Latins, ils ne reculèrent pas devant la calomnie. Eux qui célèbrent comme nous la fête de l’Assomption de Marie au Ciel, ne rougirent pas de dire que les religieux francs avaient dérobé le

| corps de la Mèr* de DIEU, et l'avaient vendu au

Pape pour une grosse somme d'argent. Après une enquête sévére, le gouvernement turc reconnut la fourberie des Grecs et l'innocence des Latins.

Sur l'ordre de Louis XIV, notre ambassadeur à Constantinople en profita pour faire reconnaitre le droit exclusif des Latins à la possession des sanctuaires. Le firman de 1673 était ainsi conçu: € Les religieux francs qui sont établis au dedans et au dehors de Jérusalem, ne seront point molestés pour les lieux de pèlerinage qui sont entre leurs mains, et qui y resteront, sans qu'ils puissent jamais être inquiétés dans leur possession. }

En 1740, les Grecs ayant recommencé leurs intrigues, il y eut un nouveau firman pour confirmer le droit exclusif des Latins, cette fois, avec la garantie du Sultan : € Nous nous engageons, nous Sultan, sous notre serment le plus sacré et le plus inviolable, soit pour nos augustes successeurs, nos suprêmes vizirs, nos honorés pachas et généralement tous nos ministres, que jamais il ne sera permis rien de contraire aux présentes stipulations. }»

Le droit exclusif des Latins sur tous les sanctuaires de la Terre Sainte est donc diplomatiguement incontestable. Malheureusement, avec l: :nalice des Grecs et la versatilité des Turcs, on n'est jamais sûr de rien,

Le 2 avril 1757, veille du dimanche des Rameaux, les nombreux pèlerins grecs, à l'instigation des moines schismatiques, renversent le magnifique autel que les religieux latins avaient

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