MISSION DE MossouL (Dominicains
La mission de Mossoul fut confiée en 1748 aux Dominicains, par Benoît XIV. Auparavant des Capucins avaient travaillé dans ce pays ; mais la mission était abandonnée depuis longtemps, et quand les Dominicains arrivèrent à Mossoul, le nom de catholique était à peine connu dans ces contrées,
Les débuts de la mission furent pénibles, À cause du fanatisme des Turcs, les missionnaires, porr se faire tolérer, durent se présenter comme medecins Ils commençaient à peine à s'établir, lorsque la Révolution française vint arrêter net le développement de leurs œuvres, Au commencement du siècle, il n'y avait plus à Mossoul qu'un Dominicain italien : il mourut en 1815,ne fut pas remplacé, et la mission dominicaine demeura abandonnée jusqu'en 1840.
À cette époque, la mission fut rétablie par Grégoire XVI; en 1856, Pie IX la remit aux Dominicains français, Le P. Besson, un des compagnons du P. Lacordaire, fut le premier missionnaire supérieur de la mission française.
Un peu auparavant (1832), la Propagande avait rétabli la délégation apostolique de la Mésopotamie, du Kurdistan et de la Petite Arménie,
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Le centre de la mission est à Mossoul ; les Dominicains ont encore des postes à Mar-Iacoub, Zaku, Amédéah, Van et Bitlis (Mésopotamie, Kurdistan et Arménie Mineure),
Quand ils arrivèrent à Mossoul en 1841, ils ne trouvèrent que quelques catholiques à la foi douteuse et chancelante : dans le Kurdistan, il n'y avait plus rien, Aujourd'hui, après cinquante ans d'apostolat, il n'y a plus de nestoriens (chaldéens hérétiques) à Mossoul, A quelques exceptions près, tous sont revenus à la foi du Concile d'Éphèse, I] Y à 35.000 chaldéens catholiques dans la Mésopotamie et le Kurdistan, 15.000 syriens et environ 6.000 arméniens, La population totale des deux provinces est de 1.475.000 habitants, sur lesquels 58.000 catholiques de divers rits, 170.000 hérétiques et schismatiques, 8.000 protestants 130.000 musulmans, 18,000 yasidis (adorateurs du diable) et 5.000 juifs. Le nombre des catholiques latins de la mission de Mossoul ne dépasse pas 50,
Le rôle du missionnaire, dans la Mésopotamie, comme dans presque tout le Levant, n'est pas d'administrer directement les fidèles. Ces populations orientales sont, en général, trop attachées
à leur rit pour accepter volontiers le ministère d'un prêtre latin,
Notre œuvre plus obscure, mais non moins |
méritoire, c'est de travailler au relèvement de ces Églises, en répandant À flots l'instruction parmi ces populations ignorantes et en faisant pénétrer l'esprit catholique dans ces intelligences inclinées par le schisme au particularisme., Ouvrir des séminaires pour la formation, dans chaque rit, d’un clergé national, vraiment pieux et zélé, fonder des collèges, des écoles Pour arracher la jeunesse aux maîtres protestants, multiplier les œuvres de la charité catholique : hôpitaux, dispensaires, ouvroirs, patronages, orphelinats, afin de faire apprécier l'arbre catholique par ses fruits, voilà l'œuvre des missionnaires latins en ce pays, et c'est à cette œuvre que se dévouent les Dominicains de Mossoul, au nombre de 16, assistés par 12 Sœurs de la Présentation de Tours. L'œuvre principale des Dominicains à Mossoul, c'est le séminaire syro-chaldéen, pour les ecclésiastiques appartenant aux deux rits qui dominent dans le pays. Cet établissement compte 10 professeurs : 4 Dominicains, 3 prêtres orientaux. et 3 maîtres laïques. Ils ont 40 élèves, 20 du rit chaldéen et 20 du rit -‘viaque,
Les Dominicains tiennent encore À Mossoul, annexé au séminaire, un grand collège qui compte, en ce moment, 137 élèves. Ils ont aussi un patronage de jeunes gens et une école du soir.
Une grande imprimerie polyglotte, qui peut | éditer des ouvrages dans les cinq langues principales du pays : l'arabe, le turc, le persan, le chaldéen et le syriaque, rend d'immenses services en permettant de multiplier les bons livres parmi Îc clergé et les laïques instruits.
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En dehors de Mossoul, les missionnaires ont encore sous leur direction 38 écoles primaires pour les garçons. A Mar-lacoub, leur dispensaire distribue gratuitement des remèdes à tous les malades de la contrée,
Les Sœurs de 1e Présentation, arrivées dans la mission en 1873, ont ouvert à Mossoul un pensionnat de jeunes filles, 180 élèves, un orphelinat, une œuvre dominicale, un ouvroir, une salle d'asile,
Elles desservent aussi le bel hôpital français, fondé en 1874 par la mère du baron Lejeune, en souvenir de son fils, mort à Mossoul sous l'empire. Le dispensaire annexé À l'hôpital distribue cha: que année des remèdes : ratuits à plus de trente mille malades et fait bénir dans toute la contrée le nom français et la charité catholique.
Enfin, elles dirigent ou surveillent dans la mis. sion 9 écoles de filles.
La vilie de Mossuul est la résidence habituelle du délégué apostolique, du supérieur de la mis. sion dominicaine, du patriarche des Chaldéens et d’un archevêque syrien,
Outre la belle église latine, ouverte à Mossoul en 1872, les Dominicains ont dans la mission 7
chapelles, où les offices sont célébrés selon le rit latin,
Statistique comparée de à mission de Mossoul. En 1800 1850 ?
50 Latins.
-6. — MISSION DE PERSE (Lazaristes),
C'est en 1840 que la mission de Perse, interrompue depuis près d'un siècle, fut reprise et confiée aux Lazaristes,
Depuis 1742, époque où l'évêque de Babylone avait quitté Ispahan pour résider à Bagdad, il ne restait plus guère qu’un souvenir de cette antique Eglise, Les communautés de Jésuites, de Carmes, de Capucins, qui avaient fondé autrefois de beaux établissements en Perse, s'étaient éteintes successivement, pendant la seconde moitié du dernier siècle,
En 1830, la population catholique d'Ispahan était représentée pa une vieille femme ; et dans toute la Perse, les Lazaristes, quand ils arrivèrent en 1840, ne trouvèrent pas plus de trois à quatre cents catholiques de tous rites, sans ferveur et sans instruction,
[ls s'établirent d'abord à Tauris et à Ispahan : mais, devant les dispositions hostiles des Arméniens schismatiques, ils furent forcés d’abandonner ces deux postes pour se fixer À Khosrova et à Ourmiah,
Depuis quelques années, une mission protestante s'était installée Somptueusement dans cette dernière ville, et profitait de l'ignorance du peuple et de la corruption du clergé nestorien pour acheter des néophytes avec ses immenses ressources,
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L'arrivée de trois pauvres missionnaires catholiques jeta l'alarme au camp de ces messieurs. Désespérant d'en triompher sur le terrain du dogme, ils employèrent leur influence et leur or à les faire chasser du pays, et ils y réussirent, avec l'appui du ministre plénipotentiaire de Russie. La mission, encore au berceau, fut étouffée : le supérieur repassa en Europe, un de ses collaborateurs se réfugia en Mésopotamie, et le troisième Lazariste, M. Cluzel, mort archevêque et délégué apostolique, se cacha dans les villages de la plaine.
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Archevêque d'Héraclée et délégué apostolique de Ferse,
Les choses “demeurèrent en cet état pendant plusieurs années. L'arrivée de M. de Sartiges, ministre de France, permit aux missionnaires de rentrer dans leurs postes et de reprendre leurs
œuvres, Depuis 1852, la mission de Perse a toujours joui d’une liberté complète ; les missionnaires sont estimés de tous, même des musulmans et le gouvernement s'est toujours montré bien
108 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXm SIÈCLE.
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disposé pour ses sujets chrétiens. À plusieurs reprises le Shah a témoigné publiquement de sa vénération pour les Souverains Pontifes Pie IX et Léon XIII.
Cela ne veut pas dire que les catholiques n’on pas à souffrir en Perse, Les musulmans du pays sont généralement moins fanatiques que ceux de la Turquie ; mais ils détiennent toute la richesse du pays, et les catholiques, presque tous pauvres, sont obligés de travailler pour eux. La mauvaise administration des fonctionnaires, les incursions et les brigandages des Kurdes, des famines périodiques, amenées par la sécheresse de la contrée et l'incurie du gouvernement, voilà autant de causes de souffrances, Les catholiques ont, de
| plus, beaucoup de vexations à endurer de la part
des nestoriens et des jacobites.
Malgré ces difficultés, la mission de Perse a fait, dans ces cinquan.
te ans, de très consolants progrès. Il y a actuellement en Perse environ 10.000 ca tholiques : 9.100 appartenant aux deux diocèses chaldéens de Salmas (Khosrova) et de Séna, 500 au diocèse arménien d’Ispahan, et 150 latins qui forment le diocèse latin d’Ispahan.
Er. 18;4,Pie IX créa la délégation apostolique de Perse, détachée de celle de la Mé sopotamie et du Kurdistan.Le premier titulaire fut Mgr Cluzel, Lazariste, élevé à la dignité d’archevéque 7 partibus d'Héraclée, avec le titre d'administrateur de l'évêché latin d’Ispahan.
La délégation apostolique comprend les deux diocèses chaldéens de Salmas et de Séna, avec le diocèse arménien d’Ispahan. À cause du petit nombre de catholiques de ce rite, le siège d’Ispahan est administré par le patriarche arménien de Constantinople.
Il y a, dans la délégation apostolique, 100 églises ou chapeiles, élevées en grande partie par les Lazaristes, et, sous leur direction, 98 écoles, qui donnent l'instruction à plus de 1.600 enfants.
Les Lazaristes, au nombre de 12, les Sœurs de Charité, au nombre de 20, ont 4 stations en Perse :
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19 Ourmiah (1841), 4 missionnaires, 1 frère
Actuellement la préfecture apostolique s'étend
médecin, 1 ccllège, 1 petit séminaire. Les Laza- | dans les quatre diocèses arméniens de Mardin, de
ristes desservent la paroisse d'Ourmiah, qui
compte environ 400 catholiques,
Les Sœurs de Charité ont À Ourmiah des
écoles, 1 hôpital, 1 dispensaire,
2° Khosrova (1841), résidence de Mer le délégué apostolique et d'un évêque chaldéen, 5 missionnaires, 1 séminaire pour les chaldéens, 20 à 25 élèves ; il y a dans la province de Khos. rova environ 8,000 catholiques, répanius dans
200 villages.
Les Sœurs de Charité ont à Khosrova: rt asile,
140 garçons, 1 école de filles, 150 élèves L orphelinat, 25 enfants, 1 pensionnat, 3° Téhéran (1852), 1 missionnaire, 2 maisons de Sœurs, école de garçons, 8 élèves, école de filles, 32 élèves.
Jusqu'ici, en Perse, l'élément arménien schismatique s'est montré très rebelle À la grâce. C'est surtout parmi les chaldéens que se font les conversions. Si les missionnaires étaient plus nombreux, les ressources plus abondantes, il est certain qu'en quelques années, les 80.000 nestoriens qui habitent le Kurdistan et le Perse seraient ramenés à la foi catholique.
Quant à la mission protestante d'Ourmiah, malgré les 50.000 dollars de revenu annuel (250.000 francs) dont elle dispose, elle a abouti, de l’aveu de ses chefs, à un insuccès total. Les évêques, les prêtres nestoriens, ont accepté avec reconnaissance l'argent des Américains, mais pas un seul n’a voulu embrasser leur foi, Il en est de même chez le peuple,
qui regarde les protestants comme des athées.
Statistique comparée de la mission de Perse.
En 1800, 0 : en 1850, ? ; en 1890, 150 Latine,