MISSION D'ARMÉNIE (Jésuites
La divine Providence est admirable à tirer le bien du mal. En exécutant les décrets de 1880, les francs-maçons ne se doutaient guère qu'ils envoyaient des apôtres à l'Orient. Léon XIII, justement préoccupé des besoins immenses des missions orientales, et des dangers que leur fait covrir la propagande protestante, assigna aux Jésuites de la province de Lyon les missions de la Grande Arménie. En vrais fils de saint Ignace, ils répondirent avec empressement aux désirs du Souverain Pontife, et, dans le cours de 1882, s’établirent successivement à Amasie et à Marsivan (diocèse arménien de Trébizonde), et dans les diocèses arméniens de Sivas, de Tokat, de Césarée et d’Adana.
Avec leur dévouement habituel, les Jésuites se sont faits, dans ces cinq diocèses, les collaborateurs des évêques orientaux. À côté de l’école protestante, richement entretenue par l'or de l’Angleterre, école dans laquelle on n’arrache l'enfant arménien à l'ignorance que pour le livrer au déisme et à l'incrédulité, les Jésuites français, avec l’aumône de la pauvreté, ont ouvert des écoles catholiques et françaises, où l'on apprend
d’abord à connaître et à aimer DIEU, mais où
l'on enseigne aussi notre langue, où l’on fait bénir le nom et l'influence de la France. C'est ainsi que les nobles exilés se vengent de l'ingrate patrie qui les a expulsés,
L'œuvre, encore à ses débuts, compte déjà 6 résidences, 20 missionnaires prêtres et 6 frères coadjuteurs. Ils ont le soin des rares catholiques latins qui résident dans ces régions : mais leur œuvre principale, ce sont les écoles, dans lesquelles, au bout de huit ans, ils comptent déjà plus de 700 enfants. Malgré ses immenses ressources, l'hérésie a tremblé, car elle sait que, entre l'influence catholique et française et l’influence anglo-protestante, l'Orient, s’il a le choix, n'hésitera jamais (1).